Carnet sérendipien

Florian Pontais


Note dans mon téléphone :

En relisant ma note d’hier, je me rends compte que j’ai écrit « serpend ». Sans doute pour, inconsciemment, le rapprocher davantage de « sérendipité » ? Comme si j’avais déjà l’impression que ce que j’allais faire de ce carnet était tiré par les cheveux ?

Enregistrement sur mon téléphone :

Du premier cours sur la sérendipité, j’ai surtout retenu l’idée de hasard. D’où cette note dans mon téléphone :

Exercices pour le cours de Kévin — il veut nous faire travailler sur les liens entre littérature et internet. Et nous pousse un peu du coude pour forcer la sérendipité sur Ubuweb.
Je joue le jeu :

  1. Réagir, répondre à la remarque de Kenneth Goldsmith : 
    « Internet détruit la littérature et c’est une bonne chose. »

Pendant longtemps les mots internet et littérature n’ont pas voulu dire grand-chose pour moi. Des concepts d’adultes. J’ai lu des livres avant d’utiliser internet. Mais j’ai surfé tout seul avant de tracer mon propre chemin dans la littérature. Quand j’ai su ce qu’elle signifiait, elle était déjà morte. Je l’ai toujours connue morte. C’est pas grave, je l’aime bien aussi comme ça. Il y a moins de pression : plus besoin de la sauver.
Certain·es l’étudient comme on autopsie un cadavre. D’autres préparent déjà son clonage et sa renaissance. D’autres encore la laissent pourrir et attendent de voir ce que sa décomposition alimentera. D’autres enfin lui ont tourné le dos et ont suivi l’assassin. Je cours d’un groupe à l’autre. Je m’entraîne à la course et la course m’entraîne.

  1. Naviguer sur UBUWEB.
    S’inspirer d’une des ressources présentes sur le site pour écrire un texte.

Je veux chercher « hasard ».
Je bute et doute. Est-ce que je veux le traduire par chance, accident, hazards, random, odds ?
J’ouvre des liens dans de nouveaux onglets :
« …poetic accidents… » > https://ubu.com/film/eros.html
« …grown out of contingency and accident… » https://ubu.com/film/davey.html
« …a gambol against the hazards… » https://ubu.com/film/child.html
« …randomly coloured circles created by his assistants… » https://ubu.com/film/hirst.html
« …introduced the concept of chance music to popular audiences… » https://ubu.com/film/eno.html
« …discovered left on his doorstep by accident while editing Scorpio Rising… » https://ubu.com/film/anger.html
« …combination of minimalism, chance, and absurdity… » https://ubu.com/film/ray.html
Je lis les entrées (certaines, trop longues, je les survole seulement).
Je recopie ici tous les liens pour éventuellement revenir dessus une autre fois. Ça m’étonnerait que je fasse cet effort, mais on sait jamais.
En attendant, je vais vers ce qui m’intrigue le plus : Moyra Davey.
Parce que j’ai une copine qui s’appelle Moyra. Parce que je lis qu’elle mêle vidéo et écriture, et que dans ses films elle réfléchit beaucoup à la lecture et l’écriture. Je me sens attiré par ces mots, et je regarde le début de 50 minutes.
Elle y parle d’abord de son rapport au frigo, de son rapport aux livres, des rituels autour de sa psychanalyse à New York, de l’idée de nostalgie.
Je n’ai pas tout regardé parce que c’est long (50 min). Parce que psychanalyse et nostalgie m’intéressent moins. Surtout, j’ai été distrait par le texte sous la vidéo :

Ça m’a beaucoup parlé. Je m’y suis retrouvé.
Avant de terminer un livre, je veux la plupart du temps déjà savoir ce que je vais lire ensuite. Mais je n’arrive pas à choisir tout seul. Depuis au moins cinq ans, j’ai un rituel — duquel je m’éloigne très très rarement. Parmi les presque cent livres non lus qui m’attendent sur mes étagères, j’en sélectionne trois que j’ai envie de lire. Je les pose sur le lit et j’attends que S.M. passe par là et en choisisse un. Ce qu’il fait en fonction de je ne sais trop quoi, je n’ai jamais voulu lui poser la question. Je l’ai parfois vu regarder seulement la couverture, d’autres fois lire le résumé (il est Italien, il ne comprend pas tout), ou même sentir les pages. Depuis que je vis à Toulouse je prends les trois livres en photo et la lui envoie par whatsapp.
J’ai ainsi l’impression de laisser une petite part de décision au hasard. Je suis moins déçu si le livre ne me plaît pas. Je suis d’autant plus content si je l’adore. Et je remercie S.M. Aujourd’hui j’ai sélectionné :

Il a choisi : L’évangile selon Myriam de Ketty Steward.
Mais évidemment rien n’est dû au hasard.

  • J’ai choisi les trois livres ;
  • Il y avait déjà eu Djinns et En salle dans une précédente sélection ;
  • Peut-être qu’il s’est souvenu que je lui ai dit que Ketty Steward venait bientôt à la fac dans le cadre de Novo Futur ;
  • Peut-être qu’il a reconnu l’édition Mnémos et s’est rappelé que j’en ai aimés plusieurs ;
  • Peut-être qu’il a choisi pour la couverture, la seule pas « à la française », ce qu’il trouve lazy et boring (il est graphic & web designer).

Il y a une certaine mise en scène dans la vidéo de Moyra Davey. Tout est filmé chez elle : la qualité n’est pas excellente, la lumière souvent mauvaise. On entend son mari derrière la caméra. On voit son fils derrière elle. Tout semble nous dire : tout ça est réel, ancré dans le réel, dans la vraie vie, donc c’est vrai. Pourtant, elle récite un texte déjà écrit. Elle s’y reprend parfois à plusieurs fois. Pour nous montrer aussi l’envers du décor. Elle semble passer d’un sujet à l’autre sans connexion logique. La façon dont la vidéo est tournée et le film scénarisé transpire la sérendipité. Tout ça m’intrigue et me tient à distance en même temps. J’y réfléchis longtemps. Ça me travaille mais ne m’inspire pas : je n’écris pas de texte. Seulement celui-ci.

Note dans mon téléphone :

Pour l’exercice de Jimmy qu’on doit écrire pour demain j’écris — et ce n’est pas un hasard :


— Bonjour !
Il y avait eu un temps assez long où nous étions restées à nous regarder. Nous n’avions pas les yeux ronds et la bouche ouverte comme dans les dessins animés, mais c’était tout comme. On était resté assez longtemps l’une en face de l’autre, sans bouger sur le seuil, avant d’oser dire bonjour. En même temps.
— Je suis Maya. Merci d’avoir choisi Les peintresses pour retaper votre appartement !
Alors moi aussi j’ai fait comme si de rien n’était. J’ai fait comme toutes les clientes de l’entreprise : je l’ai laissée entrer, lui ai indiqué la pièce vide qui n’attendait plus qu’elle installe son matériel et commence son travail. Je lui ai demandé si elle voulait un café, un thé, de l’eau. Elle m’a répondu non merci alors je suis sortie du salon. Avant qu’elle n’allume sa petite radio portative qu’elle trainait partout et que je m’éloigne de la porte que je venais de fermer, je l’ai entendue siffler entre les dents :
— Tu parles d’un hasard !

La consigne était : Comment créer un suspense, une tension, une intrigue, sans rien en dire ?
En mélangeant une scène de la vie quotidienne avec un élément dramatique, vous construirez une tension subtile vers la situation dramatique que vous aurez piochée, sans jamais la dévoiler explicitement. Utilisez des indices discrets pour éveiller la curiosité et maintenir le suspense. Les deux papiers que j’avais piochés étaient :

Je suis revenu à Moyra Davey, dans l’idée d’écrire quand même un texte pour demain. J’ai regardé Notes on Blue, sur l’œuvre de Derek Jarman (dont je connais mieux les journaux que les films).
Elle dit au début (juste après avoir dégrafé son soutien-gorge sans enlever son t-shirt) : « I began with the first note to myself. I made a list but I’ll start in the middle, with Blue Ruin, a one-minute movie shot on outdated film stock, about a woman at the end of her day, threading her bra out from underneath her t-shirt, while pouring shots of gin from the freezer. She sits down to sip her drink and run her finger through a small sediment of dust on the base of a ruby glass lamp. I storyboarded that film in 2005, a year before going blind in one eye. The underlying cause was soon determined to be MS. A condition that had been living undetected in my system for some time. My first reaction was relief — I didn’t have a brain tumor. And like many patients I enjoyed being the actor at the center of my own drama. Thus began a different way of life. »
On voit ensuite le film dont elle parle. La bouteille de gin est bleue.
Puis elle parle de Fassbinder, qui aurait dit en 1978 : « The more honestly you put yourself into a story, the more that story will concern others as well. »

En 2016, je me suis réveillé un matin et j’ai préparé mon café. En voulant le boire, je m’en suis mis partout. Dans le couloir bleu lavande, je me suis regardé dans la glace : quelque chose n’allait pas. Une partie de mes lèvres refusait de bouger. J’ai passé dix jours à l’hôpital. Le virus de la varicelle s’était réveillé, j’avais la moitié du visage paralysé. J’étais content que ce soit dû à un burn-out, au stress, et pas à une infection au VIH/SIDA. La couverture de mon lit était bleu ciel. C’était le mois de mai, il faisait doux et le ciel était bleu tous les jours. Je pouvais sortir dans le parc de l’hôpital et je passais beaucoup de temps assis sur un banc. C’est à l’hôpital que j’ai lu Jean-Loup Trassard pour la première fois. Dormance, le récit d’humains préhistoriques dans la campagne mayennaise. C’est à l’hôpital que j’ai lu pour la première fois Terminus radieux d’Antoine Volodine. C’est à l’hôpital que j’ai écrit les premières idées et les premières phrases de Sauvage Bocage. Ça commençait sur la mer, avec la traversée d’Ivon, tout était très bleu. Mais je n’avais pas encore lu Ursula K. Le Guin, ni Jeanne Favret-Saada, dont j’aurais besoin pour penser et écrire l’histoire. Le premier livre de Le Guin que je lirai c’est The Left Hand of Darkness et la couverture sera presque toute bleue. À l’hôpital j’ai aussi lu L’aveuglement de Fernando Pessoa et j’ai eu l’idée d’écrire une nouvelle sur une vieille à Lisbonne qui se prend pour la reine du Portugal. Tout est bleu dans l’histoire : sa robe, les veines à travers sa peau, les azulejos, le ciel, le Tage, les jacarandas en fleur. Peu après, j’avais beaucoup de temps devant moi, j’ai écrit une nouvelle : L’heure bleue. À un moment de l’histoire, tout devient bleu, les pages elles-mêmes deviennent bleues. J’ai été en arrêt maladie pendant plus de quatre mois cette année-là. J’ai passé beaucoup de temps en Italie : Sicile, Rome, Milan. De toutes mes photos, aucun selfie — il a fallu pas mal de temps et d’exercices pour que mon visage redevienne presque comme avant. Toutes mes photos ou presque sont bleues : le ciel, la mer, les fresques dans les églises.

En préparation de la rencontre avec Saul Pandelakis à Terra Nova, j’ai terminé Les hygialogues de Ty Peterson. Il y a dans cette nouvelle un travail sur la langue inventée qui m’intéresse tout particulièrement. Qui va sans doute alimenter ma réflexion sur le gallo dans Sauvage Bocage.
En fin d’ouvrage, il y a aussi un entretien de l’auteur avec Antoine Mottier.

Je ris en lisant ce qu’il dit des prénoms. Parce que dans La mouche de Schopenhauer, j’avais choisi des prénoms de plantes (dont un qui s’appelle Saule !). Parce que dans Sauvage Bocage les gens s’appellent Gwenn, Rouj, Deuz, Ivon, Fañch et que ça n’est évidemment pas anodin. Je passe pas mal de temps à lire des trucs sur internet :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Onomastique
Je connaissais déjà la notion d’hétéronyme avec Pessoa et Volodine. Mais je n’avais jamais entendu parler d’aptonyme, qui m’amuse beaucoup : « néologisme québécois désignant un patronyme fondé sur une entité lexicale dont le sens est lié à une caractéristique de la personne, comme son métier, ses occupations, etc. et désigné en anglais « charactonym » (exemple : M. Painchaud, boulanger) »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aptonyme
https://www.persee.fr/doc/acsfo_0000-0000_1998_act_8_1_1045
https://soar.suny.edu/handle/20.500.12648/1972
https://rowman.com/ISBN/9781666905922/Literary-Onomastics
Est-ce que j’ai envie de lire ce livre ? En tout cas je le note.

Je tombe sur cet extrait qui me rappelle l’entretien de Phoebe Hadjimarkos Clarke avec Marie Richeux dans le Book Club, quand elle parle d’où vient le nom (Fauvel) de l’héroïne de son roman Aliène. Il faut absolument que je lise ce livre.
Je me demande quels noms je vais bien pouvoir trouver pour de futures histoires.

Je suis tombé par hasard, sur le comptoir de Terra Nova quand je suis allé à la rencontre avec Saul Pandelakis sur ce livre.


Je ne l’aurais jamais cherché dans les rayons. Mais son titre m’a intrigué/agacé. Je n’ai jamais osé me poser la question avant : pourquoi est-ce que j’ai envie d’écrire en gallo ? Est-ce aussi par une certaine forme de régionalisme/nationalisme (qui me débecte pourtant) ? Est-ce par nostalgie d’un truc qui a disparu, que je n’ai pas pu vivre, qu’on m’a empêché de vivre ?
Je l’ai acheté. Je vais le lire. Je vais être obligé de me poser la question et essayer d’y répondre.

Pour revenir sur le truc des prénoms – hasard du calendrier – je lis Companions de Christina Hesselholdt et je tombe sur ce passage :

Jusqu’à cette page, elle l’appelle Michael. Ça me plaît cette réflexion au détour d’une phrase — mais qui ajoute en même temps de la profondeur à la narratrice du récit.

Exercice pour jeudi :
Après lecture de ce texte, à la manière de Morizot ou librement (toute forme permise), je vous propose de :

  1. Questionner un mot que vous jugez insuffisant, trompeur, limité, erroné, etc, à travers son emploi, sa définition, sa connotation, et/ou plus.
  2. Proposer un cheminement vers un autre mot, ou d’autres mots (inventé(s), recyclé(s), détourné(s),…)

Je choisis l’expression « par hasard ».
Pour l’analyser, il faut lancer les dés. Le chiffre obtenu indiquera quelle partie de ce très long texte je lis en classe.

  1. Pourquoi « par hasard » ?
    Parce que j’ai l’impression qu’on l’utilise à l’emporte-pièce. Ou plutôt qu’elle veut dire des choses différentes pour plein de gens et que donc, elle ne veut plus dire grand-chose.
    Quand on dit « par hasard » que veut-on dire exactement ? Que quelque chose qui n’était pas prévu est arrivé ? Et qu’après coup, on peut le rattacher à une autre chose ? Et que le tout provoque un nouveau sens ?
    « Nous avions par hasard le même médecin ». Veut dire : nous allions chez le même médecin, c’est un fait. Parce que maintenant on se connaît, on y voit un hasard. Voire un signe. Mais est-ce que ce n’est pas justement parce qu’on lie deux choses qui ne sont pas liées ? Parce qu’on les analyse a posteriori ? Ce serait donc un concept biaisé. Lié à la subjectivité du récit qu’on produit. Ce qu’on préfère ne pas analyser.
    « Par hasard au marché je suis tombé sur untel. » Est-ce vraiment un hasard si nous allons tous les deux au même marché le dimanche matin ? Est-ce un accident, est-ce une coïncidence ? Était-ce une volonté ? Est-ce qu’on voulait que ce hasard se produise et qu’on l’a provoqué ? Dans quelle mesure et jusqu’où ? Ce serait donc un concept lié aux questions non-résolues de la part du conscient et de l’inconscient. Qu’on préfère donc taire.
    « Crois-tu par hasard en la réincarnation ? » voudrait dire : si tu y crois toi aussi, alors nous avons quelque chose en commun. J’espère que tu y croies. Ça voudrait dire qu’on partage quelque chose de rare — alors que non, beaucoup de nos croyances sont partagées par beaucoup. Ce serait donc un concept qui ment, qui cherche à exagérer des réalités. Pourquoi ?

Moi-même, avec tout ça, je ne suis pas sûr de savoir ce que je veux dire quand je l’emploie.
C’est une expression floue, fourre-tout, qui nous sert à exprimer facilement (trop facilement ?) des concepts qu’on ne comprend pas. Que très souvent on ne cherche pas trop à comprendre.
On y met en même temps des idées — à des degrés divers selon les personnes — complètement contradictoires comme la coïncidence et le destin. On y inclue des choses dont on est plus ou moins conscient·es. On l’utilise plus ou moins au premier degré.
On dit en effet parfois « par hasard » pour dire l’opposé ce que l’on voulait dire vraiment : « Comme par hasard, elle a fait exactement ce que je ne voulais pas qu’elle fasse… »

J’aimerais essayer quelque chose : ne plus jamais dire « par hasard ». Et surtout ne pas l’écrire. M’en souvenir et me reprendre à chaque fois. Quand les mots s’apprêtent à sortir de ma bouche par habitude : les retenir et y réfléchir. Qu’est-ce que je veux dire exactement ?
Qu’est-ce que cette expression implique du message que je veux faire passer ?
Quel genre de relation entre les deux événements, liés par le hasard, j’essaie de tisser ?
Quels signes j’y voie et quels signaux je veux transmettre ?
Qu’est-ce que j’ai peur de dire/écrire à la place ?

  1. Définition :
    Le problème, c’est que la définition du hasard est très floue. Selon le Larousse ça peut être :

Dans le premier cas, le mot hasard est à rapprocher de la chance, du sort, du destin. Nous arrivent « par hasard » des choses sur lesquelles nous n’avons eu aucune agentivité.
Dans le deuxième cas, c’est lié l’accident, à la circonstance. Nous arrivent des choses « par hasard », bénéfiques ou mauvaises, qu’on n’avait pas prévues. C’est à dire qu’on n’avait pas choisies.
Ce qui relie les deux, c’est l’idée que nous arrivent « par hasard » des choses qui ne devraient pas nous arriver. Soit parce qu’on ne les avais pas envisagées. Qu’on n’a rien fait pour qu’elles arrivent. Soit parce qu’on n’a pas eu le choix, que c’est comme ça dans la vie, des choses arrivent à certaines personnes et d’autres choses à d’autres.

Les deux définitions correspondent à deux façons différentes de voir le monde. Et notre place dans le monde.
La première, dans une optique tragique à la grecque, implique qu’on n’a pas le choix. Que notre chemin est tracé. Que les choses vont nous arriver. Cette croyance peut aider à surmonter des événements qui nous arrivent justement « par hasard », qui nous tombent dessus. C’est comme ça, on ne peut rien y faire, autant ne pas trop s’y arrêter. Une vision fataliste qui peut aussi être utilisée pour excuser certains comportements. Dire que quelque chose nous est arrivé par hasard, peut être une façon de ne pas assumer sa responsabilité dans ce qu’il s’est passé.
La deuxième, implique de croire aux coïncidences. Voire de les rechercher. Il s’agit de relier des événements entre eux. De relire les choses passées au prisme de ce qu’il s’est passé plus tard. On cherche des signes pour expliquer des faits (qui ne demandent pas forcément d’explications). Cela permet de faire sens de ce qu’il nous arrive. C’est l’idée que des personnes sont liées par le hasard par exemple. Ça peut aussi amener à la déresponsabilisation. J’ai choisi de faire telle action suite à tel signe que j’ai vu : ce n’est donc presque pas un choix.

Ce qui me dérange dans ces deux définitions, c’est justement l’absence de choix.
Avec le hasard, les conséquences ne suivent pas les actes. Elles en sont déconnectées.
« Par hasard » sert à dire : ce n’est pas de mon fait. On l’utilise pour se dédouaner.
De ce qu’il s’est passé. Mais aussi de ce qu’on y lit. On n’assume pas, quand on dit « par hasard ».

  1. Linguistique comparée :
    Le hasard, ça m’intéresse aussi parce que c’est un de ces concepts — il n’y en a pas tant que ça — qui est défini par un mot complètement différent dans les langues que je connais. Traduire, penser dans une autre langue, m’aide souvent à réfléchir à ce qu’un mot veut dire en français. Ce qu’il veut dire pour moi et éventuellement ce qu’il veut dire pour d’autres.

En anglais on traduit l’expression « par hasard » le plus souvent par by chance. Chance vient évidemment du mot français « chance », mais pas dans le sens de ce qui porte chance, plutôt dans l’idée d’opportunité, comme dans l’expression « j’ai eu la chance de faire quelque chose ». On peut aussi dans certains cas utiliser l’expression it’s no accident that… : « ce n’est pas un hasard si ».
En allemand c’est l’expression durch Zufall qui veut dire « par hasard ». Le mot Zufall peut aussi être traduit dans certains contextes par « coïncidence ».
En italien, l’expression « par hasard » se dit per caso. Le mot italien veut aussi dire « cas » comme dans l’expression in nessun caso : « en aucun cas ». Dans le sens de jeu de hasard, on dit utilise par contre le mot azzardo, qui a donc la même origine qu’en français.

En anglais le hasard est lié à la chance et à l’accident. C’est à dire quelque chose qui nous arrive, qui n’a pas été provoqué par nous. Je n’ai pas l’impression qu’utiliser les mots chance ou accident change la nature de ce qui nous arrive. Qu’il y aurait un mot plus mélioratif ou péjoratif que l’autre. Chance et accident ne sont pas deux faces du hasard.
En allemand, le mot est lié à la coïncidence. Il y a donc une idée que deux événements distincts sont liés. Qu’on crée un lien entre les deux. Il faut au moins deux événements, deux choses, deux personnes pour qu’il y ait hasard. En allemand, le hasard n’a rien à voir avec le destin, qui se dit Schicksal. J’ai l’impression que le Zufall allemand ne correspond qu’à la deuxième définition du Larousse.
En italien, c’est un cas parmi d’autres. Il aurait pu nous arriver autre chose. Ça m’est arrivé comme ça mais ça aurait pu m’arriver autrement.

J’ai l’impression qu’en français, la notion implique à la fois la chance et l’accident anglais. Parfois la coïncidence allemande, mais pas toujours. Et dans tous les cas, le caso italien. Le hasard français est un cas possible. Mais c’est aussi celui qu’on décide de souligner.
Parce que ce qui fait la différence à mon avis, c’est justement qu’on ne parle de hasard que dans certains contextes. Dans d’autres on parle de cas : au cas où, dans d’autres cas, etc.
Ce serait l’idée que sous-tend notre « par hasard » : qu’en fait ce n’est pas un hasard, ce n’est pas « par hasard » que les choses nous arrivent, ce n’est pas « par hasard » qu’on emploie cette expression.
On pourrait tout à fait dire : Je suis tombé sur unetelle au cinéma. Mais on choisit de dire : Je suis tombé par hasard sur unetelle au cinéma. C’est bien que dans cette expression l’élément le plus important de la phrase, ce n’est pas qu’on était au cinéma, pas qu’on y a rencontré unetelle, mais on insiste sur le hasard de la rencontre.
On veut souligner quelque chose.
C’est comme si on employait l’expression « par hasard » pour dire : je veux dire autre chose avec cette expression, mais je ne vais pas la dire. Je vais appuyer dessus. Je vais l’euphémiser avec cette formule toute faite. C’est aux autres de l’interpréter. Je veux, en l’utilisant, provoquer une certaine réaction. Que des idées se forment dans l’esprit de mon interlocuteurice, une sorte d’agent dramatique. Va-t-elle comprendre où je veux en venir en parlant de hasard ?

  1. Étymologie : dés et destin
    Selon Le Larousse, le mot « hasard » vient du mot arabe az-zahr pour dire « le dé ».
    En latin, on disait alea qui a donné « aléatoire ». Déjà alors, le mot signifie à la fois l’objet dé, le jeu de dé, et le hasard.
    Selon le CNRTL, le mot « hasart » signifie d’abord en ancien français les jeux de dés et les coups (bons ou mauvais) joués aux dés. Dès le XVe siècle, le mot « hasard » glisse pour signifier : risque, danger. Sans doute par le fait que quand on joue, on risque (une mise, de tout perdre). Puis le sens a glissé à nouveau pour dire « cas, événement fortuit » : donc le résultat de ce risque. L’expression « par hasard » est arrivée au XVIe pour dire qu’un événement est arrivé sans logique, comme dans un coup aléatoire et risqué au dés.

L’étymologie du mot destin n’a rien à voir avec celle du mot dé. Et pourtant…
…il y a un lien entre dés et destin : l’art divinatoire par les dés.
J’ai eu cette intuition (ou peut-être que j’avais lu quelque chose que j’avais oublié ?) : il a dû y avoir à plusieurs reprises dans l’histoire des gens qui ont lu dans les dés comme on a lu dans le vol des oies du Capitole ou dans les entrailles animales ou dans les cartes du tarot. Que dois-je faire ? Je tombe sur un 1 : ceci. Sur un 6 : autre chose.
On dit bien que « les dés sont jetés » (alea jacta est) pour dire que le sort en a été décidé (pour nous, sans nous).
Après quelques recherches rapides sur internet, j’apprends en effet qu’apparemment chez les Étrusques, les dés servaient autant pour les jeux de plateau que pour les pratiques divinatoires.
Les dés antiques viennent des osselets préhistoriques, qui étaient autant utilisés pour jouer et passer le temps que pour prendre des décisions (comme aujourd’hui avec les pièces de monnaie lancées à pile ou face).
De lien en lien, je tombe sur des informations (invérifiables et époustouflantes) : des spécialistes pensent que tous les jeux du monde (dés, dominos, échecs, go, etc) auraient la même origine sur tous les continents (on en aurait retrouvé des traces en Europe, en Asie, en Amérique du Sud) : un jeu de lancer de bâtons ou de flèches qui indiqueraient des coups à jouer. En fonction de comment ils tombent (direction, agencement, etc.), ils indiquent quelle décision prendre.

Le hasard est donc lié à un coup de dé.
Le hasard, c’est quand on s’en remet à quelque chose d’autre pour prendre une décision.
Ce qui me plaît avec cette idée où hasard et dé sont liés, c’est la question du risque. Les choses n’arrivent pas « par hasard ». Elles arrivent parce qu’on a choisi de se fier à un coup de dé. On a risqué une décision sur la chance ou sur le destin (en fonction de ce en quoi on croit). On choisit de ne pas choisir. On prend un risque — qui peut être très grand.
J’aimerais qu’on emploie l’expression « par hasard » moins à la légère. Qu’on se souvienne du risque. Que si on accepte de le prendre, on l’assume ensuite.

PS : deux jours après, je me rappelle d’où m’est venue cette « intuition ». Un livre qui compte beaucoup pour moi est Les mots, la mort, les sorts de Jeanne Favret-Saada. Anthropologue, elle y décrit son séjour dans le bocage de l’Ouest de la France et sa fascination pour la sorcellerie. Parce qu’elle a été impliquée dans des événements, elle a pu observer de très près les discours et les pratiques. Elle décrit notamment des séances où des désorceleuses lisent dans les cartes de tarot des informations sur les sorts et sur qui les a jetés. Et les dés dans tout ça ? Je ne crois pas me rappeler qu’elle mentionne les dés dans les pratiques de sorcellerie. Mais… la couverture du livre de poche est la suivante :

  1. Le hasard et l’écriture :
    Je sais qu’Ursula K. Le Guin utilisait le Yi Jing (livre chinois souvent traduit par Livre des mutations). C’est un traité très ancien de divination, qui donne les codes pour lire dans les signes de tiges d’achillée millefeuille jetées sur une table. En fonction de comment elles tombent (un peu comme au mikado), on peut déduire ce qu’il faudrait faire. C’est donc se remettre au hasard — à la chance ou au destin. Dans la vie, comme dans l’écriture.
    Le Guin l’utilisait parfois pour avancer dans ses histoires. Philip K. Dick a écrit un livre (Le maître du Haut-Château) sur ce principe. Philip Pulman le met en scène dans le troisième tome d’À la croisée des mondes.
    Parce que je sors d’un week-end où j’ai passé 12 heures à réfléchir dans un atelier aux possibilités d’intégrer ChatGPT aux pratiques d’écriture pour le théâtre et à expérimenter avec, je me demande :
    ChatGPT ne peut pas vraiment prendre de décisions pour nous. Était-ce pareil avec le Yi Jing ? Est-ce que Le Guin et Dick trouvaient dedans ce qu’iels voulaient bien y trouver ? (comme moi avec ChatGPT)
    Il est courant d’entendre des auteurices dire que des choses leur sont venues sans qu’iels y avaient réfléchi avant. Par exemple dans le Bookclub, on entend souvent des phrases du genre : « Je réfléchissais à telle question et je suis tombé par hasard sur tel livre ou telle phrase. » Pour autant, je me suis rendu compte en utilisant ChatGPT, que rien n’arrive « par hasard ». Les idées proposées sont issues de tout ce qui a nourri son algorithme (comme dans notre esprit, dans notre imagination, les idées viennent de tout ce qu’on a lu/vu/vécu, rien n’est inventé). Les choses qui semblent nous tomber dessus, « par hasard », viennent de choses qui ont été intégrées à ChatGPT avant, qu’il a retenu dans les différentes instructions données, qu’il n’a pas oubliées (comme nous qui oublions beaucoup de choses et avons ensuite l’impression que quelque chose est nouveau, nous est tombé dessus).
    Quand on dit « je suis tombé par hasard sur tel bouquin », on veut en fait dire : à ce moment-là j’étais en mesure de le voir, de me rendre compte de son existence parce que son titre/l’auteurice/ce dont il parle, me parlait justement à ce moment-là. Parce que je m’intéresse à quelque chose qui y est lié. Ce n’est pas un hasard, c’est parce que j’y suis réceptif. Prêt à accueillir ce hasard. Ce qui était flagrant avec ChatGPT : parmi toutes les informations que la machine écrivait pour moi, je lisais en diagonale. Je piochais ce qui m’intéressait. Il y avait des mots et des expressions auxquelles j’étais plus réceptif que d’autres. Je faisais un tri, dont j’étais davantage conscient parce qu’il se passait sur l’écran et pas dans ma tête.
    De même, on entend et lit souvent des réflexions sur le fait que les idées s’agencent de façon plus ou moins voulue par les auteurices en écrivant, et qu’a posteriori iels se rendent compte que les fils tressés forment presque d’eux-mêmes l’histoire. Je pense que tout se joue dans cette idée de flux plus ou moins conscient. ChatGPT, qui n’oublie rien et comprend sans doute mieux que nous où nous voulons aller avec nos questions, nos demandes et nos indications, recrache parfois exactement ce qu’on attend (souvent non, il faut l’entraîner). Nous faisons la même chose en écrivant, mais nous ne pouvons pas nous en rendre compte.

Parce que l’oubli.
Parce que le manque de recul.
Ici le hasard serait donc plutôt lié à des problèmes de mémoire : on croit que les choses arrivent « par hasard » parce qu’on a oublié le cheminement qui nous a menés de A à B.

  1. Le hasard et la mauvaise foi.
    Dans la dernière version de La mouche de Schopenhauer, il n’y a plus qu’une fois le mot « hasard » (« Il est heureux — de ce hasard, ce qu’ils ont vécu. »). Mais jusqu’au 5 décembre j’avais « C’est une option qu’ils ont crée. C’est la surprise, le hasard. » que j’ai remplacé par « C’est une option qu’ils ont créée. C’est nouveau. Une place pour la surprise. »
    Dans La mouche, on trouve par contre 20 occurrences du mot « chance » ! Et on trouve deux fois le mot « accident » : « Ça n’est pas un accident. La plante est ainsi faite… » et « Parce que si elle le croise, ce ne sera pas par accident, ce sera parce qu’elle l’aura décidé. »
    Dans la version actuelle de Sauvage Bocage, il y a deux fois le mot « hasard » : « Elle n’était pas arrivée chez nous par hasard. » et « Est-ce que Rouge m’avait montré ces fleurs par hasard ? »
    On trouve également dans ce texte 5 occurence du mot « chance ».
    Dans le projet Ils est vilaine, tous ces mots sont absents — pour l’instant.

Tout ça m’interroge.
Ce sont des concepts qui ont l’air de m’obséder.
La mouche de Schopenhauer est une novella qui traite de la question du choix. Ceux qu’on accepte de faire, les risques pris. Et ceux qu’on laisse nous arriver. Le destin et le libre-arbitre se croisent et se heurtent. Mais je ne réponds jamais vraiment aux questions posées, à l’image de ce paragraphe composé uniquement de questions :
« Il ne voit plus sur des lentilles s’afficher ce qu’il aimerait y lire : Quelle chance de retourner bientôt à Réformée ? Qu’on accepte sa demande dans l’Université Habitée ? Quelle chance que Saule l’aime en retour ? Quelle chance qu’il l’attende ? Quelle chance qu’il rencontre quelqu’un d’autre ? Quelle chance que Saule reste avec Rosier ? Quelle chance que Fraisier puisse retrouver sa place entre les deux — en orbite autour d’eux ? Quelle chance que Saule ne soit plus avec Rosier ? Est-ce que ce serait une chance ? Quelle chance que lui, Fraisier, veuille toujours de Saule, aime toujours autant un Saule potentiellement célibataire ? Quelle chance que, s’ils se mettent en couple, celui-ci tienne plus de quelques mois ? Quelle chance finalement que tous les deux soient aussi heureux que cet été ? »
Sauvage Bocage interroge également la question, sous un angle différent. Gwenn et Rouj risquent gros. Les deux personnages font des choix, certains qu’iels sont prêts à assumer et d’autres non. D’autant que plus ou moins consciemment, iels répètent les actions d’autres avant eux (Ivon et Fañch).

Le fait d’assumer ou non quelque chose est au centre des deux histoires (et le sera également dans Ils est vilaine). Qu’est-ce que ça veut dire ?
J’aimerais hasarder le fait que moi-même je n’assume par forcément. Les histoires que j’écris. Et les idées qui les traversent.
Et peut-être encore moins les références. Dans La mouche de Schopenhauer, je parle du Monde comme volonté et comme représentation, mais d’aucun de tous les autres livres qui ont nourri l’histoire. Dans Sauvage Bocage, les références sont également toutes gommées.
Dans la partie 5, je parlais de l’oubli. Mais on pourrait aussi parler de mauvaise foi, liée au hasard. Quand on dit « par hasard » est-ce qu’on ne veut pas parfois passer sous silence certaines références ? Cacher certains liens, certaines connexions qu’on a faites entre certains événements ? Est-ce qu’on ne cherche pas parfois à effacer une partie du travail de l’écriture (réflexion, agencement, construction) ? Le travail d’écriture à proprement parler.

J’ai en effet l’impression désagréable que cette idée des choses qui arrivent « par hasard » est pour certain·es liée à une forme de non reconnaissance des sources. Plus ou moins consciente. Beaucoup d’auteurices citent des concepts sans préciser d’où ils proviennent. On oublie souvent de mentionner chez qui on a lu telle ou telle chose. Parfois de bonne foi : on a oublié. Parfois peut-être aussi qu’on préfère le taire. On parle d’idées qu’on a eues, sans préciser d’où elles viennent. Nous sont-elles vraiment tombées dessus « par hasard » ?
Le hasard alors pourrait être lié à une volonté d’effacement. Convoqué pour taire et cacher. Peut-être pour des raisons d’ego ? Pour revenir à une certaine idée du génie de l’écrivain ?

Conclusion :
Dans la partie 1 j’ai compris qu’on voulait dire autre chose qu’on taisait.
Dans la partie 2 j’ai compris qu’on oubliait le choix.
Dans la partie 3 j’ai compris qu’on voulait souligner quelque chose.
Dans la partie 4 j’ai compris qu’on oubliait le risque.
Dans la partie 5 j’ai compris qu’on oubliait l’oubli.
Dans la partie 6 j’ai compris qu’on oubliait la mauvaise foi.

Le hasard, ce n’est pas que la coïncidence ou le destin. Concepts auxquels je crois que je ne crois pas.
Le hasard c’est ne pas dire les choses. C’est parfois aussi les souligner.
Quelles choses ? Le hasard ça peut être le choix, le risque, l’oubli, la mauvaise foi. Finalement, si on enlève tout ça, le hasard, c’est quoi ?
Je ne peux pas faire grand-chose par rapport à l’oubli. Je peux essayer de combattre la mauvaise foi. Je peux tout mettre en œuvre pour expliciter les choses tues ou soulignées. Restent alors le risque et le choix.
C’est sans doute moins agréable d’avoir à les assumer, mais on ne peut pas se fier au hasard. Ce serait en tout cas trop facile de s’en remettre à des choses qui nous arrivent (le destin, une force supérieure). Et pas très sympa de s’en remettre à l’interprétation de la personne qui nous écoute quand on emploie l’expression. Parce qu’il y a de fortes chances qu’elle ne mette pas les mêmes choses que nous dans les mots « par hasard ».

Exercice :
Choisir un mot inventé chacun·e et écrire un texte avec tous les mots
étournelle
néantique
nihilaqueux
caloradote
rétrotarder
hydrovore
mermicheller
onironaute
adrénaloose
félistrophe
gnosiorexie
toutheur
purer

— Salut, moi c’est Jordan et je suis hydrovore.
— (en choeur) Salut Jordan.
— Mon grand kif, c’est la pluie. L’averse qui drache bien. Je sors la bouche ouverte et je bois je bois je bois jusqu’à l’état d’étanchement ultime. Mais l’autre jour c’était l’adrénaloose totale. Une copine plus onironaute qu’hydrovore, mais sympa quand même, m’avait dit que pour vraiment en profiter il fallait repousser jusqu’au dernier moment le début du plaisir. Alors j’ai attendu. Trop. J’avais rétrotardé : quand je suis sorti le temps était nihilaqueux. J’avais beau avoir la goule grande ouverte, aucune goutte n’y tombait. Cette liquide absence était néantique. La langue se desséchait à vue d’oeil. Le palais s’atrophiait. Les dents se lyophilisaient. Je suis pas du genre à caloradoter, mais j’en avais l’intime conviction : si ça continuait comme ça, l’intérieur de ma bouche allait disparaître.
Jordan les tient en haleine, il peut maintenant félistropher :
— Et là, du ciel sec tombe directement dans ma bouche quasi évanouie, une étournelle.
Une personne gnosiorexique dans l’assemblée ose demander :
— C’est quoi une étournelle ?
— Une languette de canette.
— C’est quoi une languette de canette ?
— Bah tu sais, une étournelle quoi : le petit bout métallique qui te décolle l’ongle de l’index quand tu essaies de le soulever.
— Ah ouais, merci.
— Je peux revenir à mon anecdote ?
— Vas-y Jordan, c’est bon. Pas besoin de mermicheller comme ça, s’est pas enfuie par la fenêtre ton anecdote.
— Merci. Je disais donc que des nuages arides comme une éponge oubliée, dure comme la pierre, me parvint, directement sur le bout pâteux de la langue exsangue une offrande eucharistique : l’étournelle sacrée. J’ai sucé Dieu. Longuement. C’était bon. J’étais l’élu et j’ai pu ressentir le toutheur. Et Dieu m’a dit, via les papilles prophétesses, de partager avec vous cette nouvelle évangile : purez-vous les uns les autres.

On voit évidemment l’influence de la série Mrs Davis.
Peut-être qu’on peut voir aussi dans le dialogue une volonté de travailler sur l’oralité. Pendant le weekend-atelier-d’écriture-chatGPT je me suis rendu compte d’un truc : c’est hyper dur d’écrire du théâtre. En tout cas je trouvais ça impossible de réussir à faire parler deux personnes. Dans le sens où je me mettais trop derrière un seul des deux personnages, et l’autre ne servait plus qu’à faire avancer l’histoire. Il n’avait pas de profondeur, de vie propre, de langue, de but dans la conversation. Haha peut-être que je suis simplement trop égocentrique pour écrire du théâtre !!
Plus sérieusement ça m’a fait réfléchir et j’aimerais prendre le temps de travailler davantage cette forme. Pas forcément que j’ai envie d’écrire une pièce. Mais au moins m’entraîner à mieux écrire des dialogues.

Hier soir je suis allé voir All of us strangers au cinéma. J’ai tellement pleuré. C’est l’un des plus beaux films que j’ai vu. Il m’a beaucoup touché parce qu’il traite de sujets qui me travaillent aussi : relation avec les parents, difficultés à dire les choses, à revenir sur le passé, mais volonté d’en faire quelque chose. Et surtout la peur de passer à côté de choses.

Comme à chaque fois que je vois un très beau film au cinéma, je suis ramené au fait que je n’arriverai jamais à écrire quelque chose qui me touche autant que ce que je viens de voir. Je sais que c’est idiot, mais c’est ce que je pense à chaque fois.
En même temps, voir de beaux films m’aide à écrire : c’est une inspiration. Le beau (dans un film, un livre, une expo) me pousse à créer du beau en retour.
Et en même temps ça me freine : tout ce que j’essaye me paraît faux et médiocre en comparaison.
Peut-être parce que je n’arrive pas encore à écrire sur les choses qui me touchent le plus ? Les choses qui sont miennes à dire (J’ai l’impression d’avoir à peine effleuré les sujets dans La mouche de Schopenhauer ; j’ai l’impression que c’est justement ce qui me bloque dans Ils est vilaine ; et c’est pour ça que je reviens à Sauvage Bocage : j’ai enfin envie d’aller au bout de cette histoire, de raconter ce que j’ai envie de raconter).
Cette réflexion me vient sans doute aussi parce que je suis en train de finir Le futur au pluriel : réparer la science-fiction de Ketty Steward. Elle écrit notamment :

Ce qui m’amène à :
Jeudi dernier Kévin nous a dit travailler sur plusieurs projets en même temps. Moi aussi. J’ai l’impression que j’en ai souvent besoin : que ça m’aide à rester motivé. À ne pas m’arrêter d’écrire.
Je me disais que deux projets me suffiraient pour les deux ans du master – celui avec lequel j’ai postulé mais sur lequel je galère + un ancien bien avancé qui me permettrait de travailler quand même les jours sans – mais plus les jours passent et plus j’y pense : j’ai envie de ressusciter une idée qui doit avoir deux ans.

En fait non : c’est le court texte que j’ai écrit sur le cadavre de la littérature qui m’y a fait penser. Et depuis l’idée m’obsède. Cette idée de mort de la littérature pourrait fonctionner très bien pour le début de ce roman.
En quelques lignes le projet (j’avais envoyé ce document à une copine quand j’hésitai entre deux projets à présenter pour la candidature au master).

Je repense au projet Écrivain. C’est quand même marrant que je cite Pessoa mais pas Volodine. Parce que lui aussi pourrait m’aider à travailler sur cette idée de différentes personnalités narratrices.
D’ailleurs je viens de lire sur Mediapart qu’il a participé à l’écriture d’un livre chez La Fabrique qui m’intrigue beaucoup (je l’ai acheté deux jours après).

Cet aprem je suis allé aux Abattoirs. Il y avait à l’étage une expo sur de jeunes artistes (toulousain·es ?). J’ai été scotché par celle de Rayan Yasmineh, tellement belle. Si minutieuse. Elle me calme. Le travail sur la culture picturale arabe et perse revue au prisme d’aujourd’hui est magnifique. Et me parle.
Puis la salle avec les travaux de Margaux Fontaine m’a aussi beaucoup plu. Dans son travail, j’ai retrouvé beaucoup de ce qui m’animait quand j’écrivais Sauvage Bocage : le lien entre les plantes et la sorcellerie. La beauté des mots et des images, le nouveau sens qu’ensemble ils peuvent créer.
J’espère que ça va me pousser à retravailler sur ce projet demain.
C’est bien de s’éparpiller, mais ce serait aussi une bonne chose d’avancer sur chacun des projets. Quand même un peu.

J’ai finalement fait tout autre chose. Pour un concours, j’ai commencé à écrire une histoire qui me trotte dans la tête depuis un moment. En fait : depuis que j’ai vu le premier épisode de Mrs Davis au mois de janvier. Je voulais écrire l’histoire d’un bateau qui accoste sur une île pour sauver quelqu’un (ils avaient vu la fusée de détresse dans le ciel). En débarquant, ils ne trouvent pourtant aucune trace d’êtres humains.

Premier jet (pas tout à fait, mais en tout cas le texte que j’ai à la fin de l’aprem (ça montre assez bien comment je travaille habituellement : j’ai une idée dans la tête, qui trotte et s’étoffe, et après un temps de macération plus ou moins long je l’écris, souvent assez rapidement (quelques jours), parfois en deux ou trois fois (et alors je laisse passer pas mal de temps entre chaque séance d’écriture), puis je reviens dessus après un long temps où je l’oublie, pour pouvoir la corriger/éditer)) : L’île d’Arthur.

Hier je suis allé à Albi avec S.M. C’était chouette, mais je n’ai pas profité de notre excursion autant que je l’aurais voulu parce que tout l’après-midi j’ai pensé à une histoire que j’aimerais écrire. Ça s’appellerait Trois fois Albi, ce serait narré à la première personne et ça raconterait trois expériences de la ville – très similaires – avec un copain différent. L’épisode central serait une visite / trois visites donc du musée Toulouse Lautrec (avec un focus sur trois périodes différentes de l’artiste).

Je note ça là comme ça je n’oublierais pas (même si je pense que cette histoire je vais la garder en mémoire). Et surtout parce que c’est un bon exemple de comment les idées me viennent : surtout au mauvais moment. Et puis je n’arrive plus à les mettre de côté. Jusqu’à ce que je note deux trois phrases quelque part. Alors je peux laisser tout ça mariner dans un coin de mon cerveau et faire un tas d’autres choses en attendant.

La preuve : ce matin je suis retourné à l’histoire d’un alien qui débarque sur Terre et devient un monstre (commencée pendant les vacances de Noël). L’idée est venue de la chanson Ne partez pas sans moi de Céline Dion, qu’elle a chantée à l’Eurovision, et que j’écoute en boucle depuis six mois (on juge pas hein !).

Je reviendrais à Trois fois Albi ou Albi3 plus tard – quand l’histoire sera prête.

Aujourd’hui :

  • S.M. a très rapidement mis en place le site sur lequel je vais pouvoir continuer ce carnet sérendipien ;
  • j’ai écrit un texte pour la consigne d’écriture de Jimmy pour la semaine pro (que j’ai modifiée parce que ça m’allait pas trop, je voulais pas décrire le film et plutôt écrire un texte à partir des plans du film) :
  • Dans La parabole du monstre, ça donne ce passage ;
  • je me suis rendu compte que pour ce concours il fallait envoyer une nouvelle de minimum 35000 signes (je voudrais envoyer La parabole). Après en avoir discuté avec mon S.M., j’ai pu l’étoffer – je crois d’ailleurs que ça la rend meilleure, beaucoup moins conte moralisant, en tout cas moins on the nose et plus profonde ;
  • j’essaierai de la finir dimanche/lundi.

J’ai terminé hier soir le premier jet de La parabole du monstre. Je l’ai envoyé à Agnès et tout de suite après j’ai regretté : j’ai envie de changer des choses (je vais essayer de faire ça ce matin).

Je trouve ça cool d’avoir fait des clins d’œil aux romans d’Octavia E. Butler, mais beaucoup moins cool d’avoir repris certains trucs directement de sa série Xenogenesis. Faire référence à = bien. Piquer des trucs = beaucoup moins bien.

Je sais pas si j’aurais pensé à ça si je n’avais pas lu Le futur au pluriel de Ketty Steward, où elle évoque sous plusieurs aspects cette question des rapports aux écrits qui nous ont fait en tant qu’écrivain·es. (Elle parle d’ailleurs aussi de ce mot et je pense que j’y reviendrai quand je travaillerai justement à mon projet Écrivain).

Notes dans mon téléphone :

Je sais pas trop comment m’en sortir. J’ai l’impression maintenant d’être bloqué sur cette idée. Mais je voudrais trouver la mienne. J’écris, je corrige, je réécris, je recorrige. Ça fait longtemps que ça m’est pas arrivé (c’est exactement ce qui m’arrivait avec Ils est vilaine au premier semestre, que j’ai mis en pause pour cette raison). Je n’aime pas ça. Il faudrait que je laisse le texte de côté. Mais il faut l’envoyer pour jeudi. Et puis aussi j’ai envie d’y arriver. Justement de pas l’abandonner là où ça en est — comme Ils est vilaine.

Je sors du cours de Jimmy et je me dis que la séance d’aujourd’hui (sur les temps verbaux) va m’aider (on s’est posé beaucoup de questions et ça m’a donné envie de me poser ces questions-là plutôt que celles sur l’histoire et le sens).

Je vais le relire avec ça en tête > ça m’aidera à comprendre ce que je veux faire avec ce texte. Et sans doute que la fin viendra d’elle-même (en tout cas dans le passé c’est des choses qui me sont arrivées). Comme la nouvelle pour Solaris que j’avais réécrite entièrement au futur et tout d’un coup ça fonctionnait (alors que c’était bancal avant).

J’avais raison : en relisant en pensant aux temps, je me suis rendu compte que je mélangeais les passés simples et les passés composés. Comme on a discuté avec la promo hier du fait que le passé simple est souvent utilisé pour décrire un monde et faire croire aux lecteurices que tout est réel, j’ai décidé de prendre le contrepieds : c’est écrit surtout au passé composé. Ça m’amuse de jouer avec les codes. Je t’ai envoyé la nouvelle, on verra donc ce que tu en penses. J’ai pas encore le recul nécessaire dessus pour voir si ça fonctionne ou pas.

J’ai passé le weekend à Marseille avec une copine. Au resto un soir, on a mangé un carpaccio de bonite. Elle a mis tout l’aneth dans un coin de l’assiette (on déteste ça tous les deux, on n’avait pas fait attention en lisant le menu). Quand on a fini, elle a remélangé l’aneth avec le fond de jus de citron pour faire comme si on avait tout mangé et qu’il restait juste un peu d’aneth. J’ai pris ça en note, pour l’ajouter à un trait de caractère d’un personnage pour une future histoire. Un personnage très à cheval sur la façon dont il est perçu.

Au Mucem j’ai vu une expo sur un artiste français que je ne connaissais pas du tout : René Perrot.

De plus en plus, je suis passionné par les expos qui contiennent des éléments de tapisserie. Je trouve ça à la fois trop beau et en même temps intéressant de ce que ça veut dire en termes d’attachement à une culture disparue/disparaissante. Souvent aussi un art très mal vu, parce que principalement féminin, et plus comme un artisanat qu’un art d’ailleurs.

Dans le train en rentrant, j’ai pensé que j’aimerais que le troisième perso du projet Écrivain, multiplie les projets qu’il ne finit jamais (à la Oblomov, du personnage du roman éponyme de Gontcharov). Parmi ses projets : la tapisserie, le drag, un projet de bistro, être influenceur livres sur onlyfans…). Ça marcherait bien avec ce que j’essaie de faire de cette 3eme partie. Et puis, comme les trois perso sont sensés être différentes facettes de la personnalité du narrateur (aka plus ou moins de moi), ça correspondrait aussi. Outre les innombrables projets d’écriture, je suis aussi passé par de très nombreux projets de vie (pendant plus d’un mois ou pour un jour seulement) : ouvrir une librairie, un magasin de cactus, devenir traducteur, apprendre la broderie, travailler dans l’édition, déménager en Italie ou au Royaume-Uni…).

Au Mucem toujours, à l’expo Une autre histoire du monde, j’ai passé pas mal de temps à écouter les enregistrements de chants/contes de plusieurs coins du monde et d’explications par des anthropologues. Et au Brésil, au Maroc, en Polynésie, c’était la même chose : les gens chantaient et contaient parce qu’ils n’avaient pas accès à l’écrit, voire il leur était interdit dans un contexte colonial. Et j’ai pris cette note dans mon téléphone :

Au mucem encore, à l’expo Populaire ?, je suis passé très rapidement mais j’ai pris cette photo et écrit cette note :

Je veux me renseigner sur ces pratiques (apparemment présentes dans différentes régions d’Afrique, mais aussi dans les Balkans) et voir si je peux les intégrer dans le bocage ou sur l’île.

Note dans mon téléphone :

En vrai, il a écrit Écrivains. Mais quand même. Il va falloir que je le lise. Je suis sûr qu’il me plaira + je veux être sûr que ce que j’ai pour projet de faire avec Écrivain soit différent.

Le contexte : j’ai décidé d’écouter l’épisode du Book Club avec Volodine avant de lire son dernier roman : Vivre dans le feu. Ça m’a évidemment donné envie de me ruer dessus. Mais j’ai aussi pris des notes (je fais ça souvent quand j’écoute de bon·nes auteurices dans cette émission (parfois iels ne répondent pas vraiment aux questions et ça me saoule rapidement) :

Évidemment la question des voix est primordiales pour moi. J’écris très peu de choses avec une seule voix. La polyphonie m’intéresse pour ce qu’elle apporte au récit, mais aussi d’un point de vue politique. Plus j’y pense et plus je trouve important de montrer les différents points de vue, davantage de représentations.

Le truc des rêves m’intrigue, parce que je ne me souviens quasiment jamais des miens. Et lui disait qu’ils étaient la plus grande inspiration de ce qu’il écrit. D’où viennent donc mes idées à moi ?

En mangeant avec Jade et Énola hier, et en discutant évidemment d’écriture, je me suis rendu compte qu’une des raisons pour lesquelles j’étais bloqué pour Ils est vilaine, c’est que je n’ai pas encore tranché la question de quelle dose de réalité/fiction je voulais y mettre.

Dans le sens où je refuse l’autofiction (je ne suis pas trop fan de l’écriture du réel en général, même s’il y a des exceptions) et que j’ai voulu parler de faits et d’événements qui arrivent à des personnages. Mais qu’en même temps, évidemment, ce sont des choses qui me sont proches, ou en tout cas importantes pour moi. Parfois très proches. Et j’ai pas encore réglé la façon dont Karim et Olivia vont gérer certaines choses. Ce qu’iels vont décider de dire ou pas. Et comment iels s’expriment, leur façon de parler/écrire. (Encore cette question de la voix). Et donc je n’arrive pas à avancer. Je savais tout ça. Mais j’avais pas fait le lien avec ce qu’a dit Jade (elle travaille en même temps sur un travail de témoignage et son projet de (auto)fiction). Le sujet des deux projets est le même. Et elle disait que travailler sur l’un l’aide pour l’autre et vice versa. Parce qu’elle se rend mieux compte de ce qu’elle est prête à dire ou non, jusqu’où elle veut aller. Et moi je sais pas encore. Parce que je refuse d’écrire les choses pour moi, je n’arrive pas à savoir quoi écrire pour les personnages de mon projet. Est-ce qu’il faudrait pour me débloquer que j’écrive (assez rapidement, mais quand même en profondeur) mon « témoignage » pour ensuite parvenir à remettre tout ça en fiction ? Est-ce que cette étape (par laquelle je ne voulais pas passer) est nécessaire ?

Ça fait un moment que je m’y refuse, mais je sens (je sais bien en fait) qu’il faut que je lise Triste Tigre de Neige Sinno. Parce que je sais qu’elle parle de ça justement, dans le texte même : témoignages/se raconter/fiction… L’écouter dans le Book Club m’avait paru être suffisant. Mais je me pose des questions qu’elle s’est posée, alors autant que j’en profite et le lise.

Kévin a dû annuler son cours, mais j’ai décidé de venir quand même à la fac. Pour travailler. Sauf que j’ai fait l’exercice pour Jimmy, assez contraignant, difficile j’ai trouvé.

Haha je dis ça mais j’ai écrit deux textes — mais peut-être aussi parce que je n’étais pas satisfait :

Moi marchant. Le paysage : la ville et les nuages, loin d’être immobiles, marseillant à tout-va. Bruiner, crachiner, pleuvoter et enfin pleuvoir. Dru. De la pluie, partout, débordant le ciel. Trempant le marché. De la pluie, encore, déroutant les trottoirs. Moi marchant, détrempé. De la pluie, toujours, de la pluie de la pluie de la pluie, de la pluie jusque dans la mer. Son but : me faire marcher. Alors la suivre. Continuer la marche, continuer les gouttes. Marcher égoutté mais pas dégoûté. Apprécier d’être plu et tant plu, déplu, replu. Jusqu’à plus en pouvoir. Crouler sous la pluie mais ne pas tomber. Marchant, tenant, résistant. Un temps. Avant d’accepter l’inévitable. Être démarché. Fondre. Se laisser fondre dans le décor. Ne faire plus qu’un avec la pluie. Marchander avec elle. Marchant-pleuvant, pleuvant-marchant. Le vouloir. Devenir pluie. Devenir le paysage. Ne plus jamais marcher. Ne plus jamais se laisser marcher dessus. Devenir les gouttes. À d’autres désormais de filer droit entre nous.

[En relisant mon journal avant de l’envoyer à Kévin, j’ai relu ce passage. Et je me suis dit qu’il y avait des choses là-dedans que je pourrais sans doute réutiliser pour Rouj dans Sauvage Bocage.]

Tantôt écrire et tantôt faire d’autre choses. Mais lire tantôt. Un tantôt signifiant bientôt, mais aussi cet après-midi, hier ou demain. Peu de temps avant ou peu de temps après. Tout à l’heure et jusqu’à peu. Lire tantôt, donc lire tout le temps. Lire en se levant, lire en se couchant. Lire en travaillant, lire en mangeant, lire en attendant surtout. Lire à deux. Lire en deux-deux. Mais lire en marchant non. Quand même. Important pour tenir, pour continuer à lire, pour continuer d’avoir envie de lire, d’avoir des limites et des rituels. Toujours la même chose : choisir un livre d’abord. Hésiter. Ne pas lire les quatrièmes. L’ouvrir, lire quelques lignes. Lever les yeux (pas forcément au ciel). Y revenir ou le refermer. Tantôt s’accrocher, tantôt décrocher. Trouver le bon et sourire. Lire des pages et des chapitres. Lire des livres. Lire des sagas. Lire des étagères. Lire des bibliothèques. Lire des villes et des mondes imaginaires. Tant lire. Lire lire lire lire lire lire jusqu’au délire. Alors la pause. Le repos imposé. Pour éviter l’ire, apprendre à dé-lire un peu. Plutôt que de lire en diagonale, de lire entre les lignes, de lire pour lire. Ne plus lire. Un temps. Vivre. Accepter d’être un être seulement vivant. Libre. N’ayant pas besoin de lire. Revivre. Tenir quelques heures et tantôt s’y remettre. Élire le prochain livre, en espérant l’ivresse.

Et, sans doute pour éviter d’avoir à travailler sur l’un de mes projets, j’ai lu. J’ai terminé Pédés, un ouvrage collectif. J’ai quand même pris quelques notes pour Ils est vilaine (pas une lecture inutile, même si lecture prétexte/esquive) :

Et je suis allé voir Dune, partie 2. C’était très beau évidemment. Mais ça m’a aussi saoulé. Parce que je trouve que l’histoire de Dune est assez facile et ennuyeuse (peut-être que c’était cool et innovant dans les années 60 mais plus aujourd’hui). Parce que j’aimerais bien que Villeneuve et les autres mettent autant de soin à raconter d’autres histoires de sf, beaucoup plus actuelles et intéressantes. Qu’on donne autant de moyen aux adaptations de sf féministes/queers par exemple. On peut bien rêver.

Avec Énola, Nadjim, Tristan et Antonin on a passé l’aprem à écrire ensemble. Ça m’a motivé de voir tout le monde motivé à écrire : je me suis remis à Sauvage Bocage. (C’est peut-être aussi la visite du Mucem qui m’a rappeler que j’avais très envie de finir de l’écrire cette histoire). Et j’ai enfin modifié les choses que je voulais modifier depuis les retours en Suivi d’écriture.

J’ai essayé plusieurs trucs, déplacé pas mal de choses pour voir ce qui fonctionnait mieux et j’ai décidé :

  • que je gardais le début, mais comme un prologue. Parce que je suis d’accord, il est écrit différemment de la suite. Mais je voulais le garder (d’autant que je compte le quasi-répéter plus tard dans le roman avec la même traversée 50 ans plus tôt par Ivon).
  • que j’allais enlever les titres de chapitres et en fait les chapitres eux-mêmes. Je préfère je crois une forme plus rapide, entraînante, pour qu’on passe presque sans s’en rendre compte d’une voix à l’autre.
  • que je n’étais pas encore sûr de cette histoire des questions qu’on se pose ou non et du fait d’avoir des procédés similaires pour les deux voix (les deux points). Je pense qu’en fait je n’ai pas trop envie de me poser ce genre de questions (en tout cas pas pour le moment), parce que je crois que c’est aussi ce qui me bloque un peu avec Ils est Vilaine (trouver la voix de chaque personnage et ne pas réussir à avancer tant que ça n’est pas fait).
  • et nouvelle question venue de nulle part :
  • je pense que ça pourrait m’aider à avancer en me posant moins de questions. Jusqu’à maintenant je me mets une sacrée pression avec le fait que je veux parler de territoires futurs (après une catastrophe soit, donc changés), mais qui existent. Avec un passé clair et que tout le monde connaît. Déjà que c’est assez compliqué de travailler avec une vraie langue que je ne maîtrise pas. Avec la véracité sur les plantes, les pratiques de sorcellerie, etc. Si je pouvais au moins me libérer de la question bretonne, ça serait bien. On comprendrait que je parle de Bretagne, mais si je ne m’y inscris pas clairement, je peux me permettre plus de choses. Comme dans Enig Marcheur justement.

Bien lancé sur Ils est Vilaine. Ce matin j’ai commencé à remplir les blancs que je m’étais laissé (sur des passages à insérer). Je suis en train d’écrire une fausse légende (sans doute influencé par la conversation sur le projet de Tristan). J’ai enfin l’impression d’être sur les bons rails.

J’ai commencé hier soir Aliène de Phœbe Hadjimarkos Clarke (enfin j’en ai lu presque les deux-tiers !). C’est complètement barré mais en même temps super entrainant. Bref, j’adore. Même si :

Je fais référence à la mise en page (je me souviens que l’autrice en avait parlé dans le Bookclub, que c’était son choix et que ça avait été compliqué à mettre en œuvre avec le maquettiste). En vrai c’est compliqué au début, mais on s’y fait. Et je trouve très intéressant cette façon d’amener les dialogues, le fait qu’on ne soit pas toujours sûr de qui parle.

Jade n’aime vraiment pas les alinéas. Et j’en use beaucoup (en abuse, elle dirait). Parce que j’aime bien l’espace que ça laisse (comme avec les tirets cadratins que j’adore). Ça aère le texte. Et je crois que j’aime bien que tous les textes ne se ressemblent pas aussi dans la forme visuelle, dans la mise en page. (Je ferais bien de me demander pourquoi un jour). Jade trouve au contraire que ça peut complètement perturber la lecture. Et je me dis qu’elle a raison : en petit format, ça fait quand même beaucoup de blanc. Est-ce toujours utile ?

Je suis allé aux Abattoirs pour aller voir l’expo Artistes et Paysans. J’ai adoré. Ça m’a beaucoup parlé (et pas mal chamboulé aussi). Ça m’a donné envie d’insister dans Sauvage Bocage sur la partie agricole du bocage. Ce qui était déjà présent dans mon texte original, mais trop succinctement. J’ai envie que la partie dans la forêt et celle dans les champs soit plus ou moins égale. J’ai envie de parler des paysan·nes (et pas seulement sous le prisme de la sorcellerie comme j’avais d’abord prévu de le faire).

J’ai aussi pris plein plein plein de notes :

Et il faudra que je trouve ce livre :

(Mais je viens de lire que c’était un catalogue d’expo apparemment – même s’il me paraissait y avoir beaucoup beaucoup de texte. Et qu’il est évidemment en rupture de stock. Et qu’il n’est disponible ni à la fac ni à la médiathèque. Bref, je ne pourrais jamais le lire).

[EDIT : Jade est top top top ! Grâce à son travail de journaliste, elle l’a demandé à la maison d’édition et m’a envoyé une version epub.]

J’ai travaillé sur la consigne pour Kévin :

1- Une tentative de réponse aux questions d’E. Hocquard face à la description : « À quoi ça sert ? Que permet la description que ne permettent pas d’autres jeux de langage ? En quoi l’intention descriptive, qui est la base de tout projet documentaire, exclut-elle l’explication, le commentaire, l’interprétation ? En quelles circonstances ai-je besoin de recourir à la description ? »

Je vois la description comme une tentative d’écriture sans explication, sans commentaire, sans interprétation. Le but est de simplement décrire. Mais je ne pense pas qu’on puisse simplement décrire. Parce qu’on ne peut décrire que ce qu’on voit/perçoit. C’est à dire que chaque personne, quand bien même elle aurait pour objectif d’être le plus subjective possible, va produire une description différente. Qu’elle le veuille ou non, consciemment ou non. Parce que nous ne voyons/percevons pas les choses de la même manière. Nous ne nous attardons pas aux mêmes détails. Nous voyons le monde à travers nos yeux, qui ont été habitués ou éduqués à le voir de telle ou telle façon. La description peut permettre une plus grande neutralité. Mais celle-ci n’est jamais universelle.

La description peut permettre de poser un décor. Pour que le lectorat puisse situer l’histoire, « voir » la scène. Mais justement, tout le monde ne se fera pas les mêmes images mentales en lisant pourtant les mêmes mots. Dans mon écriture, j’essaye d’utiliser la description justement pour ça. Les descriptions se font la plupart du temps à la première personne. Ou en tout cas, lae narrateurice est situé·e. Il s’agit de décrire quelque chose à travers son regard, son ouïe, son odorat, son toucher, son goût — ses sensibilités propres. J’essaye d’utiliser la description pour indiquer aux lecteurices la subjectivité du personnage.

2- Un texte descriptif répondant à la logique objectiviste. Tâchez de respecter cette « esthétique » même si celle-ci est contre nature pour vous, même si elle va à l’encontre de votre démarche, de votre vision de l’écriture. Il serait bien que vous veniez toutes et tous avec une proposition. Ce texte sera un point d’appui pour le reste de la séance et les séances suivantes. »

Devant moi deux tables. Sur la mienne — celle à laquelle je suis assis – il n’y a plus que moi. La table est d’un bois clair, elle est humide à ma droite. À ma gauche il y a Jade, dont la table est occupée par une autre personne. Deux chaises vides en face de moi. Jaune translucide. Derrière, un meuble avec des livres. Plus ou moins gros. En haut, écrit en rouge à gauche 500 SCIENCES et en jaune à droite 600 SCIENCES APPLIQUEES. Les livres de gauche ont une marque rouge sur la tranche, qui forme une ligne rouge, inégale, sur chaque rangée. À droite, la ligne est jaune. Je suis trop loin pour lire les titres. À gauche des étagères, deux grilles. Sur l’une d’elle est affichée une feuille plastifiée. Il y est écrit en blanc sur fond rouge INTERDIT DE BOIRE ET MANGER à côté d’un logo traduisant l’information en signe. À gauche encore, d’autres étagères, 400 LANGAGE écrit au-dessus en jaune. Pas de lignes jaunes, mais des gommettes jaunes sur chaque tranche. Des lignes jaunes en pointillé. Je reconnais des GAFFIOT et des BAILLY. Le mur derrière est blanc. La lumière est un peu jaune. Le mur est fendillé. Le plafond est troué, en pointillé. La personne en face de Jade ne bouge pas, une main sous le menton. Cheveux bruns aux racines, lilas sur les pointes, Casque rose sur les oreilles, longs ongles bleus, bouteille transparente au bouchon et au bandeau rouge. Je lis Cola, GINAL, EMBALLAGE ENTIÈREMENT RECYCLABLE. Il reste un peu de liquide brun au fond. Elle s’empare de la bouteille, la vide et me regarde. Elle range ses affaires. Je fais de même.

Hier soir je suis allé voir un film de SF très étrange : Universal Theory. Tout ne marche pas, mais j’ai passé un très bon moment parce que beaucoup des parti-pris fonctionnent. Ça m’a rappelé que c’était une bonne chose d’essayer des techniques différentes, et de les assumer jusqu’au bout (ici le noir et blanc et la musique qui rappelle la tradition des films noirs, un humour daté, une narration perturbante avec une longue partie du film au subjonctif : une voix-off commente des images à l’écran au subjonctif). Ça ne plaira pas à tout le monde, mais ça plaira à des gens : plus que la soupe fade qu’on nous sert trop souvent.

Je n’étais pas satisfait par mon texte d’hier (il restait je trouve trop de subjectivité dans les descriptions, et puis il m’ennuyait beaucoup, il ne disait rien). Donc j’en ai écrit un autre (assez similaire haha mais que je préfère — sûrement parce qu’il parle quand même plus de moi, au fond, malgré une apparence très factuelle) :

Sur la petite commode — il faut d’abord la décrire. Elle est basse et presque carrée. Quatre pieds en S, un bois foncé, du noyer ou du robinier. Un petit tiroir. Une niche où sont entassées de nombreuses brochures, obscurcies par l’ombre. Sur la petite commode donc : quatre carnets. Celui du dessus est un cahier petit format grands carreaux. La couverture est bleu électrique, le logo montre deux lions et indique Oxford.

Sur le meuble fait de palettes qui sert de chiffonnier — il faut d’abord le décrire. Les planches verticales sont vert pistache, les horizontales bleu sarcelle. Deux boîtes ouvertes en toile y sont rangées. L’une est rouge brique et contient des chaussettes et des sous-vêtements, l’autre est jaune moutarde et contient des t-shirts. Tout y est bien plié et ne se voit que sous cet angle. Sur le meuble, deux piles de papier imprimé. Trois crayons. Deux dictionnaires rouge cramoisi. Chaque tranche a un oeil de chouette. Sur l’une est écrit Dictionnaire Gallo-Français Motier Galo-Françaez 1/2 et en gros et orange Le Petit. Sur l’autre je lis Dictionnaire Français-Gallo Motier Françaez-Galo 2/2 et en gros et orange Matao.

À côté une chaise, avec six barreaux et quatre traverses. Le bois est aussi foncé que celui de la commode. Sur le siège en paille tressée, un pot de plastique fauve sur une soucoupe blanche. Dans le pot, une plante. Un petit caoutchouc.

Sur la table — il faut d’abord la décrire. Elle est basse et ronde. Elle a trois pieds-de-biche noirs. Pas de tiroir mais un tablier noir avec des décorations végétales. Le plateau aussi est décoré. Le fond est doré et des branches fleuries y sont peintes. Quelques oiseaux. Je vois aussi des sinnogrammes. Le plateau est abîmé et à certains endroits les moineaux et les feuilles disparaissent sous des marques et des taches. Sur la table basse donc : trois livres et deux brochures. L’une est fuchsia et ocre. Écrit en jaune poussin et en capitales d’imprimerie : ARTISTES & PAYSANS et en beaucoup plus petit Programme d’art contemporain des Abattoirs Musée – Frac Occitanie Toulouse en région Occitanie de mars à décembre 2024. L’autre est ouverte sur une double page de cases et de lignes. Dans les cases noires des dates, qui vont du dimanche 10 mars au jeudi 21 mars. Ce qu’il y a d’écrit dans les grilles plus ou moins grisées, je ne peux pas le lire. Sur cette brochure, le plus petit livre est gris-violet. Il y est écrit James Tiptree Jr. en blanc, Par-delà les murs du monde en noir, folio SF en noir et blanc. La plus grande partie de la couverture est occupée par un dessin de planètes de différentes couleurs entourées de halos blanc-bleutés. Sur l’autre livre, gris clair et gris foncé, un motif avec des lignes et des étoiles, est écrit L’exoplanète féministe de Joanna Russ Essais, lettres et archives et quelque chose d’autre écrit trop petit pour que je puisse le déchiffrer. À côté du logo où je ne peux lire que C am bou il y a un carré hot pink scotché avec écrit en blanc Nouveauté. Le troisième livre est trois fois plus épais que les précédents. La couverture est bleu azurin. Il y est écrit en noir Gustave Roud Œuvres poétiques Œuvres complètes Volume 1 ZOE. ZOE est en gras et souligné. Une photo carrée en noir et blanc montre une branche d’arbre fleurie. Qui rappelle celles dessinées sur la table.

Note d’hier (je sais plus d’où ça sort, mais ça reviendra fin mai donc je la mets là) :

J’étais déjà stressé et agacé avant de venir au cours de Kévin ce matin. Du coup je me suis emporté rapidement dès qu’on a parlé de « descriptions objectives ». Et puis on a lu cet extrait de Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu dont la lecture m’avait aussi pas mal agacé. Après le cours je suis rentré directement chez moi. Et j’étais assez mal à l’aise pendant une partie de la journée, parce que je m’étais emporté. J’y ai réfléchi et réfléchi et plus tard je me suis dit :

  • que c’est pas forcément une mauvaise chose de s’emporter. Ça fait partie de qui je suis. Il y a cette colère en moi et j’ai du mal à l’exprimer alors parfois ça sort pas forcément comme je l’aurais voulu mais c’est pas grave.
  • que c’est aussi pour ça que j’écris. Quand je parle je ne prends pas le temps de trop réfléchir à ce que je dis. Ça sort de façon assez brute. Écrire me permet de faire sortir des choses. Et éventuellement de les modifier, les corriger. J’ai souvent l’impression de mieux pouvoir exprimer ce que je voulais dire exactement d’une façon plus à même d’être entendue.
  • que les livres que je lis et qui m’agacent sont aussi une des raisons pour lesquelles j’écris. Pour produire un autre discours. Pour les contredire ou en tout cas dire autre chose. Nicolas Mathieu, sa posture et ses écrits, me gênent. Produire mes textes est une façon de montrer un autre discours.

Plus tard encore, j’ai eu une sorte de révélation :

Haha c’est quand même un comble quand j’ai fait dire à un de mes personnages, Karim :

J’ai réussi à travailler à Ils est Vilaine tout le weekend donc je suis content (‘ai réécouté en boucles ma playlist spotify vénère et surtout j’ai redécouvert ça que j’avais oublié). Je n’ai pas lu une ligne. Mais j’ai passé pas mal de temps à reregarder les deux premières saisons de Drag Race France, ce qui me calme toujours. Et puis ça m’a aidé à écrire certaines scènes donc c’est top.

J’ai aussi fait le travail pour une nouvelle consigne de Kévin : Composer une deuxième version en vous inspirant de la phrase de Joseph Guglielmi : « dans la cour platanes cinq ».

Petite commode basse presque carrée petit tiroir. Quatre pieds S bois foncé noyer-robinier. Niche où l’ombre entasse brochures nombreuses. Dessus carnets quatre. Dessus dessus petit format grands carreaux. Bleu électrique deux lions Oxford.

Meuble palettes planches verticales vert pistache horizontales bleu sarcelle. Rouge brique boîte 1 chaussettes et sous-vêtements, jaune moutarde boîte 2 t-shirts. Tout bien plié rangé quasi-invisible. Dessus deux piles imprimées papier trois crayons deux dictionnaires rouge cramoisi. Œil de chouette dessus chaque tranche. Dictionnaire Gallo-Français Motier Galo-Françaez 1/2 gros et orange Le Petit. Dictionnaire Français-Gallo Motier Françaez-Galo 2/2 gros et orange Matao.

Six barreaux quatre traverses chaise à côté. Bois commode, paille tressée, soucoupe blanche, caoutchouc en pot plastique fauve.

Table ronde trois bas pieds-de-biche noirs. Zéro tiroir un tablier noir plusieurs décorations végétales. Doré le plateau, peintes les branches fleuries les oiseaux les sinnogrammes. Abîmé le plateau taches cachent moineaux et feuilles. Dessus livres trois brochures deux. Numéro 1 fuchsia et ocre. Jaune poussin et capitales d’imprimerie crient ARTISTES & PAYSANS dessous chuchoté Programme d’art contemporain des Abattoirs Musée – Frac Occitanie Toulouse en région Occitanie de mars à décembre 2024. Numéro 2 double page. Cases Dimanche 10 mars au jeudi 21 mars. Grilles plus ou moins grisées. Livre 1 gris-violet petit. James Tiptree Jr. blanc, Par-delà les murs du monde noir, folio SF noir et blanc. Planètes colorées dessinés halos blanc-bleutés. Livre 2 gris clair et foncé, lignes étoiles, L’exoplanète féministe de Joanna Russ Essais, lettres et archives et trop petit pour déchiffrer. Logo C am bou à côté carré hot pink Nouveauté. Livre 3 trois fois plus épais. Bleu azurin en noir Gustave Roud Œuvres poétiques Œuvres complètes Volume 1 et ZOE gras souligné. Photo carrée blanc et noir branche fleurie. Rappel table.

Je n’en suis pas vraiment content — c’est très loin de ce que je fais d’habitude, ça me paraît très artificiel. Mais Simon m’a assuré que ça marchait très bien. Et puis qui sait, peut-être que ça m’aidera à trouver la voix de Karim (j’avais envie qu’il utilise une grammaire assez décousue et qu’au moins dans les premières pages il ne dise jamais « je »).

Pendant le cours de Kévin de ce matin, j’ai modifié légèrement mon texte (et encore tout de suite après le cours). Comme je l’ai dit, j’ai en fait répété la seule chose qui me plaisait dans mon texte > transformer des descriptions en actions > ou plutôt peut-être utiliser des verbes d’action pour décrire.

Petite commode basse carre presque petit tiroir. Quatre pieds S foncent en noyer-robinier. Niche où l’ombre entasse brochures nombreuses. Dessus carnets quatre. Dessus dessus petit format grands carreaux. Bleu électrise deux lions Oxford.

Palettes ameublissent planches verticales vert pistache horizontales bleu sarcelle. Rouge brique emboîte 1 chaussettes et sous-vêtements, jaune moutarde emboîte 2 t-shirts. Tout bien plié-rangé qui invisibilise. Dessus deux piles imprimées papier trois crayons deux dictionnaires rougissent. Œil de chouette dessus chaque tranche cramoisie. Dictionnaire Le Petit parle Gallo-Français en gros et orange. Motier Matao caoze Françaez-Galo en gros et orange.

Six barreaux quatre traverses chaise à côté. Bois commode paille tressée assoient soucoupe blanche arborant caoutchouc en pot plastique fauve.

Table arrondit trois bas pieds-de-biche noirs. Zéro tiroir un tablier noir décore végétalement. Le plateau dore les branches fleuries les oiseaux les sinnogrammes peignent. Taches cachent moineaux et feuilles. Dessus livres trois brochures deux. Numéro 1 fuchsia et ocre. Jaune poussin et capitales d’imprimerie piaillent ARTISTES & PAYSANS dessous chuchoté Programme d’art contemporain des Abattoirs Musée – Frac Occitanie Toulouse en région Occitanie de mars à décembre 2024. Numéro 2 double page. Dimanche 10 mars case jusqu’au jeudi 21 mars. Grilles grisent plus ou moins. 1 : gris-violet petit livre James Tiptree Jr. blanc, Par-delà les murs du monde noir, folio SF noir et blanc. Planètes colorent des halos blanc-bleutés. 2 : gris clair et foncé, lignes étoiles, livre L’exoplanète féministe de Joanna Russ Essais, lettres et archives puis pas déchiffré. Logo C am bou à côté carré hot pink Nouveauté. 3 : trois fois plus épais bleu azurin livre en noir Gustave Roud Œuvres poétiques Œuvres complètes Volume 1 ZOE, et ZOE veut être vu. Carré photographie blanc et noir branche fleurie et rappelle table.

Je disais que je m’étais rendu compte que j’étais attaché à la forme de la phrase et que j’avais eu du mal à m’en détacher. Comme si mon écriture devait contenir des phrases plus ou moins sensées, plus ou moins grammaticalement correctes. Mais en tout cas des phrases. Je voulais faire revenir les verbes par exemple. Pourquoi les verbes ? Que disent-ils que ne disent pas les noms seuls ? Avec Jimmy on a vu que :

Peut-être que j’ai besoin de ce mouvement dans l’écriture ? Tellement que je cherche à en créer quand il n’y en a pas ?

Mais en fait, est-ce qu’il n’y en a pas ? Est-ce qu’une description c’est pas justement la transcription des mouvements du regard (et/ou des autres sens, même si plus rarement) et leur interprétation par le cerveau ? Est-ce que je cherche ainsi à ramener (encore une fois) à la subjectivité et individualité de la chose ?

Je me pose aussi la question : dans Ils est Vilaine, je cherche à ce que chaque personnage parle différemment, parce que je pense que le langage est lié à l’expérience (personnelle et collective). Mais aucun personnage parle sans verbe. Quelques exemples :

Avec Olivia je travaille plus sur le rythme et l’impossibilité de dire les choses jusqu’au bout, le fait de parler vite pour pas être coupée, et devoir revenir sans cesse à ce qu’on voulait vraiment exprimer + une volonté de précision qui heurte la fluidité :

Yannick pendant une bonne partie du récit ne parle qu’en répliques de chansons d’Etienne Daho (non modifiées) :

Pour Karim j’ai préféré supprimer les « je » pour exprimer son effacement. Ses textes contiennent de très nombreux verbes à l’infinitif :

Et Mégane écrit de la poésie :

D’ailleurs, pendant le cours tout à l’heure, j’ai aussi pris cette note :

Je ne me souviens pas m’être posé des questions sur ces blancs que j’utilisais aussi pour Mégane. Ils me sont venus assez spontanément (je ne sais plus trop quand ni comment). Mais je n’étais pas tout à fait content de ces poèmes (en vrai c’est compliqué parce que je ne veux pas qu’ils soient parfaits parce que Mégane tâtonne, parce qu’elle jette des mots sur le papier et qu’elle n’y revient pas, mais je veux quand même qu’ils me plaisent, qu’on ne se dise pas que par rapport au reste du texte que c’est creux, que j’aurais mieux fait de rester dans la narration plutôt que de m’essayer à la poésie). Peut-être que c’est donc une piste à creuser pour les retravailler. Est-ce que je pourrais supprimer les verbes par exemple ?

Premier essai où les blancs sont là à la place des verbes supprimés :

Ça pourrait fonctionner > peut vouloir dire qu’elle n’utilise pas de verbes parce qu’elles se sent elle-même passive dans tout ce qui lui arrive. Mais peut-être aussi beaucoup trop artificiel et chiant à lire ?

À voir en essayant avec d’autres poèmes et éventuellement en les remodifiant pour qu’ils soient quand même plus accessibles.

Hier j’ai eu un entretien de 30 minutes avec Sarah. Je lui avais envoyé par mail le début d’Ils est vilaine (jai maintenant une cinquantaine de pages) et le début de Sauvage Bocage (que j’ai retravaillé après les retours avec toi).

Mon idée c’était de :

  • parler ce qui m’avait bloqué sur Ils est Vilaine et l’épiphanie que j’ai eu l’autre jour ;
  • la remercier de m’avoir rassuré au premier semestre, grâce à elle j’ai pu ne pas rester bloqué et travailler sur pleins de nouvelles choses (elle m’avait dit que c’était justement le moment d’expérimenter, de partir dans toutes les directions, de m’amuser) ;
  • d’écouter ses retours (que j’imaginais similaires au tiens) et de continuer à travailler principalement sur Ils est vilaine.

Mais patatras ! Elle m’a dit qu’elle préférait largement Sauvage Bocage, on a parlé longuement de ce qui lui plaisait. (Elle était d’accord avec toi : enlever toute notion post-apo, rester dans le merveilleux plutôt que la sf). Elle m’a posé des questions sur la suite. Elle m’a donné quelques conseils.

Et pour Ils est vilaine, elle est un peu restée sur sa position du premier semestre : elle n’est pas convaincue pour l’instant, elle se demande si je suis prêt à écrire cette histoire. (Voire même elle se demande si en fait les deux ne sont pas la même histoire écrite complètement différemment, mais qui veulent dire les mêmes choses). (Ce à quoi je n’avais pas vraiment pensé avant et je ne suis pas prêt à y penser encore, donc j’y reviendrais plus tard).

Je lui ai dit que je comptais quand même écrire les deux de front. Mettre la colère dans des sessions d’écriture fleuve avec Ils est vilaine, et me reposer en retravaillant sur Sauvage Bocage. Elle a admis que c’était une très bonne idée, même si elle semblait penser que ça voulait dire qu’Ils est vilaine était plutôt un truc à écrire pour moi, une sorte de journal intime fictionnalisé. Elle m’a quand même conseillé de présenter les deux projets pour la fin mai.

Je suis un peu refroidi, alors que je voulais vraiment profiter du moment où j’étais remonté à bloc pour avancer.

Mardi prochain je passe en retour avec Sophie avec Ils est vilaine… on verra bien ce que ça va donner.

Ce matin j’ai travaillé sur les poèmes de Mégane. J’ai décidé d’utiliser les blancs non pas pour supprimer tous les verbes, mais seulement ceux qui expriment une action ou un sentiment propres à Mégane. Ça a plus de sens. Et je trouve que ça fonctionne bien. J’aime l’idée qu’à la lecture on doive se mettre à sa place et essayer de combler les trous. Ça donne ça pour l’instant :

Plus tard, je suis allé chez Jade pour regarder Glee (ne nous juge pas). À un moment, on a parlé de ce qu’on devait écrire pour la nouvelle consigne de Jimmy :

Et je disais que j’avais écrit deux textes dont j’étais pas content. Ils tournaient tous deux autour de l’attente amoureuse — et j’en ai marre d’être enfermé là-dedans depuis la rentrée, et d’écrire en boucles, de revenir sans cesse à ça. Elle m’a dit d’essayer quelque chose de complètement différent. Elle m’a lu l’incipit de Qui Sait de Pauline Delabroy-Allard, que j’ai trouvé très drôle. Je m’en suis inspiré pour écrire un texte en rentrant (la référence au calendrier maya vient d’un épisode de Glee qu’on a vu).

Haha évidemment à la fin on revient à l’attente amoureuse – on se refait pas ! Mais au moins, le reste du texte ne tourne pas autour de ça.

Je suis content de mon texte d’hier soir. Jade me fait quelques retours pour que ça colle mieux à la consigne de Jimmy (y aller plus loin dans les analepses et les prolepses, utiliser plus de futur simple, etc.). J’ai rajouté « fuligineux » et la citation de Dante qui viennent du cours Peinture et Littérature du lundi aprem. Et je l’ai envoyé à Pourtant pour cet appel à textes (à la place d’un autre truc que j’avais commencé et que je n’arrivais pas à terminer).

Plus tard, je travaille sur une nouvelle consigne pour Kévin :

À partir de votre deuxième version, donc en vous appuyant un maximum sur votre version « épurée », « expérimentale », « désunie », je vous propose, de composer : 

Au choix :

  • Un texte à fort potentiel interprétatif : façon minimaliste, en employant le genre de phrase :  » l’air est vif « ,  » où est la mine ?  » ,  » en heure d’enfants « 

ou

  • Un texte riche en indétermination : façon délire, saturation, type Messagier si ça peut vous aiguiller.

Carrément montée sur quatre pieds qui foncent en serpentant entre les noyers et les robiniers, la Petite est basse et commode. Elle se gare. Elle n’ouvre pas son petit tiroir mais de la niche où l’ombre entasse de nombreuses brochures, elle sort quatre carnets petit format grands carreaux. Leur bleu électrise deux lions venus d’Oxford.

Non loin, des palettes planchent sur un problème de mathématiques. Les abscisses vert pistache et les ordonnées bleu sarcelle montrent deux boîtes, l’une rouge brique et l’autre jaune moutarde, qui cachent des chaussettes et des slips. Sachant qu’ils sont bien pliés et rangés et que la taille des boîtes est délimitée par les susdites palettes, peut-on compter les sous-vêtements ? Pour vous aider, du papier et des crayons à disposition, ainsi que deux dictionnaires cramoisis. La chouette aux yeux jaunes, qu’on appelle Matao, peut traduire pour vous du français au gallo et vice-versa.

Vous avez deux heures, six barreaux et quatre traverses. C’est la chaise où vous pourrez vous asseoir pour résoudre le problème si, sur la paille tressée, vous prenez la place d’un caoutchouc dans un pot en plastique fauve.

Trois biches noires détalent devant les bêtes sauvages. Dans un décor végétal noir et doré, les branches fleuries, les oiseaux, les sinogrammes peignent à l’orientale. ARTISTES ET PAYSANS, fuchsia et ocre, apparaissent avec leurs jaunes poussins qui piaillent en capitales d’imprimerie le Programme d’art contemporain des Abattoirs. Suivent en double file des cases grisées, du dimanche 10 mars jusqu’au jeudi 21 mars. James Tiptree Jr. livre Par-delà les murs du monde, en noir et blanc et le pouvoir de la SF fait apparaître des planètes colorées aux halos blanc-bleutés. Joanna Russ livre ses Essais, lettres et archives, enfin ce qu’elle a pu en déchiffrer, C’est embouteillé ou C’est emboucané ? elle insiste en rose criard Nouveauté ! Puis Gustave Roud, trois fois plus gros et trois fois plus épais, livre le premier volume de ses œuvres complètes, c’est toute une vie de poésie qui passe et le ciel devient bleu azurin. En fin de peloton, Zoé flashe. Elle photographie les branches fleuries.

Haha c’est devenu n’importe quoi. Mais j’aime bien. Je crois aussi que j’ai fait l’interprétation + l’indétermination.

Tout s’est très bien passé avec Sophie et les autres pendant le retour sur mon texte. Sophie m’a dit qu’elle avait adoré, que j’avais une vraie plume, qu’elle avait hâte de lire la suite, etc. Bref j’étais refait, j’ai eu plein de retours trop bien. J’ai pris de nombreuses notes de trucs éventuellement à modifier :

Et il s’avère que j’ai un peu surinterprété ce que m’avait dit Sarah. Elle m’a envoyé un mail avec mes textes annotés et, même si elle préfère Sauvage Bocage, elle m’a aussi fait plein de retours super utiles sur Ils est vilaine.

Bref, tout ça m’a motivé et j’ai réécrit pas mal de choses sur les cinquante premières pages (et eu quelques idées pour la suite).

Hier soir je suis allé au cinéma pour voir ça :

L’histoire casse pas trois pattes à un canard — on va dire que c’est pas nouveau (en même temps le livre a été écrit en 1924^^) et un peu prévisible — mais qu’est-ce que c’est beau ! Le processus de création du film est très intéressant : les scènes ont été filmées avec des acteurices. Puis une centaine de dessinateurices de plusieurs pays slaves ont tout repeint, plan par plan, dans un style que je qualifierai (à défaut de m’y connaître) d’impressionnisme polonais. Ça donne un résultat incroyable et des scènes magnifiques.

En sortant je me suis dit : le plus important dans le cinéma ou la littérature (ou d’autres formes d’art d’ailleurs), c’est d’aller au bout de ce qu’on veut faire. Vraiment au bout, sans compromis. Si c’est bien fait ça marchera, qu’importe le sujet.

Notes et texte du cours dé Kévin :

Je l’aime bien cette version. On verra si je réutilise des trucs plus tard.

Ce week-end j’ai terminé l’histoire qui est devenue L’île sans Arthur et sans elles – celle dont je parle plus haut, dont l’idée m’était venue en regardant Mrs Davis. On peut la lire ici. Je l’ai envoyé pour le Prix Alain le Bussy. Un peu ouf, mais bon, YOLO !

[Edit: J’ai pas fini dans le top 3 mais dans les finalistes quand même. Je suis content, parce que je l’ai écrite vite cette histoire, et elle me plaît beaucoup, même si je pense que j’ai un peu bâclé la fin. Ça me motive : je crois que l’histoire qui sortira des réécritures description/interprétation/indétermination, je veux l’envoyer à ce prix pour l’année prochaine.]

C’est marrant parce que je ne m’attendais pas du tout à ce qu’elle se termine comme ça. Je voulais une fin ouverte, où on ne comprend pas trop ce qui va lui arriver. Et puis ça s’est terminé en invocation mystique. Je crois que c’est lié à deux choses :

  • les paroles de cette chanson que j’écoute en boucles en ce moment ;
  • les paroles de cette chanson que j’écoute aussi en boucles ;
  • en lisant les textes que Luce nous a envoyés pour le suivi d’écriture, je me suis rappelé que je DÉTESTAIS les épisodes de rêves dans les histoires. Je trouve toujours ça nul : soit ça n’apporte rien à l’histoire, soit c’est bien trop évident ce qu’on veut dire avec eux. Mais Luce fait ça très bien. Du coup, j’ai voulu faire ça bien moi aussi et j’ai essayé d’écrire un truc avec des rêves/délires un peu différent ;
  • la réflexion de Justine Huppe dans La littérature embarquée sur le pouvoir des mots et de la littérature — que je voulais interroger à mon tour.

J’étais en train de me dire que ce journal de sérendipité ressemble surtout à un journal d’écriture. Que je ne suis pas sûr d’intégrer tant que ça la notion de sérendipité dedans. Mais Kévin vient d’envoyer un mail avec Val Plumwood et c’est incroyable ! J’ai noté son nom il y a quelques jours après l’avoir lu dans un journal. Et puis je viens de relire mes notes du premier cours (1er février). Ça m’a rassuré, c’est exactement ce que je suis en train de faire :

Je me dis d’ailleurs que je le continuerai peut-être même après le lui avoir rendu. Ça m’aide sur plusieurs niveaux :

  • je garde une trace de choses que sinon j’oublierais (et ça aide pour revenir sur des choses vues/lues/entendues que j’ai envie de revoir/relire/réentendre) ;
  • ça me fait réfléchir à mon écriture, à ce que je mets dedans et comment je réinterprète tout ça. Ça m’aide à avancer ;
  • ça m’aide aussi à voir les différentes étapes : les jours où je n’arrive pas trop à écrire c’est un sacré boost de voir l’évolution parfois sur des projets ;
  • je n’avais jamais réussi avant à m’astreindre à un journal (c’est pas faute d’avoir essayer) et cette fois ça a pris. Autant continuer ;
  • mine de rien, j’aime l’idée de pouvoir en refaire quelque chose / réutiliser des bouts plus tard. Quand Kévin a parlé du journal de Maria Gabriela Llansol, j’ai pensé à ça.

Nouvelle consigne de Jimmy :

J’écrirai le texte pendant les vacances, mais j’ai pris ces notes en lisant la consigne :

Le tricot, parce qu’avec Luce et Jade on a (re)pris le tricot récemment. On se fait des aprems ateliers créatifs avec d’autres de la classe pendant lesquels chacun·e fait ce qu’iel veut. Nous on tricote. Et j’ai envie d’incorporer ça à un récit — surtout un récit sur le temps — parce que le tricot implique des choses bien spécifiques : il faut tourner et retourner son ouvrage, il faut tirer sur la pelote, voire en changer, il faut compter et recompter, être concentré·e – mais en même temps tu peux quand même faire d’autres trucs en même temps (discuter par exemple). Et puis ça prend pas mal de temps (et moi ça m’occupe les mains comme ça je ne me ronge pas les ongles et je ne fume pas pendant ce temps là). Pas mal donc à intégrer à un récit sur l’urgence je me dis.

Journée théâtre.

Ce midi, on est allé voir Antonin jouer dans une pièce à la Fabrique. Antonin était top, la pièce – Pig Boy de Gwendoline Soublin – était très drôle et très intelligente. C’est une dystopie qui parle (entre autres) d’agriculture porcine et du rapport humanité/animalité. J’ai très très envie de la lire, mais évidemment c’est introuvable à la BU et à la médiathèque. Petite photo souvenir en passant :

Et puis le soir, je suis allé voir ça au Sorano :

Je ne m’étais pas du tout rendu compte que c’était une adaptation en portugais (Brésil) de Tom à la ferme de Michel Marc Bouchard. En fait, je ne connaissais pas ce gars. Mais j’avais vu l’adaptation qu’en a faite Xavier Dolan. Le film m’avait déjà plu, mais la pièce m’a bouleversé – détruit même. J’ai beaucoup pleuré, j’ai été très tendu, j’ai beaucoup souri. Bref, c’était génial.

Ça m’a donné envie de :

  • lire la pièce dans sa version originale en français ;
  • lire plus de théâtre. Alors je suis allé emprunté en plus de Michel Marc Bouchard le Livre I du Théâtre Complet de Jean-Luc Lagarce. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vu/lu ;
  • réessayer d’en écrire. Parce que c’est quand même une forme super puissante. Et puis la colère (thème qui m’est particulièrement cher), ça marche tellement bien sur scène. À méditer…

Je n’avais pas eu le temps de préparer un texte pour le cours de ce matin, mais je savais déjà en arrivant ce que j’allais écrire : je voulais décrire de manière écobiographique (à ma façon) les personnages Gwenn et Rouj de Sauvage Bocage.

Le savon au cèdre vient d’une conversation avec Agnès sur mon savon qui sent trop bon. L’engoulevent est inspiré des grenouilles qui coassent dans les mares de la fac. Le lilas, des branches qu’il y avait au foyer d’Olympe de Gouges quand je suis allé chercher mon café. Le sirop de sureau, d’une conversation avec Jade (je crois). Le beurre, de conversations avec Luce et de Tom à la ferme. La grande marée du fait que j’ai eu mon père au téléphone hier et qu’il me disait qu’il y en aura une pile quand je vais chez lui la semaine prochaine. La voix corticale : à la BU en ce moment il y a une expo en lien avec les arbres et la forêt. Et j’ai pris des photos d’écorces différentes pour pouvoir mieux les décrire dans Sauvage Bocage.

Je suis content de ce texte, j’en utiliserai sûrement des bouts que j’intégrerai à Sauvage Bocage. Mais je sais pas trop comment. J’ai peur que ça fasse un peu commentaire de mon propre texte.

Et j’ai hâte d’aller en Bretagne samedi (pour une fois). Je pense que c’est en partie parce que j’y vais avec l’idée d’en profiter pour avancer sur mes deux projets bretons.

Il va sans dire que je n’ai pas du tout « avancé sur mes deux projets bretons ». Je n’ai rien écrit de toutes les vacances jusqu’à hier, où j’ai enfin pris le temps de travailler l’exercice de Jimmy (j’avais en même temps très envie de le faire parce que je savais ce que je voulais écrire et je savais que ça allait être drôle / et en même temps j’avais la flemme parce que justement j’avais une idée un peu trop précise de ce que j’allais écrire et que je me disais : à quoi bon ?). Ce qui m’a sauvé c’est : je me suis bien marré à l’écrire. Le voici (partie 1 sur l’attente – que tu as déjà lue, c’était le texte L’aéroport –, partie 2 sur l’urgence, partie 3 sur l’extase temporelle et partie 4 sur la réticence – écrites aujourd’hui – et il manque la dernière partie).

Kévin a répondu à mon mail cet aprem, donc je n’ai plus d’excuse, je dois m’y mettre. J’ai mis tous les textes produits dans un nouveau doc et, comme je ne savais pas comment m’y prendre, j’ai fait une liste de ce que j’aimerais garder (pour voir où ça pourrait me mener). Et en vrai je crois qu’il y a quelque chose qui commence à se dessiner dans ma tête (un texte mi-nouvelle mi-auto-analyse littéraire sur les motifs qui reviennent beaucoup dans mon écriture et pourquoi). Mais je suis crevé, je vais laisser mariner ça un peu et j’y reviendrais demain ou plus tard.

Je disais hier que je n’ai rien fait en Bretagne, mais c’est pas tout à fait vrai. J’ai pris pas mal de notes dans mon téléphone pour mes projets :

Je lisais La maison aux esprits d’Isabel Allende. Cette dernière note concerne Une histoire surréaliste (un autre projet d’écriture que j’ai haha). Pour l’instant je prends pas mal de notes mais je n’ai pas du tout commencé à l’écrire (je voudrais l’écrire au Brésil).

Et j’ai pris également quelques photos de quelque chose que je voulais garder à l’esprit :

C’est un livre trop ouf que des copaines qui ont un petit enfant m’ont montré. Et j’ai trop envie d’en proposer un projet de traduction/adaptation pour le cours avec Sophie à la rentrée de M2 (où on doit présenter un projet de littérature jeunesse : album ou premier roman ou autre).

Je n’arrive pas à me mettre au texte pour le prochain cours de Kévin alors je procrastine.

Je n’arrive pas trop à écrire pour mes projets non plus. Parce que je suis dans une période assez difficile personnellement (beaucoup d’anxiété – attente qu’on me réponde – et de peur – est-ce que j’ai fait de la merde et que c’est irrémédiable –, de colère envers moi-même – je me sens coupable – et envers d’autres – pourquoi on ne me répond pas…et quand même un peu d’espoir au milieu de tout ça). Et puis hier soir je me suis dit : il faut que j’utilise ça pour Ils est Vilaine. Note juste avant que je me couche :

(Haha oui parfois je prends des notes en anglais). J’essaierai de faire ça ce soir (avant que les choses ne se résolvent d’une façon ou d’une autre). Autant que j’utilise toutes ces émotions. Et en vrai, sans doute que ça me fera du bien en plus.

PS : je ne m’y suis toujours pas mis, même si :

Notes prises après le cours de Jimmy pour retravailler le texte sur la réticence :

En plus, Agnès m’a aussi fait quelques retours. Je travaillerai là-dessus ce weekend.

Je n’ai pas réussi à écrire mon texte pour le cours de Kévin de ce matin. J’en ai parlé en cours, les raisons sont assez logiques. Mais je sais qu’un jour prochain je l’écrirai, parce que ça a quand même remué des choses (les réflexions sur les motifs et les tropes de mon écriture) + il y a des choses que j’ai très envie de réutiliser. Voici le doc dans lequel je travaillerai (je crois que je l’ai déjà partagé, mais cette fois j’ai vraiment envie de montrer les différentes versions).

Notes prises en rentrant chez moi :

Ce matin j’ai présenté 4 pages du projet Ils est vilaine en cours d’ortho-typo avec Chloé. Ce que je trouve génial avec ce cours, c’est qu’en entrant tellement dans le détail des textes, on est amené à se poser des questions qu’on n’aborderait peut-être pas autrement. J’ai pris des notes pour corriger/modifier des trucs :

Jade, Simon, Tristan et Antonin sont venus travailler chez moi. Ça m’aide beaucoup d’avoir d’autres personnes qui écrivent autour de moi pour me motiver à écrire. J’ai repris les 4 pages de ce matin que j’ai modifiées (maintenant ça donne ça). Dans la foulée, j’ai écrit un autre passage de lipsync pour Queen Yamane + un poème pour Mégane. Ainsi qu’une scène avec Karim et Yannick + un passage pour Karim. (J’ai décidé de les mettre dans des Google Doc, comme ça, si ces passages changent plus tard on garde une trace de ces brouillons). J’ai également demandé à Simon de m’écrire un poème pour Mégane. Voilà ce qu’il a écrit :

Je trouve ça trop cool d’essayer d’écrire à deux (même un petit truc). Voilà ce que j’en ai fait pour l’intégrer à mon projet (sans doute juste après le dernier passage de Karim):

Un autre truc qui est cool : j’étais pas du tout sûr de la scène Karim/Yannick que j’ai écrite. C’est sans doute lié au fait que pour écrire ces passages je dois 1) sélectionner des vers de chansons d’Etienne Daho en fonction de ce que je veux dire dans cette scène, 2) les agencer et ajouter les répliques de Karim. C’est donc très artificiel comme processus, et j’ai du mal à me défaire de ça pour voir ensuite si ça marche. Mais Jade Tristan et Simon m’ont rassuré en me disant que ça marchait très bien.

À la médiathèque avec Jade et Simon. J’ai enfin écrit un texte que je voulais écrire depuis une semaine mais que j’avais peur d’écrire. Je le mets là, je le relirai plus tard.

En même temps, Simon travaille sur un nouveau projet et nous pose des questions, on lui propose des idées. J’aime beaucoup le fait de ne pas avancer tous seuls dans nos projets. J’aimerais que ça devienne une habitude. Qu’on en profite un max jusqu’à la fin de l’année dernière.

J’ai réussi à écrire un autre passage que j’avais pas vu venir comme ça. Surtout : jusqu’à il y a peu, j’étais persuadé que c’était Yannick qui avait quitté Karim, mais c’est beaucoup plus logique et beaucoup plus intéressant comme ça finalement. La chanson de Vendredi sur Mer, c’est une idée de Jade (je lui avais demandé une chanson en français chantée par une femme où le personnage regrette quelque chose).

J’ai fait lire le passage à Jade, qui m’a fait quelques retours :

À la médiathèque avec Énola, Tristan, Luce, Nadjim, Jade et Simon. J’ai écrit une nouvelle scène.

Je voulais en écrire une autre et j’avais besoin pour ce faire de retrouver une vieille scène dans mes brouillons/premières versions. Je ne l’ai pas trouvée. Même dans mes plus anciens docs sur Ils est vilaine, rien. Aucune trace de cette scène. Je me dis que j’ai dû y penser, beaucoup, mais ne jamais l’écrire. Je vais donc m’y mettre. Mais en attendant, j’ai décidé de mettre la version de Il est vilaines (sic) du 30 décembre 2022 sur un Google doc. Pour garder une trace de ça. (Ça serait intéressant d’ailleurs que je retrouve aussi les très très vieilles premières pages avec les personnages de Karim et Yannick – qui ne s’appelaient pas encore comme ça). Et voilà : le 30 décembre 2019, ça donnait ça.

J’en ai un peu peur, mais il faudrait que je relise tout ça. 1) il pourrait y avoir des trucs que j’ai envie de garder. 2) surtout : je retrouverai peut-être à la lecture ce qui m’avait motivé à commencer à parler de ces personnages. Je ferai ça cet été, un jour où tout va bien et je peux supporter le cringe.

C’est fou ce truc du 30 décembre. C’est comme si à la toute fin de l’année, à chaque fois, il y avait ces personnages, cette histoire, qui m’appelaient.

Je n’ai pas réussi à écrire le texte que je voulais écrire hier finalement. J’en ai parlé avec Jade ce matin : je pense que le problème c’est que 1) c’est un texte très difficile, qui même s’il ne me concerne pas directement (j’ai changé la situation), il fait écho à des choses qui me sont arrivées 2) c’est donc un texte difficile à écrire parce qu’il faudrait que je puise dans mes émotions à moi – et pas que celles de Karim 3) finalement tous les procédés d’écriture me protègent soit (c’est Karim qui écrit, de telle façon, c’est donc pas moi), parfois me bloquent aussi.

J’essaierai ça dans les prochains jours.

Hier soir en me couchant j’ai pris des notes :

Je suis à Marseille. Passage à La Friche Belle de mai, où j’ai vu des expos intéressantes avec des artistes des Antilles et de La Réunion. Notes et photos :

J’ai retravaillé le texte pour Jimmy. Voici la version finale que je vais lui envoyer. Il nous a également demandé une note d’intention.

J’ai aussi écrit une première version de l’incipit de Le coup du tricot, qu’on doit envoyer à Kévin pour le 15 mai avec Luce, Jade et Énola. Et j’ai commencé à faire quelques recherches sur les mouches :

Ça me/nous sera utile pour la suite.

Plus tard je suis allé au Mucem. Quelques photos et notes pour Sauvage Bocage :

J’aimerais qu’il y ait de tels feutres dans les cabanes en haut des arbres dans le Bocage. Qu’ils soient teints dans les mêmes tons (naturels) et qu’ils représentent des plantes, des animaux, des histoires…

Dans une précédente expo au Mucem j’avais déjà pris en photos des objets faits de courges. Mais j’aime davantage l’idée des instruments de musique. À creuser…

J’aimerais tellement qu’il y ait un tel manteau de pluie aussi dans le Bocage !!

J’ai commencé l’histoire, qui pour l’instant n’a pas de titre, inspirée des exercices en cours avec Kévin. Mais je sens que je suis pas encore prêt pour la suite, alors j’ai pas écrit grand-chose.

J’ai réécrit le début d’histoire ce matin. Je suis passé au « elle ». Il a fallu que je lui trouve un prénom, Anjela m’est venu tout de suite.

J’ai retrouvé Jade et Antonin à la médiathèque. J’ai relu mon texte pour Jimmy + la note d’intention, que j’ai envoyés. J’ai relu le texte de Jade pour Jimmy et lui ai fait quelques commentaires, qui j’espère l’ont plus aidée que perdue. J’ai relu l’incipit de Le coup du tricot pour vous l’envoyer. J’ai écrit une scène pour Ils est Vilaine que je voulais écrire depuis un moment. Et puis j’ai eu très envie de travailler à Sauvage Bocage. J’ai réécrit quelques anciens passages, puis j’en ai écrit d’autres. Je me suis rendu compte que j’avais besoin de mes dictionnaires de français-gallo, alors je suis rentré finir de travailler chez moi.

Ce matin j’ai relu tout ce journal de sérendipité pour pouvoir l’envoyer à Kévin demain. J’espère que ça n’aura pas été trop long et relou à lire pour lui. Moi en tout cas, ça m’a beaucoup aidé, donc merci !

Cet aprem je suis retourné à la médiathèque avec Jade (et avec mes dicos gallo-français). Comme hier, j’ai retravaillé d’anciens passages, et j’en ai écrit de nouveaux. J’ai repris également ce que j’avais écrit en cours pour l’écobiographie.

Sans doute parce que j’avais plein d’autres choses beaucoup plus urgentes à faire, j’ai décidé ce matin de travailler sur un autre projet (haha). En fait, ça ne m’a pas pris tant de temps que ça et c’était vraiment cool, donc je regrette pas. Pour une toute petite maison d’édition toulousaine, spécialisée dans le théâtre, qui a été co-créée par la dramaturge qui organisait le weekend théâtre-ChatGPT auquel j’ai participé en février, j’ai décidé d’envoyer un texte.

J’ai repris « la nouvelle » que j’avais envoyée pour le dossier d’entrée en master (texte ici), et je l’ai remaniée + complétée pour en faire une pièce de théâtre (nouveau texte ici). Ça m’a fait un bien fou de 1) faire quelque chose de ce texte et 2) me frotter un peu au théâtre, même si c’est dans une forme très écrite finalement, pas pensée au début pour l’oralité et 3) écrire quelque chose de cathartique, mais qui ne fait pas partie d’un gros projet difficile. C’était presque… léger.

Cet aprem j’envoie ce carnet à Kévin, donc tout ce qui suit sera surtout pour moi.





Vol vers Trévise, j’écoute cet épisode du Bookclub dans l’avion. Notes :

Au musée Luigi Bailo de Trévise, je suis tombé sur ce tableau : Il marinaio Michel Carion, 1909, de Gino Rossi.

Et j’ai pris cette note :

Ça fait écho à l’entrée du 13 mars plus haut. Devant le tableau de Gino Rossi, je me suis dit que se tenait Mathurin. Et ça a commencé à lier des choses dans ma tête et créer un tout début de perso/d’histoire :

En fin d’aprem, je suis allé acheté un carnet : il fallait que je commence à noter tout ce qui me passait par la tête avant que ça disparaisse.

Notes au réveil :

Dans l’aprem, à Venise, on va à une expo en marge de la Biennale : In Nebula, de l’artiste Chu Teh-Chun (que je ne connaissais pas).

Devant les tableaux – que j’ai trouvés magnifiques – je me suis dit :

L’idée ce serait : l’histoire de Mathurin, et ses aventures autour du monde, sont racontées par l’un de ses amants (Hyacinthe, sans doute celui qui vit au Québec). Parce qu’à un moment de l’histoire, Mathurin est bloqué dans l’espace (là-bas) et dans le temps. Il a donc tout le temps de lui raconter sa vie. Mais comme c’est Hyacinthe qui écrit (première couche de subjectivité) ce que lui raconte Mathurin (subjectivité nostalgico-amoureuse), les ports et les paysages décrits semblent complètement fous/hors du monde. D’où l’idée de les décrire en s’inspirant d’œuvres d’art.

Le tableau de Gino Rossi (Primavera in Italia, 1907), dans sa période bretonne, que j’ai vu au musée de Trévise, et qui pourrait donc servir à décrire la Bretagne de l’enfance de Mathurin.

Journées Biennale. Mercredi aux Gardini, on a fait tous les pavillons. Jeudi à l’Arsenale, on a aussi tout vu.

J’ai continué à prendre des notes dans mon carnet et à prendre des photos d’œuvres qui pourraient servir de support de descriptions :

Pendant tout le séjour à Trévise/Venise je pense à Mathurin, ses amants et ses aventures. Mais je sais que quand je rentre à Toulouse, il faut que je me remette à Sauvage Bocage + Ils est vilaine, pour pouvoir envoyer l’état des projets + une note d’intention avant le 31 mai.

Soirée Tricot-médies musicales avec Jade. En regardant The Rocky Horror Picture Show pour la centième fois, je note :

J’ai écrit hier chez moi, puis dans un café avec Simon. J’ai écrit ce matin chez moi et cet aprem à la médiathèque avec Enola, Antonin et Simon. J’ai la première partie de Sauvage Bocage prête pour l’envoi de fin de M1. J’ai ma note d’intention. Il ne me reste « plus qu’à » finaliser ce que je veux envoyer pour Ils est vilaine. Mais il me reste jeudi et vendredi, je suis confiant. Je pense avoir le temps de faire ce que je veux.

J’ai vu Jimmy hier soir à la « soirée Dada ». Il m’a fait des retours super positifs sur Le temps volé. Je suis content que ça lui ait plu (j’en ai aussi lu un extrait pendant la soirée et ça a fait rire, j’étais refait). Il m’a dit : peut-être que les deux dernières parties gagneraient à être fusionnées (pour avoir trois parties égales, pour le rythme que ça amènerait dans la narration). Et je me dis qu’il a raison. Il faudrait que je tente ça. J’ai déjà pensé : l’extase temporelle pourrait être amenée seulement quand le narrateur court aux toilettes. Je travaillerai là-dessus en juin.

Je me suis rendu compte que les textes d’Olivia traitaient beaucoup de jaune, d’ocre, d’orange, d’ambre (je ne crois pas que c’était voulu). J’ai donc réfléchi aux autres perso : pour Karim les bleus, pour Mégane les verts. Il faudrait que je relise tout avec ça en tête (leur associer des tons ? dans les descriptions, dans les mots utilisés).

Notes dans mon téléphone :

Hier j’ai travaillé jusqu’à assez tard pour terminer certains nouveaux textes pour Ils est vilaine. Ce matin j’ai relu tout le texte avant de l’envoyer. Je suis assez content de tout ce que j’ai écrit depuis mars.

Je vais enfin pouvoir penser à autre chose !

  • revenir sur Le temps volé ;
  • Le coup du tricot, si les filles sont dispo ;
  • continuer à réfléchir à Les amants de Mathurin. D’autant que je serai à Berlin pour dix jours et je sens que ça va être un lieu propice à cette histoire (je ne sais pas trop pourquoi ? j’étais en train d’écrire cette phrase et je me demandais ce que je voulais dire par là et – aucune idée précise) ;
  • écrire la suite de La mouche de Schopenhauer : Les fées du chêne ;
  • me remettre à l’histoire avec Anjela (même si je sais que je n’arriverai pas à l’écrire tant qu’il n’y aura pas de titre).

Je suis allé à la rencontre avec Alain Guiraudie à Ombres blanches :

Note au centre de dépistage :

J’ai fini d’écouter les quatre épisodes de Pédé, réinventer le monde dans l’émission LSD de France Q. J’ai pris quelques notes :

Notes :

Notes :

(Pour la nouvelle de Jimmy)

(Pour Ils est vilaine ?)

(et pour l’histoire d’Anjela 🙂

Je n’aurai pas le temps de finir la nouvelle (qui n’a toujours pas de titre) pour Zone critique, mais de toute façon 35000 sec c’est trop. Ce sera donc pour un autre concours, éventuellement. J’ai quand même pas mal avancé. Et je suis content de ce que c’est en train de devenir.

Hier pendant le concert de chants rituels de Davide Ambrogio à Rio Loco j’ai pris des notes :

Et je suis tombé sur l’expression « queer temporality » l’autre jour et j’ai enfin voulu me renseigner. Mais j’ai eu la flemme de lire tous les articles alors je les mets là pour pas les oublier :

L’idée serait évidemment d’écrire une histoire autour de ce concept.

En voulant taper Libération dans ma barre de recherche, j’ai tapé libration. Et je suis tombé sur cet article. Je ne connaissais pas ce mot, je le trouve beau. Et j’ai dû relire plusieurs fois plusieurs phrases pour comprendre le principe. Ça m’intrigue, j’ai envie là encore d’en faire quelque chose – en sf ? On aurait pas trouver de vie sur la lune à cause d’une libration ? Ou quelque chose sur les gens qui ne croient pas qu’on a marché sur la lune ?

On s’est retrouvé chez Jade avec Éno et Luce pour discuter du Coup du tricot. On s’est bien marré mais surtout on a beaucoup avancé. On a brainstormé pendant un moment pour mieux connaître nos perso et savoir ce qu’il va se passer. Et on a décidé de comment on allait écrire : comme il y aura deux personnages principaux (Nathanaël Le Guennec et Sibylle Rivault, la femme qui va enquêter sur lui), on a pensé avoir deux narrations alternées (qui disent toutes deux je) + des passages flashbacks en il/elle. Et on s’est dit que ce serait plus pratique de les écrire en duo. Du coup Énoflo écrivent Nathou et Jaluce écrivent la sérial-tricoteuse. Il nous reste plus qu’à définir avec Éno comment on compte s’y prendre, mais pour l’instant l’idée c’est qu’un personne écrit un chapitre et l’autre relit, on le retravaille ensemble à partir des commentaires et on fait l’inverse pour le suivant. J’ai hâte qu’on s’y mette !

Hier je suis passé à Terra Nova pour enfin récupérer mes numéros de Solaris avec ma nouvelle. J’ai évidemment acheté un autre livre et repéré celui-ci qu’il faudrait que je lise (même si j’avais eu du mal à lire son précédent) :

Pour la soirée Dada, j’ai lu un passage d’Ils est vilaine. Je me suis rappelé que j’avais envie d’y retravailler, mais j’ai l’impression de ne pas avoir le temps en ce moment (entre les visites et les sorties). En fait, j’ai la flemme d’écrire.

Retour que j’ai reçu de Fred et Lydie :

Sauvage Bocage

Nous avons été très sensibles à ce conte insulaire peuplé de personnages qui pérégrinent dans le Bocage, hors du temps. Les légendes se développent en contrepoint d’un récit à la première personne tantôt au féminin ou au masculin. Un très beau souci de précision et un travail de documentation sur la langue (le gallo) et la botanique. Le texte a vocation à te soulager de l’écriture parfois oppressante de l’autre projet (Ils est vilaine), mais il a cependant des liens organiques avec lui : notamment l’ancrage géographique et cultuel breton. Le climat onirique et légendaire est très réussi, notamment grâce à l’attention portée aux détails (poésie de la nature, exactitude du lexique, acuité visuelle), et l’ensemble possède déjà une véritable ampleur. Deux difficultés auxquelles il convient peut-être de rester attentif : 1. les ruptures causées par les dialogues en gallo (excellentes dans le principe, mais il faut veiller à l’intelligibilité, à la gestion des éléments de paraphrase/traduction insérés quand on repasse au français) 2. Les ambiguïtés de genre, qui sont bien sûr au cœur du projet, mais qui doivent là aussi être très maîtrisées pour ne pas entraîner de la confusion.

Ils est vilaine

Le retour du personnage dans son village d’enfance breton. Il (ou elle) va s’occuper de sa grand-mère, chez qui il/elle habite et fabrique des bijoux. Présent et passé se mêlent en contrepoint. Le texte est aussi une chronique sentimentale qui raconte la relation de Yannick et de Karim. Yannick fait des shows de drag queen et parle avec les mots des chansons de Etienne Daho. Il maltraite Karim. C’est une relation toxique. Le projet est ambitieux, proposant une radiographie située de la société contemporaine, avec un rapport à la fois sensible et distancié à ses principales références et à certains de ses débats essentiels. C’est une « comédie humaine » qui nécessite du travail, et qui est servie par un sens aiguisé de l’observation (dimension satirique) et un véritable art du dialogue : dimension théâtrale efficace, fluidité, dialogues acerbes et très bien vus. C’est plein d’imagination, d’humour, de trouvailles (insertions des chansons de Daho), de complexité (polyphonie narrative), de ruptures diverses. A cela s’ajoute l’aspect politique et documentaire autour des discours liés à la Manif pour tous : rappel du « matériau » de la parole homophobe alors débridée, élément de mémoire collective. Très bon travail donc, même si du point de vue éditorial l’hétérogénéité, bien que virtuose peut constituer une difficulté : focalisations multiples, monologue intérieur, gestes graphiques (italiques, tirets, ratures, tracts). Cela doit être compensé par un souci constant de la clarification narrative : il faut multiplier les repères. Réfléchir peut-être à la nécessité des phrases raturées et au côté peut-être un peu répétitif des passages de show drag. Mais c’est vraiment très bien : il y a beaucoup de constance et un travail qui se voit, il faut aller au bout !

Je me rends compte que 1) soit c’est pas toujours clair 2) soit ça a été lu trop rapidement. Parce que c’est assez évident je pense (personne jusque là n’avait relevé ça) qu’Olivia est une femme, et que Yannick ne maltraite pas du tout Karim. Ceci dit je veux bien entendre qu’on se perd un peu parfois et je vais revenir là-dessus. Je voudrais éviter ce genre de « mauvaises lectures » à tout prix.

Note pour Le coup du tricot pendant la soirée :

Pour la soirée Zazas de ce soir, j’ai écrit ce texte (le thème était Fleurs et j’ai voulu écrire un texte qui pourrait être le 1er de la partie 2 de Sauvage Bocage, ce serait Fañch qui dit je) :

La première chose que je vis c’est un tapis de fleurs. C’est en fait la seule chose que je vis. Des fleurs roses qui recouvraient tout ce que je voyais de l’île. Après avoir accosté entre les rochers, après avoir trainé la barque sur le sable, après avoir grimpé le versant qui me paraissait le moins escarpé de la falaise, évitant les nids des oiseaux rendus criailleurs et agressifs par mon simple passage, après avoir dérapé et m’être trallé plusieurs fois, après avoir atteint la crête et déposé mon sac au sol, je me suis étendu dans les fleurs. Elles sentaient bon. Elles sentaient fort. Ue odeur de fleur que je ne connaissais pas. Plus puissante que le lilas, plus douce que l’églantier. Je n’avais jamais vu de pareilles fleurs dans le Bocage. Je ne les reverrai jamais ensuite. Sur aucune île. Sur aucun des chemins serpentant la côte de celle où je vis depuis, que j’ai traversée dans tous les sens, cherchant et cherchant ces fleurs. De petites clochettes orientées vers le soleil, trois par brin, deux tiges et deux feuilles émeraude et ensiformes. Et des millions et des millions de plantes. Toute la lande recouverte. Là où sur les autres îles c’était l’ajonc ou la bruyère qui recouvrait la terre granitique ou calcaire, sur l’île aux fleurs on n’en voyait pas même un pied.

Poussé en cela par l’odeur devenue familière, j’inventais le mot fleuraie avant de m’y endormir. Je m’abandonnais à la protection que les fleurs m’offraient.

Je rêvais que l’île, sous la pleine lune se réveillait. Que les étoiles, innombrables, transformaient chacune des fleurs, innombrables. Que les clochettes baissaient la tête, que les corolles se fermaient, que les feuilles turgesçaient et les tiges grandissaient. Que le tapis de fleurs roses devenait une multitude d’hommes émeraude nus, dont les aisselles, le cou, les creux des coudes et des genoux, la plante des pieds, les cheveux, l’aine et l’anus exhalaient la même odeur qu’avant. Qu’ils passaient leur nez sur la peau des autres. Que le mien faisait de même. Que toute la nuit nous nous sentions. Pour nous sentir bien. Pour nous enivrer du parfum ensorcelant qu’on dégageait. Pour nous délivrer du poids du soleil, de la lourdeur des vents, de la gravité, de la marche du monde. Nous prenions notre temps. Nous avions toute la nuit pour échanger nos odeurs. Pour nous lécher, de nos langues duveteuses comme des feuilles de sauge, le suc laiteux qui exudait de nos pores. Pour souffler sur nos poils, volant dans la brise nocturne tels des pappus. Nous passions de dessous de bras en dessous de bras et ainsi, d’un côté à l’autre de l’île. À l’aube, les narines pleines de phéromones, les hommes bourgeonnaient, leurs bras devenaient feuilles et il leur poussait des clochettes, la tête vers le soleil qui se levait à l’horizon. J’étais surpris au réveil de ne pas être devenu une fleur. Je n’étais pas surpris de l’être à l’autre bout de l’île. Sur ce versant, les fleurs étaient violettes, mais dégageaient toujours la même odeur. Je ne ressentais ni la faim, ni la soif, encore plein du parfum des hommes-feuilles de rose. Je marchai longtemps sur le sable pour retrouver ma barque, j’attendis la marée qui me porterait vers l’ouest. Je n’oubliai rien de cette île, de ce rêve. Qui revient me visiter, au solstice d’été, quand les nuits sont chaudes, la lune grosse et les étoiles lourdes dans le ciel. Quand des plantes odoriférantes, le jasmin étoilé et le chèvrefeuille, la clématite et le sureau, s’entêtent à me faire croire qu’elles aussi peuvent se transformer. Mais leur parfum doucereux m’est amer : elles ne parviennent qu’à me rappeler le seul regret de ma vie : être parti de cette île magique sans un bouquet, sans un oignon.

Note pour Sauvage Bocage, en passant devant cette devanture d’Ombres blanches :

Note pour la suite de La mouche de Schopenhauer (en lisant je crois Rose2rage de Théophylle Dcx) :

Au marathon des mots samedi :

J’ai discuté avec Dahlia de la Cerda et c’était cool. Mais j’ai surtout échangé avec son éditrice aux Éditions du Sous-sol et j’ai noté son contact.

J’ai aussi pu rediscuter avec un auteur suisse, Mathias Howald, que j’avais rencontré à Paris en octobre. C’était cool de le revoir (il est sympa et beau haha). Avec Agnès on discutait en fin de repas d’un projet d’écriture pour cet été : on veut s’envoyer des cartes postales de lieux imaginaires, écrites par plein de personnages différents. Et Mathias nous a demandé s’il pouvait s’inclure dans notre projet et on a échangé nos adresses !!

[Edit : on ne l’a pas fait ! Il faut qu’on mette ça en place au 2nd semestre !]

Dimanche :

J’ai discuté avec Mathieu Simonet, mais surtout avec Vincent Almendros. Que j’ai trouvé très sympa, intéressant… et intéressé. Alors qu’on parlait de l’usage des temps du passé pendant la rencontre, il nous a demandé à Eva et à moi si on écrivait nous aussi au passé simple/imparfait. Après la rencontre, on a pas mal discuté de son livre, mais aussi de mes projets, des éditions de Minuit et de Jean-Philippe Toussaint. Je n’ai pas osé lui parlé du texte que j’avais écrit pour Jimmy, mais comme Florence m’a dit que je ne devrais pas hésiter à lui écrire et lui faire lire quelque chose (elle a dit que le courant était très bien passé), je vais sans doute le lui envoyer.

[Edit : je lui ai écrit et il a accepté de lire mon texte, que je lui ai envoyé.]

Entre la recherche d’appart, le déménagement et le séjour de S.M., je n’ai eu le temps de rien (même pas vraiment de lire, c’est pour dire !). Quelques notes en vrac dans mon téléphone :

Mais j’ai atterri à Berlin hier et je viens de préparer un plan pour mes vacances : le matin j’écris et seulement si ça a été le cas, je peux faire ce que je veux de mon aprem (c’est-à-dire travailler à mes projets couture/broderie). Voici le planning :

Ça m’a pris pas mal de temps, mais j’ai enfin fini la « nouvelle pour Kévin« , qui s’appelle maintenant Au pluriel et à l’ordre public. Je vais la relire plusieurs fois, avant de l’envoyer à Pourtant début septembre.

En discutant avec Becky hier je me suis rendu compte que je ne devrais pas travailler à la suite de La mouche. Je patauge pas mal, et puis j’ai d’autres choses à écrire. Je devrais me consacrer à mes deux projets. Laisser celui-là en l’état pour l’instant, j’y reviendrai plus tard, quand je serai prêt à l’écrire.

J’ai imprimé tout ce que j’ai pour Sauvage Bocage et tout relu. Je suis content de ce que j’ai écrit. J’ai très très envie de continuer, même si je n’ai pas le temps cette semaine. En attendant, j’ai corrigé quelques trucs et pris des notes pour la suite (la partie La renaissance du chou-fleur).

Je n’écris pas, mais je prends des notes. Pour ce que je suis en train d’écrire :

Et pour un nouveau projet ?

Et j’ai vu deux films (Crossing de Levan Akin et Dìdi de Sean Wang) qui traitent très bien la question des langues dans une œuvre artistique (entres autres). Dans Dìdi la grand-mère ne parle que chinois, les enfants parlent principalement anglais (sauf parfois à leur mère) et la mère parle principalement en chinois (sauf quand elle utilise des mots anglais, ou veut dire des choses trop difficiles sans doute à dire en chinois). Dans Crossing, les personnages Géorgiens ne parlent que géorgien, les personnages Turcs turc. Sauf exceptions pour essayer de se comprendre, avec des passages à l’anglais approximatif. Dans les deux cas ça sonne naturel, et donc ça l’est en regardant les films. Il faut que je parvienne à faire la même chose dans Sauvage Bocage.

Weekend à Leipzig. Dans le train, j’ai continué de réfléchir à cette nouvelle histoire parentale. À la Pride Ball, je me suis dit que :

Au musée, j’ai pris cette note :

C’était lié à cette découverte :

(Ce tableau là est de Max Slevogt, Rotdorn mit kleinem Wagen, 1918).

Et j’ai eu une nouvelle idée de courte histoire hier matin :

J’ai commencé à l’écrire ce matin. Je pense avoir trouvé le bon ton, il faut seulement que je continue. Qu’est-ce que j’en ferais ? On verra bien.

Retour des vacances, notes engrangées, en vrac :

Hier soir, au concert d’Altin Gün au Bikini avec Jade Kévin et Luce.

J’ai adoré la première partie – Dïbra. Ça m’a rappelé que je voulais écrire une nouvelle de SF barrée qui se passerait pendant un concert. Et ça m’a donné quelques autres idées :

Et il y a eu une chanson d’Altin Gün que j’ai trouvé très intéressante (il faut que je la retrouve). Parce que le rythme était très étrange. C’était assez rapide et puissant dans la musique, et puis tout d’un coup le chanteur commençait à chanter et cassait le rythme (j’ai l’impression que d’habitude en musique, les instruments ralentissent ou pausent avant, pas juste après, comme s’ils étaient rappelés à l’ordre par le chanteur). Je me dis que ça peut être un truc intéressant à garder à l’esprit pour réfléchir au rythme dans l’écriture aussi.

Rentrée, et je sens déjà que le premier cours va être passionnant. Art et écologie, on va étudier pas mal d’ouvrages et de concepts que je pourrais sans doute réutiliser pour mes projets. On a déjà mentionné plein d’auteurices important·es pour moi (Vinciane Despret, Donna Haraway, etc.). Le principe même de pollinisation, comme l’interprête la prof d’aujourd’hui pourrait peut-être m’intéresser pour Sauvage Bocage.

Pendant que le plombier s’active dans ma salle de bain, plutôt que de lire ruines-de-Rome de Pierre Senges sur mon balcon (dont Sophie Lécole Solnychkine nous a parlé lundi), j’observe un merle dans le parking en bas de chez moi. Et j’écris ce passage pour Karim dans Ils est vilaine.

En attendant la livraison de mon canapé, je réfléchis à ce qu’on doit faire cette année pour le cours de Stylistique avec Stéphanie Smadja sur « Les écritures alternatives de la recherche » :

Et finalement je me dis que je partirai plutôt sur des recherches sur la faune de la Mer des faluns (Miocène), pour réfléchir à la faune de la mer de Bretagne dans mon projet Sauvage Bocage. Je vais utiliser ce doc pour noter où j’en suis sur mes recherches.

Le soir, je lis Péquenaude de Juliette Rousseau. Gros gros écho en moi. Pour la première fois de ma vie je crois bien, ça me donne envie d’écrire un truc plus perso – en tout cas ça m’y fait y réfléchir.

Notes prises pendant la rencontre à Terra Nova :

Atelier d’écriture avec Lydie Parisse. On a lu le tout début de Juste la fin du monde de J-L Lagarce. Elle nous a ensuite demandé d’écrire un polylogue reprenant le même ordre de répliques que dans l’extrait étudié. Je ne sais pas du tout d’où cette histoire m’est venue. Je savais juste que j’avais envie qu’un des personnages raconte une histoire et que les autres le laisserait la raconter, mais je ne savais pas du tout ce qu’il raconterait. Je ne sais toujours pas ce que ça va donner ensuite. Mais j’ai bien envie de la continuer.

Jade mentionne la couleur « gaude » :

Exercice de pastiche avec Floriane Blanchot. On a lu et étudié un passage d’une autre pièce de Lagarce : J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne. On a analysé ce qui faisait Lagarce dans ce texte avant de mettre tout ça en place dans un pastiche. J’en suis pas très content, mais je me dis que ça peut être une base de travail à réutiliser pour un/des poèmes de Mégane dans Ils est vilaine.

Surtout, je me suis rendu compte en voulant pasticher Lagarce que peut-être que j’étais déjà un peu trop influencé par lui. C’était difficile parfois de voir ce qui était vraiment Lagarce et ce qui était moi – il y a pas mal de choses qu’on fait tous les deux, que je lui ai sans doute prises, sans m’en rendre compte.

Je me dis que ça va être très intéressant ces exercices de pastiches avec Floriane, pour mieux comprendre ce qui dans « mon style » est vraiment de moi, ou ce que j’ai pris à droite à gauche et dont je pourrais peut-être me passer.

Je suis allé emprunter la pièce à la BU : celle-ci, je ne l’avais pas encore lue.

En cours de préparation à la rencontre d’auteurices avec Erika, j’ai écrit un peu (et réécrit beaucoup) pour Ils est vilaine. Bouh ! En vrai c’est parce que c’est le début et qu’on parle surtout organisation de Lagrasse, donc je me suis dit que je pouvais me le permettre.

Réécriture de ce que j’ai écrit en cours avec Floriane Blanchot. Plus suite de l’épisode du merle. Plus un peu d’Olivia avec les livres qui s’impriment dans les corps. Tout ça n’est pour l’instant qu’ébauche (c’est pour ça que c’est en rouge). Je laisse macérer un peu et j’y reviendrai.

Textes écrits pour le cours de Stéphanie Smadja, où il fallait écrire à la manière de Duras et de Benveniste. J’avais d’abord écrit un texte hybride, un peu entre les deux, qui ne fonctionnait donc pas. Aucune idée d’où je sors cette idée d’artichauts, mais j’aime bien ce que c’est devenu (et je me suis rendu compte que les artichauts ne fleurissaient pas, parce qu’évidemment on les mange avant, donc j’ai dû tout réécrire). J’aime bien que le deuxième texte réponde au premier, et qu’il me soit venu d’une erreur et de recherches pour la corriger. Je me demande même si je reviendrai pas dessus plus tard, l’étoffant, et en faire une vraie nouvelle, qui alternerait les deux types de discours. Ça serait marrant.

En me couchant, j’ai pensé à quelques trucs (quand j’écris ou lis le soir, j’ai souvent le cerveau en ébullition quand je vais au lit) :

Ce matin, en cours avec Stéphanie Smadja, j’ai essayé de commencer le récit d’Ivon, au début de la deuxième partie de Sauvage Bocage. À retravailler, mais j’ai bien envie de partir là-dessus (j’étais un peu bloqué sur cette deuxième partie). L’idée c’est d’utiliser les recherches de paléo-biologie de la mer des Faluns au Miocène pour écrire sur la mer de Sauvage Bocage. En faisant des recherches, je suis tombé sur l’idée de transgression/régression, que j’ai évidemment envie de creuser dans l’écriture.

J’ai invité Simon, Jade, Antho et Marta a passé à l’appart pour écrire. Avec Simon on a pas mal parlé de nos projets théâtre. J’ai donc réécrit la fin de ma scène 2 du texte de Lydie (pas encore de titre). J’ai supprimé la mention des toilettes, qui ancraient trop le texte dans un lieu (un bar). Je préférai qu’on reste flou, qu’on sache juste qu’il sort. Et j’ai modifié le monologue de Léon qui ne me plaisait pas du tout. Je suis satisfait du nouveau. Les passages barrés sont des suggestions de Lydie (je suis d’accord, c’est inutile).

À la soirée Zazas chez Jade, j’ai discuté avec Kévin de l’escapade à Albi avec S.N. Je lui rappelai l’idée que j’avais eu d’écrire une nouvelle, où un narrateur raconterait des dates à Albi avec trois mecs différents. Je voulais une histoire de SF avec une histoire de métavers, genre on se rencontre en ligne à Albi – et on fait plus ou moins les mêmes choses avec les trois dates. Kévin m’a demandé : pourquoi le métavers ? pourquoi ne pas avoir des vrais dates ? Et j’ai compris que c’était pour me protéger, pour ne pas parler de mes vrais dates à Albi, avec S.M., puis avec S.N.

Plus tard, j’ai lu des extraits de la deuxième partie de Sauvage Bocage que je suis en train d’écrire. Et voici les retours que j’ai pris en note :

J’ai aussi discuté avec Kévin de l’idée d’une thèse en recherche-création. On s’est donné rendez-vous pour en parler plus en détails.

En cours avec Lydie, j’ai écrit la scène 3.

Atelier avec Camille Readman Prud’homme. Elle nous a fait travaillé sur des listes, ce que j’ai trouvé très intéressant, parce que c’est un exercice que je n’avais jamais fait. Voici les textes que j’ai écrit. J’aime particulièrement le dernier. Je me dis que ça pourrait faire partie des écrits épars qui pourraient constituer Country Queen.

Plus tard, en terrasse du bar Saint-Aubin, Kévin m’a dit qu’il avait lu Au pluriel et à l’ordre public, ainsi que les brouillons et étapes de création. On en a discuté et il m’a dit plusieurs trucs, dont :

  • les perso autres qu’Anjela ne sont pas développés mais c’est pas vraiment un problème
  • il faudrait peut-être creuser sa relation avec sa mère
  • il m’a demandé si c’était fini ou non, n’aurait pas été contre que ça soit plus approfondi

Chez Floury Frères, j’ai acheté le livre de Camille Readman Prud’homme. C’est marrant, parce qu’en cours avec Jimmy l’année dernière, puis en parcourant l’exemplaire d’Agnès, j’avais pas vraiment accroché. Mais l’entendre parler de sa démarche, et surtout peut-être l’entendre lire avec son rythme et son accent, m’a donné très envie de lire quand je ne dis rien, je pense encore. Tout ce qu’elle dit sur la parole, sur le fait de se taire, de ne pas avoir envie de parler, etc. fait évidemment écho à mon travail – surtout dans Ils est vilaine – sur l’incapacité des personnages à dire les choses. Et les artifices mis en œuvre. J’espère qu’elle parviendra à terminer et publier Pendant se taire, que j’ai très envie de lire.

Je voulais retravailler le début de la partie 2 de Sauvage Bocage dans le train ce week-end mais j’ai surtout dormi (et lu des textes d’Agnès, Enola et Simon).

En rentrant à Toulouse j’ai décidé de sécher le cours (est-ce qu’on dit encore ça en 2024 ?) de Laura. Et j’ai écrit le début d’un texte pour le projet avec Jade. On s’était dit qu’on essayait tous les deux d’écrire la première scène, pour voir avec quel perso on se sentait le plus à l’aise. On se retrouve mercredi aprem pour en discuter.

Je suis à la médiathèque : maintenant, plus d’excuse, il faut que je me mette à SB partie 2.

J’ai travaillé à la BU. Je voulais absolument me replonger dans SB et voir ce qui n’allait pas avec ce début de 2ème partie. J’ai retrouvé mes notes pendant la rencontre avec Camille Readman Prud’homme et ça m’a mis sur la voie : il faut qu’il y en ait un des deux qui n’aime pas trop les adjectifs, et l’autre qui en abuse.

Voilà ce que ça donne pour l’instant. J’ai coupé Ivon et étoffé Fañch (j’ai gardé la version antérieure dans un autre doc, je ne veux plus rien perdre, il y aura peut-être des bouts de trucs qui pourraient resservir ailleurs plus tard), j’ai repensé certaines scènes et en ai inventées d’autres. Travail à continuer…

Avant la soirée Zaza, j’ai retrouvé Kévin pour discuter du projet de thèse. Ça commence peut-être à mener quelque part. Voici les notes que j’ai prises à la volée pendant qu’on discutait :

J’ai emprunté Éloge de la haie de Sonia Feertchak à la médiathèque. Aujourd’hui je me demande si je ne devrais pas élargir au bocage en général ? Haies + cultures ? Pourquoi ? Est-ce que j’ai peur de manquer de matière ? Je vais commencer par lire des trucs sur les haies (biologie, agriculture, socio, philo) et on verra.

En pause ce matin, j’ai continué à travailler sur le début de la partie 2 de SB. Voilà où j’en suis. Pendant que Jade relisait à côté de moi la première partie. Ce qui était assez perturbant.

Cours avec Lydie, nouvelle consigne : Monologue autour d’un objet choisi en classe. Faire remonter le passé (un souvenir) dans le présent. Avoir la matérialité, l’aspect physique de l’objet dans le texte.

Voici l’objet choisi :

Voici le texte qui en est sorti.

Le soir, je lis Je t’ai donné des yeux et tu as regardé les ténèbres d’Irene Solà et je trouve ça incroyable.

  • parce que c’est très beau ;
  • parce qu’elle mêle très bien légendes locales, lieux, descriptions de la montagne et joue avec le catalan et le castillan ;
  • parce qu’elle a l’air de se moquer de savoir si lae lecteurice va réussir à suivre ou pas > mais j’imagine qu’au contraire c’est savamment dosé.

Suivi d’écriture avec Floriane. On en sait enfin plus (et de façon assez carrée) sur notre rendu. Elle nous demande également de commencer à réfléchir à notre note d’intention. Je trouve ça génial comme exercice, voici ce que j’ai résumé pour le moment :

Floriane pense que ça se tient de présenter les deux projets en fin de M2, parce que finalement c’est peut-être un seul et même projet traité de deux façons différentes (ce que m’avait déjà dit Sarah).

Rencontre à Terra Nova avec Mickaël Tempête pour La gaie panique. J’ai trouvé ça assez inintéressant, du coup avec R.H. on est ressorti pour aller boire à la place.

J’ai préparé une note pour le cours de Stéphanie Smadja. Ça m’a aidé à y voir plus clair sur le projet.

Dans le cours avec Stéphanie Smadja on a toustes présenté où on en était à mi-parcours avec nos projets d’écritures alternatives de la recherche. Je me suis rendu compte que je n’étais pas satisfait de ce que je faisais > pour le cours > et donc pour le début de la partie 2 de SB. Juste après le cours, j’ai repensé tout ça :

Dans la foulée, j’ai écrit un premier jet.

Cours avec Lydie. J’ai écrit une nouvelle scène. La consigne était : une femme a commencé à forer un trou dans le crâne de son mari pendant qu’il dormait. Imaginer un discours de parole autour de ce fait divers. Forme libre. Suggestions : ça peut être un perso qui raconte le fait divers à un autre perso. ça peut être un récit fait par bribes empêchées. ça peut être la femme ou le mari qui parle devant le tribunal.

Je suis content d’avoir réussi à l’intégrer à ma pièce en cours ; et je suis content de certains passages. Mais je réécrirai sans doute la scène.

Pour le 30 octobre, je dois envoyer à Floriane là où j’en suis sur Sauvage Bocage pour préparer le suivi (elle veut tout lire + une à deux pages à étudier en cours). Je dois aussi envoyer une trentaine de pages d’Ils est vilaine à Frédéric pour un autre suivi (j’ai choisi IEV pour Fred parce qu’il a déjà lu les 30 premières pages l’année dernière). Et je dois aussi envoyer quelque chose à Chloé.

Plan pour les vacances :

  • Retravailler le premier jet sur les transgressions et régressions marines > ce sera la page à étudier en cours pour le suivi avec Floriane ;
  • Relire tout SB suite aux notes de Jade et Agnès ;
  • Relire, choisir (et réécrire ?) la trentaine de pages que je veux envoyer à Fred ;
  • Choisir un passage pour Chloé > peut-être celui que j’avais envoyé l’année dernière pour voir les changements que j’y ai apporté depuis ?
  • Avancer sur le projet de thèse ! Il faut que je prenne le temps de réfléchir et définir mon sujet.
  • Écrire les deux chapitres du projet avec Jade !

Ça fait beaucoup, et je sais déjà que je n’aurais pas le temps de tout faire !

Je suis content : j’ai bien mieux avancé que je ne pensais sur Sauvage Bocage. Je viens d’envoyer le mail à Floriane et la promo. Voici la nouvelle version.

Après avoir envoyé le texte, je suis tombé je sais plus où sur ce nom de libellule, que je réutiliserai – évidemment – pour un passage de Fañch dans SB :

J’ai enfin avancé dans l’écriture d’Ils est vilaine. J’ai 28 nouvelles pages que j’ai envoyées à la promo et à Fred. J’ai écrit beaucoup dans l’urgence (j’ai relu mais j’ai pas fait de véritable travail de réécriture) donc on verra ce que ça donne. Je suis pas sûr que tout fonctionne. Retours le 14.

Après l’envoi, j’ai pensé à ça :

Pendant le suivi des écrits d’Anto et de Jade, certaines questions m’amènent à douter de trucs sur mes propres projets :

J’ai lu Les corps caverneux de Laure Gauthier avant Lagrasse, qui ne m’a pas du tout touché. Sauf une page :

Le weekend à Lagrasse était trop bien ! Premier jour : rencontre avec Sabrina Calvo et Laure Gauthier au top ! C’était tellement stimulant de les écouter ! Le soir, au karaoké, j’ai chanté avec Ariane Tapp, qui est en résidence à Lagrasse. Samedi matin : je suis content d’avoir lu un extrait de Au pluriel et à l’ordre public devant les gens.

Puis j’ai mangé en face de Laure Gauthier, avec qui on a beaucoup parlé haies et bocages. Dans son dernier projet d’écriture, elle travaille aussi là-dessus (pour elle le bocage normand). J’ai pris son adresse mail. Et puis après, j’ai discuté avec Mathias Echenay. Du fait que je voulais envoyer SB à La Volte quand il sera terminé, parce que l’idée est née d’une nouvelle écrite pour un appel à textes de La Volte. Il m’a donné son adresse mail pour que je lui écrive quand je suis prêt. Ça me motive trop à finir cette histoire ! En fin d’aprem, Xabi Molia m’a donné envie de lire son livre alors je l’ai acheté.

Hier et aujourd’hui j’ai travaillé à mon idée de texte de SF sur la parentalité. Il s’appelle maintenant L’embrassade du Japon. Voici ce que j’ai écrit pour l’instant (que je pense lire ce soir à la soirée Zazas).

Hier, je suis passé chez Jade pour parler avec elle de ses doutes et interrogations sur le projet avec Mémoires ancrées. On a aussi parlé d’IEV en avant-première, qu’elle avait lu d’une traite la veille. Voici ses retours :

Et je ne sais plus quand elle a dit ça, mais j’ai trouvé ça tellement révélateur comme expression que je l’ai notée :

Après la rencontre trop bien avec Irene Solà à Ombres blanches, on est allé chez Jade pour une soirée Zazas. Un peu spéciale, parce que Kévin avait invité le poète Felip Costaglioli. C’était super super chouette ! J’ai trouvé qu’on s’écoutait trop bien et que les retours étaient très constructifs.

Et j’ai discuté avec Kévin de la thèse. Je lui ai montré cette note :

Et on a rediscuté du fait qu’il me manquait un pan théorique à la haie. Le fait que je pense travailler sur Les amants de Mathurin en projet de créa a semblé lui plaire. C’est après la lecture de mon texte par les autres et la remarque de Simon sur mon rythme, qu’il m’a dit qu’il y avait quelque chose là à creuser.

Suivi d’écriture avec Fred. J’ai pris en notes tout ce que tout le monde m’a dit :

Ça m’a totalement refait ! C’était trop cool ! J’ai hâte de continuer – j’ai même hâte de finir. Pour la première fois. Parce que j’ai envie de savoir si le tout marchera.

J’ai fait une petite sieste et en m’endormant, je repensais à ce que Fred me disait. J’ai eu une idée : dans le lotissement de Mégane, il y a une meuf dont la fille a l’âge de Dorian. Elle fait aussi de la danse classique et sa mère l’emmène en voiture chaque semaine à Rennes. Depuis que Mégane n’a plus de voiture, la voisine l’emmène aussi ? Cette femme a été impliquée dans les manifs pour tous, avant de changer d’avis dix ans après. Elle repense à ça pendant 3 trajets qui entrecoupent les 4 parties (sa fille lui parle à peine – ado phase chiante – et elle n’ose pas parler à Dorian – elle n’ose en fait pas le regarder). Partie I // Saint-Brice > Rennes // Partie II // Rennes > Saint-Brice // Partie III // Saint-Brice > Rennes // Partie IV. Il y aura des réflexions sur la route, le paysage, et tout ce qui lui passe par la tête pendant qu’elle conduit > elle passe devant le collège privé et réfléchit à l’éducation de ses enfants. Elle arrive dans le lotissement et voit le voisin/mari violent et repense au fait qu’avant, ils se fréquentaient, etc.

Hier soir, je suis allé écouté Juliette Rousseau à la librairie Paysages humains. C’était beau et émouvant. J’ai pris beaucoup de notes et fait dédicacer mon exemplaire de Péquenaude :

Et cet aprem il y avait la fin d’un colloque sur les marges à Ombres blanches. J’ai pas trouvé ça passionnant mais j’ai quand même pris quelques notes :

J’ai été malade ce weekend. J’ai terminé La vie ou presque de Xabi Molia qui m’a beaucoup plu : j’ai beaucoup ri. J’ai envie d’analyser la façon dont il dissémine cet humour (je pense que ça passe par le ton du narrateur, le rythme des phrases et les ellipses) pour réutiliser ça dans une nouvelle. C’est pas quelque chose que je veux garder, c’est quelque chose avec lequel je veux jouer. Puis j’ai lu Propriété privée de Julia Deck que je n’ai pas aimé : je crois justement que je n’ai pas été sensible à son humour.

Ceci dit, à la rencontre hier au CLAP elle m’a donné envie de lire Ann d’Angleterre. Même si le sujet est très différent (c’est une autobiographie), elle disait que la structure et le ton étaient ce qui faisait que c’était un livre d’elle. Je le lirai. J’en profiterai pour essayer d’analyser ce ton et cet humour pour comprendre pourquoi il ne me plaît pas. J’ai trouvé par contre tout ce qu’elle disait de son parcours d’écrivaine passionnant.

Hier aprem, pendant le cours de Laura, on a fait un exercice que j’ai trouvé très difficile, et très intéressant. Il fallait écrire le synopsis de nos projets. Voilà ce que j’ai réussi à écrire en une heure :

Je me suis rendu compte de plusieurs choses :

  • beaucoup de choses restent à définir concernant la fin de IEV : j’inventais presque au fur et à mesure hier (en tout cas je prenais des décisions que je n’avais pas encore arrêtées avant) ;
  • il me reste plein de trucs à éclaircir dans SB (2e et 3e partie, c’est ça d’être un « écrivain à processus » !) ;
  • il se passe finalement très peu de choses dans SB. Et c’est aussi très léger, ce qu’il s’y passe (dans le sens de : je n’ai pas envie de m’attarder sur les événements). Mais je crois que c’est justement ce qui me plaît : le côté conte où finalement ce qui compte c’est ce qui advient des personnages ;
  • la fin arrive très vite, et fait un peu flop. Je me souviens que c’était ce que je voulais (ou alors que je n’arrivais pas à écrire autre chose ?). En tout cas je m’en étais satisfait. En suis-je encore content ? Je repense à la fin que j’avais trouvé trop bizarre du premier tome de Terremer, qui tombe un peu comme un soufflé, qui m’avait laissé sur ma fin. Et puis je m’étais dit qu’en fait c’était la meilleure façon de refermer le livre. À voir quand j’en serai là.

Et dimanche soir c’était le concert de Zaho de Sagazan. C’était très bien, même si je n’étais vraiment pas en mesure d’en profiter pleinement. Je suis un peu triste.

Je suis allé voir The Substance avec Enola. C’était incroyablement gore, j’ai dû me cacher plusieurs fois les yeux. Mais c’était aussi une des expériences de cinéma les plus folles de ma vie. J’en ai retenu : il faut aller jusqu’au bout de ce qu’on veut faire. Autant dans l’image, le son (le style), que les dialogues et l’histoire. N’avoir peur de rien. Ce qu’on veut faire, on doit le faire jusqu’au bout. Quitte à choquer.

Ortho-typo avec Chloé. Je suis passé sur ce texte de la deuxième partie de SB. Voici les corrections :

Le midi, j’ai mangé avec Agnès. On a beaucoup discuté d’IEV. Je me suis dit :

  • que l’idée de la voisine était bonne, mais il faudra que je sois très bon, ça va pas être facile. Je voudrais qu’elle soit infirmière libérale (dans le soin), mais tout en bas de l’échelle > je veux pas qu’il y ait que les gros prolos qui soient homophobes et fascisants. Elle passera chez Olivia pour aider avec sa grand-mère.
  • que dans la partie de Dorian, il ne parlera pas de ressentiments avec sa mère. C’est pas une ligne de crête sur laquelle j’ai envie de m’aventurer (+ on a assez de colère envers la mère avec Olivia).
  • il faudrait peut-être que je parle avec mon père avant > pour savoir exactement jusqu’où je veux aller dans cette partie > tout ce que Dorian dira clairement et sans ambiguité.
  • Agnès m’a conseillé de regarder cette vidéo sur arte.
  • et de lire Les variations Goldberg de Nancy Huston.
  • Comment finir les histoires ? Je crois que je préfère que :
    • la 4ème partie se passe plusieurs années plus tard
    • son père éventuellement ait eu le temps de se remettre en question
    • Olivia et Mégane ne soient pas en couple, mais très très bonnes copines
    • Karim et Yannick ont pu discuter. Karim n’a pas envoyé le cahier à Yannick, mais ça a débloqué quelque chose en lui et ils ont pu enfin parler ensemble. Se remettent-ils en couple ?
  • que j’aimerais que ça fasse un peu l’effet du dernier épisode de Six Feet Under: que ça soit beau et triste à la fois. Le revoir une millième fois pour analyser comment c’est construit.

Suivi avec Floriane. Voici mes notes :

Je suis content parce que la première partie fonctionne très bien, et qu’il n’y a que quelques petites choses à réécrire/revoir. Je suis aussi content que la forme de la deuxième fonctionne. Et quand Floriane a dit qu’il manquait un événement à la fin de la première partie ma réaction a tout de suite été : Évidemment ! Je suis tout à fait d’accord. J’ai hâte d’écrire cette scène. Je veux quelque chose de spectaculaire qui fasse aussi pétard mouillé. Et pour la deuxième partie proprement dite : je pense qu’il faut que je me concentre sur l’essentiel : suivre Ivon et Fañch doit nous permettre de comprendre Gwenn et Rouj. C’est à elleux que les lecteurices s’identifient. La 2ème partie n’est qu’une très longue parenthèse. Dans laquelle je m’éclate, mais attention à ne pas perdre les lecteurices (nouveau ton, nouveaux perso, nouvelle histoire : ça peut faire beaucoup).

Agnès et Jade insistent :

Dans le cours d’Art et écologie ce matin, j’ai pris plein de notes. C’était un cours sur les cinémas expérimentaux autochtones et les pratiques chamaniques, par Elio Della Noce. J’ai noté des trucs qu’il faudrait que je lise :

  • La communauté terrestre, Achille Mbembe
  • Métaphysiques cannibales, Eduardo Viveiros de Castro
  • Through Navajo eyes, An exploration in Film communication and anthropology, Sol Worth & John Adair
  • Comment pensent les forêts, vers une anthropologie au-delà de l’humain, Eduardo Kohn

et surtout j’ai pensé à des choses pour SB :

Nouveaux pastiches en cours avec Floriane sur Samuel Beckett. Le deuxième ne me plaît pas du tout. Mais l premier oui, j’ai envie de le garder en tête pour en faire quelque chose plus tard.

Nouvelles idées notées pendant le cours d’Art et écologie :

Texte écrit (et retravaillé plus tard) pendant le cours de Mise en voix avec Philippe Chométy : Dans la forêt (le titre changera).

On sent l’influence du cours Art et écologie. En fait même, a posteriori je me dis que ça fait très réutilisation de trucs vus en cours (Tsing, Haraway, « la seconde nature », l’hybridation, etc.) et recrachés dans un poème. Ceci dit, il me plaît quand même. Je continuerai de le travailler pour pouvoir le lire à Novo Futur.

Dans le métro avec Jade, discussion sur l’exercice de pastiche de Pascal Quignard de vendredi dernier (texte ici). Je lui disais que j’avais bien envie de réutiliser ça dans la narration d’Annabelle Dembélé pour Marginalia. Mais Jade m’a fait remarquer que ça marcherait plutôt pour des extraits du livre de Rose Gauthier. Son texte aurait été écrit sous cette forme aphoristique – ce qui aurait participé à son discrédit. Il faut qu’on garde ça en tête – pour quand on pourra enfin s’y mettre.

Sous la douche, j’ai enfin trouvé comment écrire le texte pour Stéphanie Arc :

Dans le cours de stylistique de ce matin, on a écrit des bouts de textes sur le même thème dans différents genres. J’ai trouvé cet exercice super intéressant et que j’avais envie de réutiliser des trucs : peut-être poursuivre la pièce de théâtre ?

Et le début de roman me plaît aussi. Je me prends à rêver : est-ce qu’il pourrait y avoir un quatrième tome à Sauvage Bocage ? Qui raconterait l’histoire de cette chercheuse et sa relation avec la mer ?

Haha pourquoi un quatrième tome ? Je m’emballe, ça pourrait en fait être le début du troisième tome. J’aime beaucoup l’idée que les trois sont liés, qu’il y ait une sorte de réécriture du même texte, même si les trois tomes varieraient quand même beaucoup. Diraient des choses différentes.

J’ai enfin écrit le texte pour la deuxième consigne de Stéphanie Arc.

Sur le chemin du retour après le cours d’Art et écologie de ce matin, j’ai eu l’impression que tout s’est enfin relié dans ma tête et j’ai travaillé sur mon projet de thèse et son plan. Je ne sais pas si je tiens enfin le bon truc (j’ai l’impression en tout cas, et ça me donne très très envie de travailler) ou si c’est l’état fiévreux dans lequel je me trouve qui me fait croire que je ne suis pas à côté de la plaque. J’en parlerai avec Kévin et Luce demain. En tout cas, ça me fait beaucoup moins peur d’un coup (le côté théorique), parce que j’aurais envie de travailler sur ce corpus. Ça sera très difficile, mais au moins j’aurais la motivation de le faire.

Je n’ai rien fait pour Stéphanie Smadja : j’alternais entre penser que j’allais garder ce que j’avais fait jusqu’à présent et penser que je ferais mieux de tout jeter et reprendre à zéro à partir de la pièce de théâtre. J’y re-réfléchirai demain.

Je suis malade en ce moment. J’en profite pour lire. Hier j’ai fini Les sentiers de neige de Kev Lambert. J’ai trouvé ça très beau et très juste. C’est un des meilleurs livres que j’ai lu sur l’enfance, vue par l’enfance. Toute la réflexion sur l’imagination et l’influence des jeux vidéos m’a beaucoup plu. J’ai l’impression que c’est aussi son livre le plus québécois pour l’instant.

Le soir j’ai regardé A monster calls de J. A. Bayona, qui a fait écho à ma lecture. On retrouve des thèmes similaires : le fait de devoir affronter ses démons via l’imagination pour aller mieux. J’ai trouvé ça beau là encore dans la façon dont c’était fait.

J’ai également regardé des documentaires Arte sur le langage des animaux, et j’ai pris quelques notes. À creuser :

Et j’ai enfin pris le temps de lire Le culte des racines et l’Europe des régions de Françoise Morvan. Tant de choses que je ne savais pas sur l’indépendantisme breton ! Il faut que je lise son livre (Le monde comme si). Je me suis dit plusieurs choses à la lecture :

  • je ne vais pas apprendre le breton pour les autres tomes > il y aura très très peu de breton : le but c’est de parler gallo (le gallo n’impliquant pas un repli identitaire, puisque c’est une langue latine + le gallo n’a pas été unifié, n’a pas été épuré dans le but de l’enseigner à des fins identitaires) ;
  • je ne veux aucun symbole breton (gwenn ha du, hermine, ajonc…) inventés par les indépendantistes ;
  • j’aimerais que le tome 3 soit à la fois dans le futur (par rapport à Gwenn et Rouj, peut-être une ou deux générations plus tard, et qu’on doive y régler des questions d’immigrations sur l’île, de repli identitaire etc.) et dans le passé (très lointain, juste avant que la Bretagne devienne une île – ou pendant – avec une océanographe qui alerte sur ce que lui dit la mer, et qui ne voit pas ce qu’il se passe sur Terre : l’autonomie fascisante grandissante de sa région). Ça voudrait dire que l’île du tome 2 hérite de ce passé indépendantiste – à quoi ressemblerait cette société ?

Ça va enfin mieux, je me suis remis au boulot. J’ai pris le temps de relire tout ce site pour faire une liste de ce que je veux ajouter/changer pour chaque projet. Voici ce que ça donne pour IEV :

Et pour SB :

J’ai commencé à travaillé à IEV parce que c’est le plus urgent (ce que je veux finir avant et présenter en fin de M2 + je passe avec Floriane fin janvier). J’ai écrit au CGLBT de Rennes pour leur demander si iels avaient des archives de 2012-2013 (tracts manif pour tous, tracts contre-manif). J’ai préparé un tableau pour définir les différents temps du récit et l’âge des personnages :

Hier soir j’ai recommencé à joué à Pokémon. Ça fait un petit moment que l’idée me titille, j’ai appris hier que ça coûtait hyper cher maintenant d’acheter une gameboy et un vieux jeu Pokémon d’occasion (parce que c’est vintage et cool). Mais Simon m’a dit que je pouvais toujours trouver un émulateur pour jouer sur mon PC. Ce que j’ai fait. Pokémon bleu. Pendant 4 heures !

Mais ce matin, ça m’a donné une idée pour une nouvelle de SF :

Et ce matin, pas de Pokémon, j’ai écrit. Un premier jet de ce qui pourrait être le premier texte de La voisine pour IEV.

Mercredi 18 décembre :

Jade et Enola sont venues travailler à la maison. Je leur ai posé plein de questions pour pouvoir avancer avec IEV. On a changé le nom de Dorian (trop proche de Florian, je voudrais pas que les gens qui lisent mon texte se disent que ce personnage c’est l’auteur), d’abord en Valentin, puis en Robin. J’ai même fait des dictées à Jade pour mieux comprendre où j’avais envie de mettre des virgules ou pas dans les textes de Mégane. Je suis content parce que ça avance.

Au détour d’une page du dictionnaire, je suis tombé sur le mot « embocaijer » que je vais garder pour la thèse.


Mercredi 1 janvier :

Notes et images en vrac de la fin d’année :

Pendant un jour down, j’ai voulu commencé une série doudou. J’ai cliqué sur A Discovery of Witches sur Prime.

Je sais pas trop à quoi je m’attendais, mais j’ai trouvé ça nul assez rapidement. (Je dis ça mais je suis toujours en train de regarder, il y a trois saison). Ça m’a donné envie d’écrire un texte en anglais (j’ai pas encore le contenu, mais quelque chose avec des êtres qui vivent dans les livres).

J’ai enfin pris le temps de lire Quartiers libres, le livre collectif de La Volte issu de l’appel à textes « Demain la ville ». J’ai pas tout aimé (dont la dernière nouvelle de Damasio, que j’ai trouvée un peu facile), mais il y en a que j’ai adorées.

Et ça, je sais plus trop d’où ça sort et pourquoi (quelque chose dans Quartiers libres ?) :


Jeudi 2 janvier :

Hier, j’ai enfin envoyé à Laura mon dossier. Devoir finir les synopsis de mes deux projets, ainsi que les lettres d’accompagnement m’a obligé à réfléchir à certaines choses. Du coup j’ai envie de garder une trace de cet exercice ici.

J’ai également envoyé mon dossier à Erika. Quelques réflexions (notamment sur le gallo) sont peut-être intéressantes alors je garde ça là.

Le texte en question c’est ça : https://journals-openedition-org.gorgone.univ-toulouse.fr/hybrid/719

Et j’ai commencé à lire Par-delà nature et culture de Philippe Descola. À la base pour le rendu d’Art et Écologie. Mais je suis en train de prendre plein plein de notes pour SB :

Et puis j’ai regardé Edge of tomorrow. J’adore ce genre de films d’action avec de la SF, quand ils marchent vraiment bien. (Et en plus pour une fois j’ai supporté Tom Cruise !) Le seul problème pour moi c’est la fin : pourquoi ce baiser ? pourquoi c’est pas elle qui détruit l’oméga ?


Vendredi 3 janvier :

Sur le chemin pour aller chez Éno hier, j’ai enregistré des notes vocales :

Et puis finalement je n’ai pas réussi à écrire comme je le voulais. J’étais en train d’ajouter des entrées dans IEV (Karim surtout et La voisine), mais j’étais pas satisfait. Je pense que c’est parce que j’ai besoin d’imprimer le document pour avoir une meilleure idée de où va quoi, est-ce que ça fonctionne, etc. Je vais l’imprimer chez Luce cet aprem.

J’ai voulu regarder The Green Knight mais j’ai abandonné parce que je m’endormais devant. J’ai plutôt regardé District 9, qui m’a plu dans l’ensemble, même si des trucs m’ont gêné.

Puis j’ai terminé Pour Britney que j’ai beaucoup aimé. Il y a quelque chose dans l’écriture qui est fascinant, ça doit être ces virgules placées bizarrement. J’ai d’ailleurs pris une note :

Ce matin, je me suis remis à PDLC de Descola. J’ai pris plein de nouvelles notes :

Et je n’arrivais pas à me sortir de la tête le fait que les recherches que j’entreprends et ce que je lis en anthropo, si remis tels quels dans SB, pourraient être de l’appropriation culturelle. J’ai d’abord pensé que ce serait bien de lire des trucs sur les druides pour y trouver des indices montrant que les choses étaient peut-être proches à cette époque-là.

À lire : https://catalogue-archipel.univ-toulouse.fr/primo-explore/search?query=any,contains,jean-louis%20brunaux&tab=default_tab&search_scope=default_scope&vid=33UT2_VU1&facet=tlevel,include,available&offset=0

Et puis j’ai pensé aux Amis de Mathurin :


Samedi 4 janvier :

Hier aprem, je suis allé imprimer IEV chez Luce. 102 pages. J’avais besoin de faire ça pour y voir plus clair, tout relire pour :

  1. revoir les mots, les phrases qui ne fonctionnent pas
  2. revoir l’ordre des paragraphes, voir s’il en manque
  3. voir où je peux ajouter des choses que je voulais intégrer
  4. avoir une meilleure idée de l’enchaînement des paragraphes

C’est un travail long, mais ça me plaît. J’avance mieux. J’ai l’impression de savoir où je vais et d’être sur la bonne voie.

J’ai continué à lire Descola ce matin. Des passages plus hardus, et sans doute moins utiles pour moi (pour tout de suite). Je m’accroche quand même. Je veux le finir pour 1) engranger des notions utiles 2) pouvoir le citer dans mon dossier d’Art et Écologie et 3) le finir, parce que si je veux faire une thèse, il va falloir en bouffer des livres comme ça, donc autant savoir tout de suite si j’en suis capable ou pas.

Et je suis allé voir Bird au ciné. C’était très très beau. L’histoire, aussi bien que visuellement. J’ai beaucoup aimé les relations de Bailey à son père et de Baily à Bird.

J’ai relu et corrigé la dernière version d’IEV. Je suis en train de modifier des parties qui ne me plaisaient plus, d’en rallonger d’autres. Et d’écrire les dernières. Je pense que j’aurais fini ce week-end, et que je pourrais passer à autre chose.

Je suis encore en train de lire Descola, mais ça prend un peu plus de temps que prévu parce que c’est pointu, et que certains passages m’intéressent moins.

Quelques notes :

[ajouter les screenshots]

Il faudra que je lise ces deux livres, dont Jade vient de me parler :

Je pense que ce court texte pourrait m’aider à avancer avec la pièce pour Lydie.

[Edit : j’ai feuilleté le livre et ai lu cet entretien. Oui, ça va m’aider pour Lydie, mais aussi pour Art et écologie. Et sans doute aussi pour la thèse, comme d’autres pistes lues dans l’ouvrage collectif.]

Lire donc aussi : https://journals-openedition-org.gorgone.univ-toulouse.fr/rsh/979 et https://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_2019_num_105_1_2963 que Jade m’a envoyés.

Et ce numéro de revue que j’ai emprunté :

Pour IEV, il ne me reste plus qu’à écrire le troisième texte de la voisine, relire le tout, et je suis prêt à envoyer les 3 parties terminées pour Floriane et la classe. Après, je pourrais me mettre au dossier pour Art et Écologie, et enfin à la pièce pour Lydie.

Notes depuis janvier :

(une nouvelle que je veux écrire)

Et pour IEV :

Et pour SB, après avoir écouté l’émission du Bookclub avec Alexis Vettoretti et Marie-Hélène Lafon

(à un séminaire à la fac – qui entre tirets cadratins ne m’a pas du tout donné envie de devenir doctorant, ni de faire de la recherche)

Notes et screenshots depuis la dernière fois (je ne fais rien d’autre pour l’instant) :

(Pour la thèse)

(Des livres à lire ? D’un gars avec qui S.N. a discuté sur Grindr)

J’ai continué à travailler sur le projet de thèse. Voici la dernière version.

Par hasard, à une performance dans le foyer d’Olympe de Gouges, je suis tombé sur deux livres qui pourraient m’intéresser pour IEV. J’ai un peu parlé ensuite avec la meuf qui les portait – dans une cagette.

(elle m’a conseillé ce site internet)

J’ai peut-être trouvé un directeur de recherche – à Limoges. Je suis très content, j’espère que ça va fonctionner. Du coup, j’ai davantage la tête à d’autres choses. J’ai lu Widjigo d’Estelle Faye, parce que je pensais que ça se passait en Bretagne et que ça pourrait être intéressant pour la recherche. Finalement ça se passe surtout à Terre-Neuve…

Je suis revenu à l’histoire Pokémon, et je me disais que je pouvais peut-être l’écrire avant le 31 – pour l’envoyer au prix Alain le Bussy. Voilà où j’en suis. J’aime bien mon titre et mon début, mais je ne sais pas trop comment continuer (ou alors j’ai simplement la flemme ?). Plus ça va et moins je me dis que ça va être possible de la finir et l’envoyer dans les temps. Même si je suis en train de lire Manifeste des espèces compagnes de Donna Haraway, et toujours pour la recherche, j’ai regardé Pokémon, le film : Mewtwo contre-attaque et Pokémon : Lucario et le mystère de Mew hier. Donna Haraway insiste sur le respect dans la relation entre chiens et humains. Les films Pokémon insistent sur l’amitié entre les dresseurs et les pokémons.

Je voulais aussi lire Quand les espèces se rencontrent d’Haraway, mais je n’aurais pas le temps.

Surtout, je devrais sans doute plutôt travailler sur IEV, puisque je dois envoyer pour le 3 avril la dernière version pour le suivi.

Je n’ai pas retravaillé sur le projet Pokémon, je me le garde sous le coude pour plus tard.

J’ai lu Tout brûler de Lucile de Pesloüan :

Discussion très intéressante vendredi avec Xabi Molia en cours, j’ai pris des notes parce que je veux continuer de réfléchir à certaines choses qu’il a dites :

Ce weekend à Muret, j’ai pris beaucoup de plaisir à écouter Shane Haddad, Joy Majdelani et Laurine Thizy – j’ai eu très envie de lire leurs livres. (Bon depuis je regrette un peu parce qu’hier soir j’ai lu 90 pages de Aimez Gil de S. Haddad et j’accroche pas trop). Pendant la rencontre, réflexions sur les corps, intéressantes pour SB et IEV, et sur la structure des textes.

J’ai mangé entre Erika et Xabi Molia. Il me disait qu’il était ressorti frustré de la rencontre à la fac, parce qu’il avait plein de questions pour nous, sur le master, sur nos projets. On a discuté aussi du PJE (il l’a gagné avant de publier son premier roman) et moi j’avais été un peu déçu des retours que j’avais reçus – j’avais l’impression qu’on avait mal lu mes textes. Avec le recul je pense que c’est surtout que ce n’était pas le bon public, et de fait quand j’ai envoyé une nouvelle à La Volte quelques années plus tard, elle a été davantage appréciée à sa juste valeur. C’est-à-dire pas encore tout à fait aboutie, mais au moins on avait vu le potentiel (c’était la première version de SB). Avec Erika on a parlé de la thèse et de mon projet de création (que je vais sans doute devoir rendre et soutenir plus tôt pour pouvoir postuler en doctorat. Elle m’a dit que si j’étais intéressé, iels cherchaient pour le master des gens avec contrat doctoral pour animer des ateliers d’écriture l’année prochaine.

Hier j’ai envoyé la dernière version en date d’IEV à la classe. J’ai commencé la partie 4 (ça donne ça). Je pense que c’est la forme que je veux lui donner, mais il faudrait que j’avance plus pour voir si ça fonctionne vraiment. Je me dis qu’à un moment – vers la fin – j’aimerais que Robin dise qu’il ne va pas parler à la place des autres, mais qu’il va leur laisser un temps pour réfléchir à tout ce qui vient d’être dit, qu’il va sortir et reviendra sur scène pour reprendre la danse. Pendant ce temps-là, il y aurait peut-être une page pour chaque perso – Olivia, Mégane, Karim, Yannick ? La voisine ? – on sera dans leur tête, on aura accès à une sorte de bilan.

Mais la priorité numéro 1 – en parallèle de ma quête d’un financement pour la thèse – c’est le devoir d’Arts et écologie que je n’ai pas pu rendre en janvier. Il faut que je m’y mette dès lundi. J’ai déjà quelques notes et brouillons, et je veux parler de Nan Shepherd comme source d’inspiration, peut-être aussi croiser Irene Solà et Juliette Rousseau, comme des autrices qui me poussent à réfléchir aux mots et aux descriptions pour mes écrits. Parler évidemment du gallo.

La priorité numéro 2, ce sera d’écrire la nouvelle pour Clim’arts. Je me dis que les deux pourraient peut-être se faire ensemble. Faire du devoir un mini-mémoire de recherche-création avec Le rongeur à trois cœurs ?

E. m’a parlé de ce livre, qui pourrait m’intéresser (même si je n’ai pas encore très bien compris ce qu’elle entend par « zones » et qu’elle semble surtout parler de films de science-fiction) :

Et j’ai terminé la lecture de Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce de Corinne Morel Darleux. Ces quelques pages m’ont parlé, j’ai trouvé le reste plutôt ennuyeux et pas très nouveau :

Agnès m’a parlé de ce livre – Tupamadre – qu’il faudrait absolument que je lise. Celui d’à côté m’intrigue aussi beaucoup :

Ce matin, j’ai continué mes recherches pour le doctorat. J’ai contacté Christine Marcandier à Aix-Marseille. Il faut absolument que je lise son dernier livre :

Je suis allé avec Agnès voir un spectacle au Ring (elles sortaient de résidence) :

C’était très beau et très intelligent. Ça parle d’inceste et de honte et de silenciation des enfants. J’ai été très touché – par le texte, par le jeu des comédiennes et par la mise en scène (avec une cage et des pelotes de laine). J’irai peut-être revoir le spectacle une fois fini quand il sortira au théâtre du Grand Rond à la rentrée.

Jade m’a parlé d’un auteur que je ne connaissais pas et j’ai maintenant très envie de lire ces deux livres :

J’ai terminé mon devoir pour Art & Écologie (ici sans les images).

J’ai lu Fiévreuse plébéienne d’Élodie Petit aka Gorge Bataille et j’ai surtout aimé ces pages noires :

Je lis L’aménagement du territoire d’Aurélien Bellanger que Jade m’a prêté et qui m’amuse beaucoup. Je le trouve très intelligemment écrit :

Insérer les Dames Blanches dans SB ? Je crois bien que Juliette Rousseau le fait déjà… Ajouter l’adjectif hercynien dans une histoire ?

Lundi matin on part une semaine en Bretagne avec S.N. On passera notamment à Rennes et deux jours à Saint-Malo, j’espère que ça va me remotiver pour la fin d’IEV.

Au retour de Bretagne, j’ai enchaîné avec le plein temps à Starbucks. Fatigant physiquement et mentalement. C’était dur, mais j’ai décidé de ne pas me laisser abattre (aka rentrer et ne rien faire d’autres que regarder Koh Lanta). J’ai décidé :

  • d’écrire Le rongeur à trois cœurs
  • de prendre le temps de lire
  • de prendre du temps pour les loisirs (voir S.N. et les filles surtout)

En vacances j’ai lu Habiter une ville touristique (Éditions du commun) – intéressant mais répétitif et pas toujours bien écrit – et Montauk (La peuplade). J’en n’ai pas retenu grand-chose à part cette page vers la fin que j’ai trouvée très belle :

En rentrant j’ai lu Tupamadre de L. Etchart et c’était trop bien ! J’adore que tout fonctionne ensemble (le travail sur la langue, la beauté/le trash du texte, l’histoire…). J’ai acheté Nout de luvan que je lis lentement mais que j’aime beaucoup. Et Luce m’a prêté le revueil de poésie de Sabrina Calvo. J’ai pas beaucoup le temps de lire (10 min de TER) pour aller au boulot et au retour je suis claqué. Mais je me suis remotivé pour insta. Je veux republier mes lectures dessus, avant de potentiellement bientôt parler de la sortie d’IEV ?

En parlant d’IEV, en Bretagne j’ai eu l’idée d’ajouter un texte pour Karim (peut-être à la fin, avec une idée bizarre de rêve sur le Grand-Bé > je pense que c’est bien si Saint-Malo revienne, mais plutôt cette fois pour la marée basse, et ce que ça lui fait, pour faire écho au début du roman). Sur la route (on a surtout écouté Wicked et Mamma Mia dans la voiture) :

À Nantes j’ai pris cette note pour Mathurin :

Programme pour les prochains jours :

  • suivi d’écriture demain matin, après il me restera peu de temps pour le finir (je dois rendre mon dossier le 30 mai)
  • revoir l’épisode final de Six Feet Under
  • finir la dernière partie d’IEV
  • tout revoir en fonction des retours des camarades
  • avant dimanche, corriger et potentiellement retravailler Le rongeur à trois cœurs après les retours de Jade et Agnès

J’ai terminé et envoyé Le rongeur à trois cœurs. Voici la version définitive.

Il y a eu le suivi avec Floriane, ça a donné ça :

J’ai commencé à le retravailler suite à ça + des commentaires envoyés par Jade. Surtout j’ai fait des recherches quand j’étais à l’hôpital pour l’IRM sur les droits d’auteurs :

A priori, je ne peux pas du tout reproduire les articles de journaux dans leur intégralité, donc il va falloir que je change ça (peut-être parler de coupures gardées ? Mentionner les titres ? Rediriger vers le site Ouest-France/Libération ?). Et c’est compliqué aussi avec les paroles de chansons. Je pourrais couper les lipsyncs de Queen Yaman, mais est-ce que ça ferait le même rendu ? Surtout je ne sais pas ce que je peux faire concernant les paroles d’Etienne Daho ? Est-ce que je dois demander son autorisation + à la SACEM ?

Ce que je pense faire, vu que j’ai très peu de temps c’est : modifier tout ce que je peux pour l’instant sans me soucier des droits d’auteurs. Dans la note d’intention, je précise que je sais qu’il me reste beaucoup de choses à changer là-dessus.

Je suis allé voir le spectacle La tendresse avec Jade. C’était fort et beau et drôle. Mélange de danse/théâtre qui fonctionne très bien. Génial de donner la parole à des gens qu’on n’écoute pas d’habitude. C’est à la fois très inspirant, et à la fois très difficile de continuer à écrire la partie Robin après ça : est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que surtout maintenant je vais réussir à ne pas copier ce que faisait l’acteur/danseur de danse classique ?

J’ai pris mon temps pour lire Nout de luvan. C’est pas le genre de lecture auxquelles je suis habitué. Poétique et en même temps très concret, très scientifique. Mais c’est très beau ! Et j’ai pris quelques photos de trucs qui m’intéressent particulièrement :

Et j’ai acheté :

Je ne suis pas revenu par là depuis un moment !

  • J’ai terminé et soutenu IEV (j’ai eu 18). Je l’ai aussi envoyé à des gens. Prochaine étape : l’envoyer à des maisons d’édition + mes parents
  • il y a eu le marathon des mots et la rencontre avec Simon Chevrier
  • je suis dans les 4 finalistes du prix Clim’Arts pour Le rongeur à trois cœurs
  • j’ai lu le tome 1 du Problème à trois corps et j’ai trouvé ça cool, j’emprunterai les deux prochains en médiathèque

En relisant Identités pour Énola j’ai pensé à ça :

Suivant les bons conseils d’Agnès et Jade, je suis en train de lire Une femme sur le fil d’Olivia Rosenthal. Et j’ai pensé :

Et – peut-être parce que j’ai regardé The Creator et que je pensais à SB en m’endormant – j’ai pensé :

Et il faudrait que j’achète pour les lire :

Il y a quinze jours (déjà ?) on est allé aux Abattoirs avec Jade et Antho. L’expo sur Mickalene Thomas était incroyable (mais ça ne rend rien en photo, parce que pour moi le plus intéressant c’était la juxtaposition des différents éléments – notamment l’utilisation de la photo et de la peinture en même temps –, les couleurs des tissus, et l’utilisation des strass). Ça m’a beaucoup fait réfléchir au concept de maturation du travail d’artiste (c’était une rétrospective de plus de vingt ans de travail). Sur le fait que c’est ok de pas réussir à atteindre dès le début ce qu’on cherche, que c’est le but justement, d’y arriver, un jour. La même chose vaut pour l’écriture.


J’ai aussi aimé encore une fois l’expo sur les lauréates du Prix des Amis des Abattoirs. Et notamment le travail de Socheata Aing avec ses courts textes exposés (et libres d’emporter avec soi).

Dans la boutique du musée je suis tombé sur ce livre, qui m’intrigue beaucoup :


Hier j’ai bu un café avec Jimmy. J’ai acheté sa nouvelle (de la thèse) qu’il a faite imprimer. J’ai hâte de la lire !

J’ai beaucoup aimé la nouvelle de Jimmy ! J’ai trouvé que l’espèce de mélange Toussaint-Kafka-Saramago fonctionnait très bien. Et je crois bien que c’était la première fois que je lisais un texte de Jimmy, l’écriture est très belle et simple. Je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir beaucoup mais ça serait intéressant de la relire en faisant attention aux temps des verbes, parce que je pense qu’il y a un truc intéressant qui se joue à ce niveau là.

J’ai lu Un pays balbutié de Juliette Rousseau et j’ai commencé La vie sociale des haies de Léo Magnin. Et j’ai été pris d’inspiration hier : j’ai commencé un premier brouillon de Je est une haie (notamment à cause du parallèle saisissant entre la photo de couverture, sur laquelle il revient dans l’introduction et mon fond d’écran d’ordi). Je ne vais pas le partager ici, parce que je ne l’ai pas encore relu. Je pense qu’il y a des choses intéressantes dedans, mais sans doute pas pour le tout début. On verra quand je relirai.

Lucie vient de me partager ça : https://dispach.bzh/fr/2025/07/18/histoire-du-gallo/ Très très intéressant ! Je vais suivre attentivement la sortie du livre Haote-Bertègn L’Encicllopedie (2025). Je vais aussi lire ça : https://dispach.bzh/fr/2025/07/25/les-mouvements-gallos/

Et comme Soi est parti au Japon, je compte aller au ciné presque tous les soirs (j’ai même fait un plan !), parce que c’est toujours une source d’inspiration pour moi – qu’importe le film. Ça m’aidera sans doute à poursuivre ce que j’ai commencé hier.

D’ailleurs, en lisant ce que Léo Magnin dit de l’histoire des haies dans le chapitre 1, je me dis qu’il serait intéressant de lier deux « inventions de la tradition » : d’une Haute-Bretagne toujours gallésante, avec celle des paysans s’occupant de leurs haies depuis toujours. Réfléchir à tout ça pour ne pas tomber dans le piège du c’était mieux avant, ni dans celui du ce sera mieux après. À lier avec l’idée d’une série cyclique ?

Léo Magnin écrit : « L’idéalisation d’un passé paysan quasi anhistorique et la focalisation de la dénonciation sur les remembrements clôturent le récit en effaçant des narrations alternatives. » J’ai noté en marge : « Pour SB, il faut trouver le moyen de rester ouvert. » Une solution pourrait être : il y a une forme d’idéalisation de la haie et du bocage dans SB (pour aller avec l’air du temps, la hype autour des haies), mais il y a remise en cause de ce paradigme et complexification du problème dans La renaissance du chou-fleur avec le récit de l’échec d’une tentative de rebocagisation ? (notamment parce que ça demande beaucoup de travail et de main d’œuvre ?) Mais peut-être aussi parce que sur l’île il n’y a plus de vaches ? Léo Magnin écrit aussi : « À l’exception de la Bretagne occidentale où domine l’élevage de porcs et de volailles, les territoires bocagers ont tous une agriculture dominée par l’élevage bovin. »

Il faut absolument que j’achète ce livre pour creuser davantage la question :

Ce matin, j’avais envie de rien, j’avais l’impression que rien ne fonctionnait comme je le voulais, alors je suis allé me promener pour me changer les idées. J’ai vu ça :

Il faudra que je pense à aller voir cette expo (contrairement à ce que l’affiche laisse à entendre, ça concerne aussi les plantes), qui démarre le 17 octobre.

Je me suis fait avoir par TF1. J’ai décidé de regarder ça, parce que Brocéliande et parce que Nolwenn Leroy haha. Spoiler alert : elle ne chante pas La jument de Michao (haha ce clip c’est n’imp). En vrai, les deux premiers épisodes étaient très intéressants, ça m’a fait beaucoup réfléchir à ce que je fais et ce que je ne veux pas faire. J’ai pris quelques notes :

  • l’ouverture sur la serpe (l’image qu’on en a des druides à cause d’Astérix et Obélix) > ça fonctionne très bien. Jouer sur les codes, donner des idées aux spectateurices sur ce qu’on s’apprête à regarder.
  • peut-être qu’il y a trop de prénoms et noms bretons ? (mais en même temps je fais la même chose, ça ancre une histoire ; et puis en vrai, je pense qu’il y a eu un revival des prénoms bretons depuis les années 2000).
  • les intérieurs de maisons > ça fonctionne très bien, c’est exactement ce à quoi ressemblent certaines maisons aujourd’hui, quand les gens ont assez d’argent pour retaper une vieille ferme, gardant les murs de pierre et à l’intérieur mélangeant les vieux meubles typiques et des décors plus contemporains).
  • il y a une guérisseuse, qu’on appelle la sorcière, mais ça n’est pas poussé assez loin à mon goût. Elle sert juste à rappeler à la personnage principale qu’elle ne connaît pas tout.
  • des plans sur la forêt, chouette-effraie, chevreuil, plein de plantes > top !
  • le folklore de Brocéliande : déjà il faut souligner que c’est intéressant que pour une fois on n’est pas sur la côte. Le problème : par certains aspects ils en font beaucoup (la fête de Beltaine, le bagad, une mention de messe noire sur le tombeau de Merlin), et par d’autres pas assez : la dichotomie entre les gens qui croient aux légendes et ceux qui n’y croit pas (« les gens dans le coin ils voient des lutins dans les bois » / « vous buvez trop de chouchen ! ») n’est sans doute pas assez poussée (seule Léonie, bipolaire, semble vraiment croire que la forêt soit spéciale et pleine de fantômes). Surtout, les deux premiers épisodes nous laissent à penser que le surnaturel, les légendes vont jouer un rôle important et en fait non, ça sert seulement de décor (Jade). Cette histoire pourrait être transposée n’importe où ailleurs, en changeant de décor et quelques éléments de folklore pour l’ancrer dans un nouveau territoire. Le caractère breton est anecdotique.
  • le bitume qui se craquelle beaucoup trop vite à cause des racines dans les deux premiers épisodes. C’est un élément de fantasy (au début seules les spectateurices s’en aperçoivent) qui ne va pas jusqu’au bout. À un moment Fanny dit : « C’est comme si elles [les racines] voulaient qu’on trouve le corps ». Mais c’est tout. Et du coup ça n’a aucun sens parce que ça ne sera jamais expliqué. Pourquoi ? Parce qu’en vrai on s’en moque. Passé les deux premiers épisodes, on oublie les légendes de Brocéliande et on nous sert une histoire qui se veut réaliste (mais qui ne l’est pas, beaucoup trop de rebondissements invraisemblables). Bref, on passe à côté du sujet.

Ça m’a fait réfléchir : je n’ai pas envie que dans mes histoires, le paysage et les gens ne soient que décor. Quand on joue avec la frontière du réel et de l’imaginaire, il faut aller jusqu’au bout, ne pas avoir peur d’aller trop loin. Sinon on sert de la soupe insipide.

J’ai fini de lire La vie sociale des haie. J’ai pris des notes dans le livre, mais j’aimerais surtout retenir une chose à laquelle je n’avais pas vraiment pensé avant : le caractère esthétique des haies. Léo Magnin l’évoque quand il parle des urbains et des néo-ruraux qui défendent les haies parce qu’elles sont belles, puis quand il parle d’une nouvelle génération d’agriculteurs qui trouvent aussi les haies belles. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles j’aime aussi les haies. Mais j’aimerais surtout retenir l’idée d’esthétique dans un sens plus littéraire : la haie comme esthétisation, dans le style même de l’écriture. Ça pourrait englober tout ce que je compte évoquer en stylistique (lexiques, ponctuation, grammaire, etc.). À creuser.

Et je passe beaucoup trop de temps sur instagram, alors je suis tombé là-dessus. Est-ce que ça vaut le coup d’aller le feuilleter ?

Hier j’ai lu Vie de Gilles, de Marie-Hélène Lafon et j’ai été très touché par la deuxième nouvelle. Je voulais emprunter Les sources tout de suite après mais le roman (avec les mêmes personnages) n’est pas disponible à José Cabanis (et la médiathèque de St Cyprien est fermée jusqu’à lundi).

Je suis allé voir Soulèvements au cinéma et ça m’a beaucoup remué. Ces entretiens sont beaux.

Et ça m’a fait beaucoup réfléchir à ce que j’écris et comment je parle de la terre et des gens qui y vivent. Parce que je mets parfois en scène des personnages paysan·nes et/ou en lutte, alors que je ne suis pas concerné. En tant que personne qui écrit, ce que je peux faire, c’est raconter des histoires, et surtout transmettre des sentiments – colère, tristesse, etc. – via ces histoires (c’est tout l’intérêt de la fiction). C’est je pense ce que j’ai fait avec Le rongeur à trois cœurs. Mais je me dis que l’une des raisons pour lesquelles La mouche de Schopenhauer fonctionne beaucoup moins bien, c’est que je ne connais pas mon sujet : je n’ai pas été des luttes des Soulèvements. Je m’en sers surtout comme d’un décor (comme dans Brocéliande) pour parler de rupture. À l’inverse, j’ai mis beaucoup de moi dans IEV et ce sera sans doute la même chose dans SB, donc tout va bien de ce côté-là. Et puis je parlerai de ma place dans tout ça dans Je est une haie. Réfléchir à ça m’a fait du bien.

J’ai aussi noté l’expression « chemin faisant » dont il faut que je fasse dans SB, puis JEUH. Et une des personnes interrogées insistait sur la notion d’étonnement, liée au chant des oiseaux. Et ça m’a intrigué parce que j’étais tombé dessus ailleurs récemment. Dans la préface de Derrière le grillage, Xavier Vernet en parle :

Peut-être que j’achèterai ce livre.

Dimanche 3 août :

Je n’avance pas vite dans The Emperor of Gladness d’Ocean Vuong. C’est bien pourtant, mais je n’ai pas la motivation.

Je viens de retrouver ces notes (liées à des docu Arte que j’ai vus) :

Ce matin je me suis dit : Si Jimmy et Elise auto-publient des livrets/fanzines de leur nouvelle/recueil de poèmes, je pourrais faire la même chose ? Il faut que je me renseigne sur le coût (+ transport), sur le nombre de caractères, que je réfléchisse à ce que j’aimerais au niveau mise en page, etc. J’ai fait un sondage sur insta, il y a l’air d’y avoir des gens intéressés. Il faudrait que je les relise, mais j’aimerais bien tirer Au pluriel et à l’ordre public, Envolé le temps et La parabole du monstre dans trois livrets distincts. J’aimerais que ça soit beau et pastel (respectivement jaune, vert et lilas), et pas trop cher (genre 10€ max ?).

Jeudi 21 août :

J’ai terminé le livre d’Ocean Vuong et c’était beau. Mais j’ai eu du mal à le lire, parce que c’est très lent (et peut-être tout simplement parce que les thèmes me touchent moins personnellement : le deuil, la dépression). Cependant, j’ai vu dans les Acknowledgements « Ming Dong Gu’s Chinese Theories of Fiction: A Non-Western Narrative System » et ça m’intrigue (https://www.fabula.org/actualites/15087/ming-dong-gu-chinese-theories-of-fiction-a-non-western-narrative-system.html). Je me suis dit que je voulais faire quelques recherches rapides et je suis tombé sur des trucs à lire :

Je viens d’écouter un épisode du Bookclub qui m’a beaucoup intéressé.

Il va falloir que je lise ce livre (malheureusement il n’est pas à la médiathèque) ! Mais aussi : cette dernière phrase, qui est une citation de ce qu’a dit l’autrice à l’antenne – et surtout ce lapsus – j’ai envie d’en faire quelque chose >>> Est-ce que Fañch utilise le mot fleur dans le sens de force ?


Jeudi 2 octobre :

Je reviens après très longtemps (retour de Soi, déménagements, travail, peu de lectures, pas d’écriture…). De quoi parler ? Dans mon téléphone, j’ai surtout des photos des avancées de travaux, de virées à Ikea ou à la Glanerie. J’ai quand même lu :

  • Les sources, Marie-Hélène Lafon
  • La clef des ombres, Jacques Abeille
  • La grande verdure, Lucie Héder

et c’était bien, mais depuis plus rien. J’ai commencé plusieurs livres :

  • Neige de printemps, Yukio Mishima
  • Épistémologie du placard, Eve Kosofsky Sedwick
  • L’éden à l’aube, Karim Kattan

c’est en grande partie à cause des déménagements, du stress lié à ça et à l’inscription à la fac, aux soucis d’argent… comme je disais à Jimmy hier je n’ai pas l’énergie mentale pour lire. Quand je me pose, je n’y arrive pas vraiment.

J’ai noté des livres à lire qui ont l’air trop trop bien (mais je ne vais pas les acheter et je ne sais pas quand je pourrais les emprunter – d’autant que je suis déjà en retard à la médiathèque) :

Mais les deux derniers me seraient sans doute utiles pour la thèse/l’écriture ?

J’ai noté deux nouveaux appels à textes qui pourraient être intéressants (pour celui de Goater, je pourrais peut-être réécrire La parabole du monstre ?) :

Et je suis allé à Limoges pour la pré-rentrée. J’ai rencontré des gens de l’école doctorale et du master et surtout j’ai beaucoup discuté avec Vivien. J’ai aussi profité d’être chez lui pour feuilleter le numéro de Socialter « Quand la science-fiction fait sa révolution ». J’ai pris des photos pour creuser des pistes évoquées :

Et à la BU de Limoges j’ai repéré ces deux livres qui pourraient être intéressants :

Enfin, pour SB, j’ai pensé à plusieurs choses :

  • J’aimerais appronfondir la question de la pluie, sa place dans le Bocage (rituels, croyances, etc.) > https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027175/les-mysteres-de-la-pluie
  • Pour le rituel : je peux continuer à essayer de m’inspirer du film vu en cours d’Art et écologie l’année dernière pour ce qui est de la forme à donner à ce passage, mais j’aimerais m’ancrer au maximum dans ce qui pourrait/a pu être possible en matière de rituels (celtes ou autres ?) > comment se renseigner ? Chercher dans les livres sur les druides ?
  • En règle générale : j’aimerais, comme je l’ai déjà fait avec l’histoire de Berbi, piocher dans les folklores bretons (contes, chansons) pour faire avancer l’histoire, créer des clins d’œil, mais surtout ancrer le récit dans quelque chose qui a du sens (en lien avec mon sujet de thèse). Si c’est en lien avec la Haute-Bretagne particulièrement ce serait mieux.

Au mois d’août j’ai aussi relu attentivement la première partie de SB. Je me dis que c’est très très bien (j’ai changé quelques trucs pour le rythme, ajouté quelques phrases dans le prologue) et en vrai j’ai vraiment hâte de continuer. Mais pour l’instant je crois que j’ai peur de l’interlude, et aussi : je ne sais pas trop encore comment réécrire la dernière partie.

Je suis retourné à Limoges pour mon premier cours. Dans le bus, j’ai réfléchi à Je est une haie, parce que je me disais que j’en parlerai avec mon directeur de recherche (finalement, étant tous les deux très occupés, on s’est dit qu’on en reparlerait début novembre). Voici mes notes :

Et là-bas, dans son salon, j’ai recommencé le début. J’ai repris ce que j’avais écrit dans le cours de Stylistique, mais avec un narrateur extra-diégétique. Et j’ai aussi essayé d’écrire ce qui pourrait être la première partie plus analytique (pas convaincu du tout). Hier à la médiathèque, j’ai continué avec un autre Je > celui qui part à la découverte du bocage. Voilà ce que ça donne.

Mon directeur m’a parlé de Gaslighting, d’Hélène Frappat, et dans le bus je l’ai écoutée parler de son dernier livre, Nerona, dans le Bookclub. Ça a l’air très intéressant, sur la figure de Georgia Meloni et les fascismes aujourd’hui.

Hier soir j’ai regardé Sirat, et c’était étrange : d’un côté j’ai aimé la photographie, les moments surprise-choc qui ponctuent le film, et tout le travail sur les vibrations (c’est un film qu’on ressent). Et en même temps je n’ai pas du tout aimé la fin, ce qui m’a laissé un souvenir de : ah, bof.

On a vu One battle after another et c’était pas mal, mais c’était pas non plus le chef d’œuvre que je m’attendais à voir. C’est rythmé, c’est drôle, c’est intelligent, mais c’est peut-être un peu trop américain pour moi, et puis il y a des longueurs.

J’ai lu mon premier livre de László Krasznahorkai, Le dernier loup, et j’ai bien aimé ! Je vais en lire d’autres.

Je suis en train de lire Searoad d’Ursula K. Le Guin et c’est tellement beau, je le savoure un peu chaque jour.

J’ai regardé les trois épisodes de « Les mystères de la pluie » sur Arte. Et ça m’a fait réfléchir à la place de la pluie dans SB : https://docs.google.com/document/d/12YPPCAF1xD56DGdt2ik6yn_XY2Tmbvecke_AjmWeCb0/edit?usp=sharing

J’ai lu Malu à contre-vent de Clarence Angles Sabin et, même si j’ai eu du mal à entrer dedans au début, ensuite j’ai bien apprécié ma lecture et surtout la fin m’a laissé sur le cul (ça se termine très mal, et j’avoue que je ne suis pas habitué à lire ce genre de livres). Par contre j’ai lu Les griffes de la forêt de Gabriela Cabezón Cámara, que je pensais que j’adorerais et qui finalement m’a beaucoup ennuyé – même si à la fin j’ai un peu plus apprécié.

J’ai demandé sur instagram si les gens connaissaient des livres qui pourraient entrer dans mon corpus de thèse :

J’ai continué d’avancer dans Je est une haie en vue de la discussion avec Vivien. Pour la même raison, j’ai décidé de relire tous les livres de mon corpus et de prendre des notes dans le cahier offert par Nadjim.

Du coup on a discuté de la thèse. Il est enthousiaste de mon projet, même s’il se pose les mêmes questions que moi : quelle forme ça va vraiment prendre ? Est-ce que ça va fonctionner de tout mélanger. Il m’a donné des conseils de livres à lire. On a discuté des choses que je veux creuser cette année. Et il m’a demandé de lui envoyer des textes que j’avais écrit.

Il m’a aussi prêté Peau d’Ourse de Grégory Le Floch (que les étudiant·es du master vont rencontrer le 27, et j’assisterai à la séance). Et moi j’ai craqué et acheté L’invention de la mer de Laure Limongi parce que 1) je me suis dit après Paris que j’avais envie de lire ce qu’elle écrivait et 2) j’écrirai bien quelque chose dans Je est une haie avec une mutation maritime moi aussi.

Dans le trajet retour, j’ai écoute le Bookclub sur Comment torpiller l’écriture des femmes de Joanna Russ – à lire ?

J’ai écouté le Bookclub sur Dustan et je me dis qu’il faudrait que je creuse ce qu’il a pu dire de la « littérature gay », ça a l’air d’avoir été une prise de position incomprise et fluctuante.

Je suis allé à la rencontre avec Grégory Le Floch à Ombres blanches. C’était très intéressant de l’écouter parler de son livre juste après que je finisse de le lire. Mais ce qui était encore plus intéressant a été la discussion avec lui et le patron de la librairie après autour d’un verre et d’un repas. J’ai noté quelques livres à aller lire :

Samedi matin, on est allé à Acapella. J’ai commencé à lire le livre sur les druides que Luce m’a prêté il y a longtemps – dans l’idée d’enfin finir d’écrire Sauvage Bocage.

Hier au travail, j’ai pensé :

Et hier également, Benoît m’a répondu :

J’ai essayé de ne pas trop y penser hier soir. On a regardé un film français nul avec Soi et j’ai lu avant de me coucher. J’ai quand même pris quelques notes au lit :

Ce matin j’ai relu son mail et je me suis dit : C’était pas la réponse espérée, mais il y a aussi beaucoup de positif dedans. J’y ai repensé un peu plus et j’en ai parlé avec Jade :

Je suis à la médiathèque de Limoges. J’ai terminé hier la lecture de Mémoires sauvées de l’eau de Nina Léger. Lecture très mitigée : d’un côté j’ai été très déçu par le côté fiction – notamment toute la partie avec Le Guin, qui à mon avis ne sert pas à grand-chose (surtout ses lettres dans lesquelles on lit du réécrit de ce qu’elle a pu écrire dans ses essais) – qui est mal ficelée, qui retombe sur ses pattes à la fin, mais ça reste très bancal et surtout très long. Et de l’autre j’ai adoré la partie documentaire sur l’histoire de la Californie. Je pensais que c’était ce que je trouverais long et inutile et c’est finalement ce qui a fait que j’ai terminé le roman.

Et puis j’ai commencé à réfléchir à cette question de partie documentaire, et j’en ai parlé avec Jade :

Quel métier pourrait faire Karim ? Agent d’entretien de l’espace rural ?

J’ai lu dans le bus qui m’amenait à Limoges Utopie radicale d’Alice Carabédian, et j’ai trouvé pas mal de choses intéressantes, notamment pour le cycle bocain. Elle rappelle l’histoire de l’utopie et de la dystopie. Et elle dit notamment que le propre de l’utopie c’est de ne pas être figé, que le processus de l’utopie est en soit déjà une utopie. Mais elle le dit comme ça : « L’utopie, bien plus qu’une île, est un océan et nous devons y plonger entièrement, vaillamment et nous laisser porter sur cet espace lisse. Car l’utopie n’est pas une destinée, un point au bout de la phrase, une fin à réaliser, un espace strié et codifié, normé et normalisant ». La référence à l’océan + au point à la fin d’une phrase ont résonné : je retrouve le début de Je est une haie.

Elle fait référence aux cabanes de Marielle Macé :

Et je me suis demandé ce que ça voulait dire pour SB : comment dépasser le l’imaginaire survivaliste des cabanes ? Ou alors il faudrait montrer les limites des cabanes dans SB et interroger le après dans les livres suivants ? > les cabanes comme une étape vers un ailleurs. Cette page aussi m’a fait réfléchir :

Peut-être que ça m’a débloqué certaines idées pour le cycle ?

Enfin, je me suis dit qu’il fallait que 1) je regarde Arrival de Denis Villeneuve 2) je regarde aussi la série Star Trek: Discovery 3) et que je lise le cycle La Culture de Iain M. Banks (ils sont tous, en français, à la médiathèque) mais surtout le tome 8, avec un personnage buisson (?!) qui invente des mondes > utile pour la thèse ?

Vivien m’a parlé de trucs qui pourraient m’intéresser, sur la figure des artistes-chercheurs, ou les travaux en recherche-création en général :

J’ai commencé à écrire les haies pour IEV. Ça donne ça. J’aimerais que ça soit clair mais documenté, qu’on y mélange les histoires personnelles (quel est le lien entre les haies et Jeannette ?) et l’histoire de l’embocagement et peut-être surtout du remembrement dans la région. Je me dis que j’aimerais garder la forme courte qui s’intercale entre les personnages – mais peut-être qu’au contraire ce serait bien de changer de rythme ?.

Ce matin, au petit-déjeuner, m’est venue une idée d’histoire :

Dans le bus pour Limoges je commence à lire Une brève histoire des lignes de Tim Ingold et quand il parle de la différence entre texte et musique je pense :

Et j’ai continué de réfléchir à l’univers de SB :

Ce soir je vais boire un verre avec Vivien, son collègue de Paris qui dort souvent chez lui, et Camille Le Boulanger. Dans sa biblio, j’ai envie de lire Eutopia bien sûr, mais j’ai surtout envie de lire ça (il m’a confirmé que c’était évidemment parce qu’il avait beaucoup écouté Manau quand il était jeune) :

Avant d’aller à Lille j’ai écouté le bookclub avec Marie Kondrat qui parle du hors-champ en littérature et j’ai trouvé ça très intéressant. Et c’est marrant parce que je viens de recevoir dans ma boîte aux lettres :

Je suis rentré de Lille pour voir Jade. On est évidemment allé dans des librairies, et j’ai acheté Tabor de Phoebe Hadjimarkos Clarke, mais n’ai pas acheté ces livres :

On a fait plusieurs expo cool :

  • des photos queer au Théâtre du Nord.
  • la Piscine de Roubaix, avec une rétrospective sur Odette Pauvert et une mini expo sur Agnès b. et le graffiti.
  • et dans la toute petite galerie artconnexion (je n’ai pas pris de photos mais j’ai acheté un petit livre de l’artiste).

On est aussi allé à un marché de la poésie avec Pierre. Et je suis reparti avec ce recueil qui est magnifique :

Comme Soi n’est pas là, je regarde plus de documentaires sur arte. En regardant Terre, les forces du vivant j’ai pris ces notes :

En regardant Planter à tout prix, j’ai pris ces notes :

Et sinon j’ai lu L’invention de la mer de Laure Limongi, qui ne m’a pas plu. La seule chose que j’ai retenue c’est qu’il fallait peut-être que je relise ce que dit Vinciane Despret sur ce merle pour IEV :

En regardant La défonce des animaux j’ai noté et enregistré :

Par contre, j’ai aussi lu Éclairicie de Carys Davies, que j’ai adoré :

J’ai vu à la BU qu’il y avait ce livre de Carys Davies qui a l’air pas mal aussi :

Jade m’a donné des retours encourageants sur mon début de projet des haies qui parlent. Je m’y remets donc ce matin.

Jade encore – elle a bingereadé les trois premiers livres de la série de Rebecca Yarros, alors je m’y suis mis moi aussi (c’est très chronophrage, parce que c’est très entraînant et c’est difficile de poser le livre, mais l’avantage c’est que le tome 2 est emprunté à la médiathèque donc je vais devoir attendre) :

J’ai regardé Les mystères de la lune sur arte :

Et Grégory m’a conseillé ce livre qui sort à la rentrée de janvier :

J’avance dans ma réécriture d’IEV, lentement mais sûrement. Je sens que c’est bien mieux comme ça avec les haies. Il y a du travail, mais c’est agréable de se dire qu’on tient quelque chose.

J’aimerais que dans la première partie : les haies se présentent et racontent leur histoire + racontent leur lien avec Jeannette + disent qu’elles ne peuvent pas parler à Mégane > Il faut donc aussi apporter des changements dans les textes sur Jeannette et de Mégane.

Dans la deuxième partie, elles tentent de parler à Karim > C’est donc là qu’il faudra ajouter des parties sur le travail de Karim.

Dans la troisième partie, elles essaient avec Olivia, mais elle est sourde à leurs appels. Elles essaient aussi avec Yannick ?

Juste avant la quatrième partie, elles ont trouvé quelqu’un : Robin. Elles sont persuadées qu’il fera ce qu’elles attendent de lui (Qu’est-ce que c’est exactement ?) mais non : Robin puisera dans leur colère pour parler de la sienne. À la fin : les haies sont déçues, n’ont plus de force, vont-elles chercher une autre personne à qui parler ?

On est allé voir ça avec Soichiro et c’était très très très beau :

Juste avant Noël j’ai bu un café avec Jimmy. On a parlé de la thèse et ça m’a remotivé – même si je n’ai rien fait depuis, même pas ouvert un livre !

Et j’ai regardé ce documentaire sur arte :

D’autres notes pour des histoires ?